L’Avis de ProfesseurForex : Les Grecs font avancer la Zone Euro à marche forcée vers la mutualisation de la dette

(ProfesseurForex.com) – L’un veut la croissance, l’autre veut l’austérité. Voilà un raccourci peu emprunt de vérité qui fait les choux gras de la presse économique ces derniers temps. Il s’agit en réalité d’un faux débat dont le réel désaccord sous-jacent reste la question d’une intégration plus complète de la Zone Euro au travers d’Euro-obligations. En effet, une monnaie commune sans dette commune semble vouée à l’échec…

François Hollande ne souhaite pas creuser la dette et en dépit de ses prévisions de croissance trop optimistes selon l’avis de tous, l’avenir de la dette de la France est un sujet pris avec sérieux comme nous avons pu le voir lors du débat face à Nicolas Sarkozy.

D’autre part, l’Allemagne sait bien que la croissance est mère de toutes les vertus. Simplement, la chancelière ne veut pas d’une croissance à la pompe basée sur l’endettement, ce que de nombreux pays du Sud sont contraint de faire face à la machine de production Allemande et l’Euro fort. Ce n’est pas un hasard si la croissance de l’Allemagne a frôlé la récession au cours des deux derniers trimestres suite à l’austérité forcée pour toute la Zone Euro. En effet, la locomotive Européenne réalise la majeure partie de ses bénéfices en exportant au sein du marché commun Européen…

Chacun souhaite donc voir la croissance revenir mais l’Allemagne veut que tout le monde mette de l’ordre dans ses finances et réforme son marché du travail à son image. En somme, il s’agit d’adopter une intégration fiscale et sociale avant de, « peut être » mutualiser la dette.

Mais le problème est que cette austérité nécessaire a fait plonger bon nombre de pays dans la récession, ravivant les flammes de la crise de la dette alors que l’on osait déjà croire qu’elle était derrière nous il y a quelques semaines à peine… En effet, les spreads de taux continuent de s’écarter alors que l’Allemagne n’a jamais emprunté à si bas coût et que les pays en difficulté voient le service de leur dette exploser jour après jour, ne laissant aucun avenir à certains pays qui seront forcés de quitter la Zone Euro si l’endettement reste si cher.

Le débat sur les Euro-obligations, François Hollande l’a remis sur la table des négociations en rappelant son souhait lors du sommet des leaders du G8 à camp David, Chicago. D’autres pays (et tout particulièrement l’Espagne) ainsi que la commission Européenne sont d’accord vont le faire savoir une nouvelle fois lors de la réunion informelle demain à Bruxelles, pour laquelle Herman Van rompuy a invité chacun à venir « sans tabous ».

Angela Merkel est passée maître dans l’art du compromis quoi qu’on en dise en ayant maintes fois retourné sa veste. Et si la Zone Euro veut infléchir la position Allemande sur les Euro-bonds, cela passe probablement avant tout par un strict respect du pacte budgétaire. Pierre Moscovici et Wolfgang Schauble se sont d’ailleurs entendus hier sur le fait qu’aucune concession ne sera faite aux Grecs.

Si des compromis devaient être trouvés, c’est maintenant, car en 2013, lorsque Angela Merkel tentera de briguer un nouveau mandat, elle n’aura guère à offrir à l’Europe sans froisser son öffentliche Meinung. Une opinion qui semble fuir la fille de pasteur si l’on en croit la claque reçue lors des législatives du land le plus peuplé d’Allemagne… Néanmoins, la gauche Allemande, même si bienveillante à l’égard de François Hollande, avait également fait la grimace lorsque ce dernier avait évoqué les Euro-obligations durant un meeting en Allemagne. Ainsi, quelque soit le prochain chancelier, les négociations seront rudes…

Hier, à Berlin, l’ensemble des politiciens de la coalition d’Angela Merkel sont d’ailleurs partis à l’offensive contre les eurobonds. « Actuellement, ce serait retirer la pression sur les efforts d’ajustement des économies européennes », a expliqué ce lundi le secrétaire d’Etat aux Finances, Steffen Kampeter (CDU) . « Nous avons besoin du pacte budgétaire, nous avons besoin de discipline budgétaire, nous avons besoin d’investissements du futur, nous avons besoin d’une politique commune de l’offre ». Des mots sages mais qui font doucement sourire toute l’Europe étant donné qu’il n’existe aucune politique industrielle commune qui permettrait de concurrencer la Chine et les Etats-Unis alors que l’Europe bénéficie de la plus brillante jeunesse du monde ! Une jeunesse au chômage qui ne demande qu’à briser ces frontières communautaires pour faire briller une nouvelle fois l’Europe !

Et si les Grecs font avancer l’Europe à marche forcée vers une plus grande intégration et les abandons de souveraineté qui en découlent, cela pourrait bien les mener à leur perte en cas de nouvelles élections infructueuses. Mais cela ne doit pas arriver, les spéculateurs véreux n’attendant que ça pour faire subir le sort de la Grèce à d’autres proches…

Pour conclure, nous le martelons encore une fois sur professeurforex.com, seule une mutualisation de la dette au travers d’Euro-obligations pourra mettre un point final à cette crise qui plombe la croissance de la première économie du monde et augmente le chômage alors que la Chine et les BRICS en général comblent leur retard à une vitesse vertigineuse…

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