L’avis de ProfesseurForex : La crise de la dette semble s’estomper mais un nouveau défit se présente à l’Europe : La Croissance

(ProfesseurForex.com) – Pour la première fois depuis des mois, le sommet Européen n’est pas un sommet de crise et le risque de la contagion semble enfin écarté. En effet, le deuxième plan d’aide à la Grèce étant désormais entériné et la BCE ayant racheté pour plus de 200 milliards d’obligations des pays en difficulté auxquels s’ajoutent plus de 1000 milliards au système bancaire, la confiance semble revenir comme en atteste la détente continue des taux obligataires des pays systémiques comme l’Espagne et l’Italie.

Herman Von Rompuy (fraichement reconduit en qualité de président du conseil Européen), a même laissé entendre que « nous approchions de la sortie de crise et que la restauration de la confiance dans la Zone Euro permettra un retour de la croissance ». Il serait temps alors que c’est la récession qui guette réellement la Zone Euro et que les plans d’austérité n’y sont pas vraiment favorables non plus…

Néanmoins, nous devons tout de même poser la question des racines du mal qui a provoqué la crise de la dette libellée en Euro. Seul l’avenir nous le dira, mais le succès des plans d’aide ne pourra seulement être vérifié dans quelques années, lorsque la croissance sera peut être revenue dans la Zone Euro et particulièrement dans les pays accusant une récession prolongée comme la Grèce et le Portugal. Les perspectives de sont pas glorieuses en Italie et en Espagne tout comme en France ou en Allemagne par ailleurs.

Jean Claude Juncker se veut également rassurant suite à ce sommet Européen et a déclaré qu’un troisième plan de sauvetage interviendrait si la Grèce ne parvenait pas à rétablir sa compétitivité. Les racines de la crise de la dette viennent directement de ce manque de compétitivité, exacerbé par une monnaie trop forte pour les industries des pays du Sud.

En effet, si la contagion semble s’éloigner, le déficit d’optimalité de la Zone Euro pose toujours problème. Le futur MES devra être construit dans l’optique de compenser les disparités économiques de la Zone Euro et se comporter à terme, comme une sorte de FMI Européen dont la tâche sera d’équilibrer les budgets d’une part mais également de promouvoir la croissance et permettre aux pays en difficulté renouer avec la croissance perdue.

Tous les regards se tournent désormais vers l’Allemagne dont le parlement (Bundestag) reste pour le moment hostile à toute dotation supérieure à 500 milliards pour le MES. Le mois de Mars devrait être le théâtre de nouvelles avancées concernant premièrement le montant alloué au MES (dont dépendra la participation du FMI pour compléter le par feu Européen) mais également du rôle de ce fonds dans les rouages de l’Union Européenne.

Pour l’instant, le FESF existe toujours et son fonctionnement ne fait aucune ambiguïté. Il s’agit de prêts en échange d’austérité. Le futur MES devra prendre plus en considération la croissance et orienter ses prêts dans cet objectif.

L’Europe avance pas à pas en faisant le bilan des erreurs passées et semble prendre le chemin d’une véritable solidarité dont la valeur se mesurera au travers de la dotation de ce fameux MES qui pourrait, à terme, faire office de gouvernement économique dont Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avaient parlé en septembre dernier, au plus fort de la tempête médiatique sur la crise de la dette.

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