Avis de PFX : USA, la croissance ralentit drastiquement et l’ombre du Fiscal Cliff fait craindre un retour en récession

(ProfesseurForex.com) – Le « fiscal cliff » va être très couteux en terme de croissance si le prochain président des États-Unis décide de tailler dans les budgets et augmenter les impôts pour freiner le rythme de la dette. Peu importe me direz-vous, la FED a mis en place un Quantitative Illimité qui permettra de garder les taux d’intérêt bas (TWIST) et d’acheter les obligations ne trouvant pas preneur (QE)… Ben Bernanke a lui même déclaré que la politique monétaire de la FED ne permettrait pas de compenser l’impact économique d’une baisse des dépenses et d’une hausse des impôts. Alors pourquoi s’embarrasser ?

Le fiscal Cliff, pour ceux qui sont encore embrouillés par le terme, n’est en réalité que des réductions automatiques des dépenses et des hausses d’impôts qui doivent entrer en vigueur à la fin de l’année 2012. En chiffres, cela se traduira par une hausse de 11,33 % des revenues de l’État fédéral (grâce aux hausses d’impôts) et une baisse de 1,9 % des dépenses fédérales (grâce aux baisses de dépenses) au cours de l’année 2013. En prenant en compte le rythme actuel des dépenses, le fiscal Cliff permettrait de freiner l’endettement de 7,1 trillons de Dollars au cours de la prochaine décennie.

L’envers du décor est qu’une telle « réduction de la demande globale » pèsera fortement sur la consommation et donc la croissance. La commission budgétaire du Congrès Américain estime que le fiscal Cliff coûtera 4 % de croissance aux États-Unis si les décideurs ne s’accordent pas sur une extension des baisses d’impôts introduites par Bush entre autres.

Voici un graphe qui permet de voir ce que sera la croissance des États-Unis en 2013 avec ou sans ces augmentations d’impôt.

Après l’élection présidentielle du mois de novembre, les sénateurs du Congrès Américain auront un mois avant le 112e Congrès pour prendre une décision (peu probable tant la situation reste bloquée entre démocrates et Républicains) avant que les hausses d’impôt automatiques n’entrent en vigueur au premier janvier 2013. D’après le Roll Call Magazine, sur les 33 sièges à pourvoir au sénat lors des prochaines élections, 6 sièges démocrates et un siège Républicain seraient incertains. Actuellement, nous avons 51 démocrates, 47 républicains et 2 indépendants au Sénat.

Ainsi, si les choses restent en l’état, les États-Unis entreront probablement de nouveau en récession en 2013 (Le ralentissement marqué de la croissance du PIB au T2 va largement dans ce sens… 1,3 % contre 1,7 % anticipé…) alors que si il est décidé de prolonger les baisses d’impôt, la dette va continuer de croître à un rythme qui placera à terme les États-Unis dans la même situation que l’Europe: Une crise de la dette. Mais nous le disons souvent, tant que les matières premières seront libellées et vendues en Dollar et que l’armée Américaine surpassera toutes les autres, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Notre avis est que les Etats-Unis vont entrer en récession dès le début de l’année 2013 et que le QE illimité de Ben Bernanke n’y changera rien.

Trouvez ici un schéma mettant en parallèle les deux scénarios en ce qui concerne tous les paramètres macroéco comme l’emploi, le déficit budgétaire etc…

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