Actu Forex – Zone Euro : Traduction de l’interview de Mario Draghi par le journal Allemand Bild

(ProfesseurForex) – Sélection des meilleures questions de l’interview du président de la Banque centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, par le journal Allemand BILD, en complément de notre article de la veille :

BILD – Lors de votre intronisation à la tête de la BCE, BILD a fait sa une avec vous portant un casque Prusse et vous a appelé un « Vrai Allemand ». Quand avez-vous pensé ?

Draghi – J’ai vraiment aimé ça.

BILD – Le président Français a déclaré que l’Europe devait apprendre du modèle Allemand…

Draghi – Il a raison. Bien avant lui j’ai dit la même chose. Le modèle de croissance Européen est mort car il utilise trop de dette. Les Allemand ont réinventé un modèle sans dettes excessives.

BILD – Avez-vous un message pour le peuple Allemand ?

Draghi – Continuez comme ça!

BILD – Vous avez injecté plus de 1 000 milliards d’Euro en l’espace de 2 mois. Cela va certainement créer de l’inflation, non ?

Draghi – Les banques, auxquelles la BCE a prêté de l’argent, ont, pour une large partie, utilisé ces fonds pour rembourser d’anciennes dettes. Donc, en terme d’inflation, l’effet a été neutralisé. Nous serons très attentifs à la façon dont cet argent sera acheminé dans l’économie réelle.

BILD – Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, n’a pas l’air de cet avis et vous a adressé une lettre pour vous exprimer son inquiétude quant à ce flot de monnaie injecté dans le système bancaire de la Zone Euro.

Draghi – Je m’entend très bien avec lui, aussi bien d’un point de vue professionnel que personnel. Nos différences d’opinion ont été exagérées.

BILD – Il y a t-il deux camps au conseil des gouverneurs de la BCE ? Le SUD contre le Nord ?

Draghi – No. Chaque membre du conseil tient à cœur la culture de stabilité Allemande. Le temps des conflits est terminée (En référence à l’épisode de l’Allemand « Stark », qui a claqué la porte de la BCE lorsque Jean Claude Trichet a commencé à racheter de la dette sur le marché secondaire). Nous avons évité un risque de crédit Crunch à l’Automne, ce qui devait être fait a été fait.

BILD – Et les banques s’en sortent bien ces derniers temps ?

Draghi – L’argent est allé au bon endroit. En Allemagne, 460 banques ont participé aux deux LTRO, beaucoup plus que d’habitude. Ce n’était donc pas que les banques en difficulté, mais d’autres, beaucoup de petites banques. Cela va favoriser les PME qui comptent pour 70 % de l’emploi en Europe.

BILD – Tout cela semble bien optimiste. L’Euro est une monnaie sûre donc ?

Draghi – Oui, c’est une monnaie Sûre.

BILD – La crise est-elle finit ?

Draghi – Le plus dure est passé. […]

BILD – Si c’était votre anniversaire aujourd’hui, que voudriez-vous de la part de l’Allemagne ?

Draghi – Qu’ils fassent confiance à la BCE et là l’Europe

BILD – Est-ce que la Grèce est un puits sans fonds ?

Draghi – Les Grecs ont passé de très importantes réformes par l’intermédiaire de leur parlement. Si ces réformes sont correctement mis en place, la Grèce à une chance de sortir de cette spirale négative.

BILD – Pourquoi ceux qui payent des impôts en Europe devraient être garant de la dette Grecque si jamais les choses tournaient mal en Grèce (élection d’un gouvernement contre ces réformes) ?

Draghi – Il est vrai que les taxpayers ont devoir assumer pour la Grèce. C’est aussi l’une des raisons pourquoi la BCE n’a pas participé à la restructuration de la dette Grecque. Car cela aurait encore été pour la paume des taxpayeurs de la Zone Euro.

BILD – Beaucoup d’experts pensent que le seul moyen pour que la Grèce retrouve sa compétitivité, c’est d’abandonner la monnaie Européenne.

Draghi – Question de principes, la BCE ne donne jamais l’idée à u pays de sortir de la Zone Euro.

BILD – Néanmoins …

Draghi – Sortir de la Zone Euro et avoir ainsi la possibilité de dévaluer sa monnaie n’améliorerait rien du tout. Cela empécherait les réformes d’aller à leur terme. D’autre par, la conséquence de quitter la Zone Euro serait une forte inflation et de l’instabilité, et enfin, personne ne prêterait de l’argent à la Grèce…

BILD – Il y a t-il une limite au support octroyé à la Grèce ?

Draghi – Je ne peux pas répondre à cette question. […] . La Zone Euro ne peut pas devenir une zone de transfert d’argent depuis deux pays riches vers d’autres pays qui vont dépenser cet argent, et toute cette affaire, financé par des Euro-obligations.

BILD – Beaucoup de partis politiques réclament ces Euro-obligations, même en Allemagne

Draghi – Une communauté doit se fonder sur la confiance. Une confiance a laquelle doit se lier des règles. Je fais référence ici au pacte budgétaire. Les Euro-obligations seraient prématurés si le pacte de stabilité était rompu.

BILD – A quelle fréquence avez-vous la chancelière Angela Merkel au téléphone ?

Draghi – Pas très souvent. La BCE est indépendante. Et la chancelière respecte ça.

Interview complète en anglais sur le site de la banque centrale Européenne.

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