L’avis de ProfesseurForex : La crise de la dette de la Zone Euro est-elle terminée ?

(ProfesseurForex) – Nicolas Sarkozy annonçait il y a quelques jours que la crise Grecque était derrière nous mais est-ce que la crise de la dette Européenne est-elle vraiment terminée ?

Les taux de l’Italie, principal maillon faible de la Zone Euro avec une dette avoisinant les 120 % du PIB, comme le Portugal, sont en nette baisse depuis le début de l’année sous l’effet des deux LTRO qui ont permis de rassurer les marchés sur la capacité des banques à prêter aux États de la Zone Euro.

La perte du AAA Français et autrichien en début d’année n’était pas pour rassurer les marchés mais les LTRO auront eu le mérite de briser la défiance des spéculateurs qui anticipaient tout simplement une explosion de la Zone Euro…

L’Allemagne, qui se réjouissait sûrement de voir les « PIGS » se rendre compte qu’il ne pourraient pas s’endetter sans limite, a dû se résigner à voir la BCE procéder a une injection massive devant la contagion de la crise au numéro 3 de la Zone Euro, l’Italie. A défaut de mettre en place les Euro-obligations qui permettraient une mutualisation de la dette Européenne et de supprimer la spéculation sur les pays faibles, la BCE, seule institution réellement fédérale, a pris ses responsabilités en tapant fort, à l’instar des QE de la FED. (La différence notoire étant qu’il s’agit de prêt à trois ans alors que les QE de la FED sont des Dollars qui ne reviendront jamais dans ses caisses, la planche à billet quoi…).

Néanmoins, la Grèce apparaissait comme une cause perdue avec son endettement gigantesque atteignant les 160 % du PIB, forçant la communauté Européenne à restructurer sa dette, risquant de déclencher les CDS. Des CDS qui, après avoir effrayé la sphère financière, ne représentaient en réalité que quelques 3 milliards d’Euros détenues par les plus grandes banques du monde… Un gigantesque pétard mouillé en quelques sorte. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître le montant des CDS adossés au reste de la dette Européenne…

Alors si le cas Grec semble bel et bien réglé, les pays de la Zone Euro ayant officialisé le deuxième plan d’aide aujourd’hui, il nous faut désormais regarder attentivement les taux d’emprunt des pays en difficulté pour juger si le retour à la normale est envisageable d’ici quelques années, lorsque la Grèce aura utilisé l’intégralité du plan d’aide.

Notons que le taux à 10 ans Grec est repassé en-dessous de 20 % alors qu’il était au-dessus de 40 % la semaine passée. L’effet de la restructuration de sa dette ainsi que de la remontée de la Grèce sur l’échelle de notation de Fitch (de défaut sélectif à B-) vient donner quelques signes rassurants quant au retour de la Grèce sur le marché obligataire en 2014.

Néanmoins, si l’Italie semble également sortie d’affaire, tous les regards se tournent désormais vers le Portugal, deuxième pays en grande difficulté et ayant déjà bénéficié d’un plan d’aide. Le taux à 10 ans du Portugal reste ancré au-dessus de 13 % alors que les vivres du premier plan d’aide s’amenuisent de jour en jour et que la croissance est toujours absente.

La fin de la crise de la dette de la Zone Euro dans son ensemble passera inévitablement par un retour du Portugal sur le marché obligataire d’ici l’année prochaine mais force est de constater que si les taux à 10 ans restent à ce niveau de 13 %, la situation deviendra vite intenable, ce qui nous pousse à envisager un deuxième plan d’aide au Portugal mais pas une restructuration de la dette, les dirigeants Européens ayant accordé leurs violons pour dire que le cas de la Grèce restera « unique ».

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