Actu Forex – Sommet de l’UE/Analyse: Le point sur les déclarations et les projets qui ont émergés suite à cette première journée de discussions

(ProfesseurForex.com) – Au terme du premier jour de ce que l’on peut appeler le 19 ème « sommet de la dernière chance » de l’UE, il convient de faire le point sur les avancées qui ont été faites.

Au sujet des euro obligations

Alors que la chancelière allemande déclarait avant-hier devant son parti que les euro obligations ne verront pas le jour « tant qu’elle sera vivante », son ministre des finances Wolfgang Schauble a été aujourd’hui l’auteur de LA déclaration choc du jour : L’Allemagne se déclare prête à négocier sur les euro obligations.

Ce commentaire a instantanément fait gagner une trentaine de pips à l’EUR/USD jeudi après-midi, mais ces gains ont vite été effacés, puisque le marché s’est vite rendu compte que les négociations à ce sujet seront empreintes d’une rigueur toute germanique…

En effet, l’Allemagne devrait opposer son véto à ce projet tant que l’on ne met pas en place dans la zone euro une plus grande intégration économique et fiscale, ce qui signifierait un abandon de souveraineté encore impensable pour beaucoup de membres de la zone euro.

Dans ce contexte, il est effectivement encourageant que l’Allemagne veuille discuter, mais de là parier sur un rapide accord, il y a un pas que nous ne franchirons pas, d’autant plus que d’autres pays comme la Finlande y restent farouchement opposés.

Au sujet de l’Union bancaire

Sur ce point, il semblerait que les choses avancent à meilleur rythme. Des rumeurs ont en effet circulé aujourd’hui au sujet d’un projet de création autorité de supervision des banques et de garantie des dépôts d’ici à la fin de l’année, et dont devrait faire mention le communiqué final de l’UE.

Il est par ailleurs probable que cet organisme couvre tous les pays de l’UE, avec évidemment des différences pour les pays appartenant ou pas à la zone euro.

Quoi qu’il en soit, même si l’idée semble validée, les détails devront dans tous les cas être encore longuement négociés, un officiel allemand ayant déclaré ce matin encore qu’une Union bancaire serait « prématurée »…

Au sujet de l’utilisation du FESF et du MES pour des achats direct d’obligations d’Etat

Les discussions semblent sur ce point aussi être difficiles. L’Italie semble force de proposition sur ce dossier, avec notamment un projet de mécanisme semi automatique permettant au FESF et au MES d’acheter de la dette sur le marché secondaire.

C’est principalement l’Italie et l’Espagne qui pourraient profiter de cette mesures, puisque l’objectif de faire passer les taux à 10 ans italiens sous la barre des 4% aurait été fixé. Par ailleurs, en ce qui concerne l’Espagne, on rappellera que le Premier Ministre Mariano Rajoy a exprimé son inquiétude hier au sujet du niveau très élevé du coût de la dette de son pays.

Quoi qu’il en soit, il faut avouer que cette mesure pourrait être efficace, ou tout du moins plus logique que d’attendre que les gouvernements soient au pied du mur pour venir à leur secours en échange de mesures d’austérité qui les mettront à genoux…

C’est en effet lorsque le coût de leur dette devient insoutenable que les pays de la zone euro se retrouvent contraints de demander de l’aide à leurs pairs, et de se tenir à l’écart des marchés en ce qui concerne le financement.

Permettre au FESF et au MES d’acheter de la dette permettrait de relâcher la tension sur les taux des pays concernés, et donc d’agir en amont afin que les gouvernement n’aient pas besoin d’aide.

Cependant, il est fort probable que certains pays de la zone euro, dont l’Allemagne, considèreront que cela reviendrait à financer les pays en difficulté (et donc les moins « sérieux ») de la zone euro sans aucun contrôle ou droit de regard sur la gestion de leur budget…

A noter également que s’est actuellement la BCE qui assure cette tâche via son programme SMP, mais cette mesure étant presque hors du cadre de son mandat, la BCE est mal à l’aise à ce sujet, et devrait donc de son côté être plutôt favorables à ce que le FESF et le MES prennent le relai, avec une force de frappe par ailleurs bien plus conséquente.

Olli Rehn, Commissaire européen aux affaires économiques et monétaire, s’est lui aussi prononcé en faveur de cette mesure, en déclarant que la Zone Euro devrait considérer une intervention sur les marché obligataires.

En conclusion, on peut avouer que sujets à l’ordre du jour restent alléchants, mais les obstacles sont tels qu’il est peu probable de parvenir à un accord sur un de ces points au cours de ce sommet de l’UE.

Le marché pourrait donc une fois de plus être inquiet du manque de cohésion au sein de la zone euro, qui fait pourtant face à des problèmes remettant en cause son existence même.

Plutôt que d’être l’occasion de vraies mesures choc, ce sommet pourrait finalement surtout mettre les projecteurs sur la longueur du chemin qu’il reste à parcourir dans chacun de ces dossiers…

Copyright © 2012 ProfesseurForex.com. Tous droits réservés.