L’avis de PFX : Le point sur les 6 épées de Damoclès qui menacent la monnaie unique

(ProfesseurForex.com) – Alors que les dirigeants européens s’activent ces derniers jours, multipliant les rencontres dans le cadre d’un véritable marathon diplomatique, il ne faut pas oublier que les bonnes intentions et les beaux discours ne suffiront pas à trouver des solutions durables à la crise de la dette qui sévit dans la zone euro.

Certes, la BCE semble décidée à agir, et c’est d’ailleurs Mario Draghi, le président de la BCE qui a donné le « la » du retournement haussier de l’euro initié à la fin du mois de juillet, mais les obstacles restent nombreux pour « sauver l’euro ».

Alors que les investisseurs semblent se focaliser sur la prochaine réunion de la BCE, qui aura lieu le 6 septembre, nous vous proposons de prendre un peu plus de recul, et de détailler les 7 épées de Damoclès qui menacent la monnaie unique :

Menace numéro 1 : Le jugement de la Cour constitutionnelle allemande

La cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe examine actuellement la constitutionnalité du MES, le fonds de soutien permanent sensé prendre le relais du FESF, fonds temporaire mis en place dans l’urgence pour aider la Grèce.

Saisie par plusieurs plaignant (dont une députée membre de la coalition au pouvoir en Allemagne), les juges de Kalsruhe ont le pouvoir de tout remettre en question. Très puissante, la Cour constitutionnelle allemande ne badine pas avec la souveraineté des députés du Bundestag le parlement allemand, et pourrait estimer que ceux-ci n’ont pas été assez informés ou consultés au sujet du MES.

Fer de lance de la Zone euro, l’Allemagne est également le plus important futur contributeur au MES, et par conséquent, un rejet du MES par la cour constitutionnelle allemande amoindrirait considérablement la force de frappe de ce mécanisme de soutien, le rendant ainsi tout bonnement inutile.

Menace numéro 2 : La fermeté de la BundesBank, la banque centrale allemande

Très indépendante du gouvernement, la Banque Centrale allemande conserve une position ferme par la voix de son président Jens Weidmann, notamment en ce qui concerne les projets de la BCE d’intervenir sur le marché obligataire pour peser sur les rendements des obligations des pays en difficulté.

Celui-ci a en effet accordé ce lundi un entretien qui n’est pas passé inaperçu au journal allemande Der Spiegel, dans lequel il a estimé que les interventions massives de la BCE sur le marché obligataire sont dangereuses, estimant même qu’elles pouvaient créer un phénomène d’accoutumance, « comme les drogues » !

Rappelons également qu’en tant que gouverneur de la Banque Centrale allemande, Jens Weidmann siège au Conseil des gouverneurs de la BCE, ce qui lui donne un certain poids dans les décisions prises par la Banque Centrale.

Menace numéro 3 : Les potentielles déception en provenance de la BCE

A la fin du mois de juillet, Mario Draghi parvenait à enrayer l’inexorable baisse de l’euro, en déclarant que la BCE était « prête à tout pour soutenir l’euro », confirmant quelques jours plus tard ses intentions en évoquant une action concertée et massive de la BCE et du FESF sur les marchés obligataires afin de peser sur les taux des obligations des pays les plus attaqués de la Zone euro.

Cependant, depuis ces premières déclarations, la BCE n’a donné aucune précision, ni aucun chiffre. Les investisseurs attendent donc la prochaine réunion de la BCE le 6 septembre prochain pour en apprendre plus, mais si la BCE venait à décevoir le marché, les investisseurs pourraient perdre patience, et croire de moins en moins à une action forte de la BCE…

Menace numéro 4 : La possible sortie de la Finlande de la zone euro

Pays le plus solide financièrement de la Zone euro, la Finlande maintient un avis très critique envers les différents plans d’aide mis en place au sein de la zone euro. L’année dernière, les Finlandais avaient déjà exigé des garanties spéciales à Athènes pour verser leur part du plan d’aide à la Grèce.

Excédé par des dépenses qu’il considère comme vaines, le ministre des affaires étrangères a même évoqué une possible sortie de la Zone euro…

Menace numéro 5 : La possible aggravation des problèmes de l’Espagne et de l’Italie

Même si le taux de leurs obligations a baissé depuis les déclarations rassurantes de Mario Draghi le mois dernier, les cas de l’Espagne et de l’Italie restent préoccupants. Le cas de l’Espagne semble le plus problématique, avec notamment les demandes d’aide des régions autonomes qui se multiplient, et les problèmes des banques.

Par ailleurs, la BCE a clairement prévenu qu’elle n’agirait sur le marché obligataire en faveur de l’Espagne que si le pays formule une demande d’aide globale, ce qu’il semble rechigner à faire, compte tenu des mesures d’austérité qui pourraient lui être imposées en échange.

Menace numéro 6 : La sortie de la Grèce de la Zone euro, qui semble de plus en plus inévitable

Plus que jamais, la Grèce est actuellement sur la sellette. Face à des réformes d’austérité qui ne produisent pas les résultats escomptés, notamment en raison d’une profonde récession, ses partenaires européens perdent en effet patience.

Les inspecteurs de la Troika (UE, BCE et FMI) se rendent une énième fois à Athènes cette semaine, afin de faire un nouvel état de slieux de la situation du pays. De son rapport dépendra la versement de la prochaine tranche prévue dans le cadre du second plan d’aide à la Grèce, sans laquelle le pays se retrouvera rapidement en cessation de paiement, ce qui signerait sa sortie de la Zone euro, avec de possibles réactions en chaine dans tout l’Euroland…

Même si le marché semble penser le contraire, la BCE n’a donc pas toutes les cartes en main, et même si celle-ci confirme et précise ses intentions le 6 septembre, les obstacles à une mise en place sereine de ses plans resteront nombreux, ce qui pourrait invalider la récente tendance de fond haussière de la monnaie européenne, qui reste fragile si l’on prend le temps d’étudier les graphiques journaliers…

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