L’avis de ProfesseurForex : La croissance de la Chine marque le pas à quelques mois de la transition politique

(ProfesseurForex.com) – La Chine a atteint un tournant de son développement économique et va devoir mettre en place de nouvelles réformes sur fond de baisse de la croissance. En effet, selon un rapport réalisé par un think tank étatique Chinois et la banque mondiale, la croissance devrait être divisée par deux au cours des 20 prochaines années (5 ou 6 %, contre 9% actuellement et 8 % prévu en 2012).

D’après le président de la banque mondiale Robert Zoellick, « le modèle de croissance actuelle du pays n’est pas soutenable. » Il préconise donc, notamment, de réduire la taille du secteur étatique et de mettre fin aux situations de monopole dans des secteurs stratégiques (automobile, énergie, finance, télécommunications). La Chine, 10 ans après son adhésion à l’OMC, favorise toujours ses entreprises d’état grâce aux restrictions aux investissements étrangers, sans mentionner son taux de change déloyal… (Néanmoins, la politique monétaire de la Chine pourrait bientôt s’assouplir en raison de l’ambition affichée de la dictature communiste d’internationaliser le Yuan.)

Lors de son traditionnel discours de politique générale devant l’Assemblée nationale populaire réunie au grand complet dans le décor imposant du Palais du peuple à Pékin, Wen Jiabao a esquissé pendant près de deux heures ce lundi 5 mars, les défis à relever pour la Chine et ses futurs dirigeants ( M. Xi Jinping devrait être le prochain président de la république populaire de Chine en octobre).

Croissance réduite, stabilité sociale et efforts militaires : Voilà les axes principaux du discours du premier ministre chinois, Wen Jiabao, qui a tracé le cap, devant le Parlement, pour une Chine confrontée aux difficultés économiques mondiales (la faible croissance des US et de l’Europe vont peser sur la croissance Chinoise) ainsi qu’aux révoltes sociales dans ses régions où les Han ne sont pas majoritaires  (Encore 20 morts cette semaine durant des heurts inter ethniques Han et Ouïghours turcophones)

A l’approche du congrès du Parti communiste qui entérinera en octobre l’arrivée des dirigeants de ce pays de 1,35 milliard d’habitants pour les dix prochaines années, la Chine souhaite « briser les monopoles » et « encourager les capitaux privés à entrer dans les chemins de fer, les municipalités, la finance, l’énergie, les télécommunications, l’enseignement et les soins médicaux », a dit le chef du gouvernement, au diapason des dernières recommandations de la Banque mondiale. Une banque mondiale qui incite également la Chine à revoir son modèle de croissance basé sur les exportations en augmentant les salaires ainsi qu’en mettant sur pied un système sécurité sociale digne de ce nom.

En résumé, tant que la croissance Chinoise sera vigoureuse, le parti communiste ne risque pas grand chose mais une chute de la croissance pourrait révéler les tares de l’économie de l’empire du milieu. En effet, le système bancaire est loin d’être sain, la bulle immobilière reste préoccupante, de nombreuses entreprises étatiques (profitant largement de leur statut) ne sont pas rentables, l’objectif d’inflation reste haut (4 % en 2012) et les troubles sociaux pourraient gagner en ampleur si la croissance en baisse venait à provoquer une vague de chômage. Les pistes de réformes avancées par la banque mondiale (libéralisation, consommation accrue…) ne sont pas dénuées de sens et le prochain président Chinois semble être sensible à ses « recommandations ».

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