L’Avis de PFX : Ben Bernanke a tiré sa dernière cartouche dans la trappe à liquidité

(ProfesseurForex.com) – La Trappe a liquidité, nous apprend le célèbre économiste John Mainard Keynes, apparaît lorsque la banque centrale devient incapable de stimuler l’économie grâce à sa politique monétaire. Faisons la synthèse des politiques permettant de contrôler l’économie:

La banque centrale peut baisser le prix de l’argent en réduisant son taux directeur. La loi de l’offre et la demande dit bien qu’une faible demande réduit les prix au point où les consommateurs se remettent à consommer. Dans le cas de la monnaie, cela revient à réduire le prix de l’argent. Le problème est que les agents économiques (consommateurs, investisseurs) peuvent être si peu désireux de prendre le risque d’emprunter et d’investir qu’il est impossible de réduire le prix de l’argent au point où ces derniers se remettront enfin à consommer et investir. Une fois le taux directeur à o, (ce qui est le cas aux États-Unis), on se rapproche dangereusement de la trappe à liquidité.

Dans une telle situation, la banque centrale peut décider d’accroître son offre de monnaie, imprimant de la monnaie électronique. L’idée est que ces injections d’argent frais se propageront dans l’économie, permettant aux agent économiques de consommer et investir, faisant baisser au passage le taux de chômage. Le problème est que ces « mauvais » agents économiques peuvent être toujours aussi peu enclin à investir dans des marchés boursiers qui pourraient s’écrouler ou bien consommer tout simplement, restant toujours aussi peu confiants en l’avenir. Ces « mauvais » agents économiques préfèrent toujours épargner en prévision d’un coup dur, d’une anticipation pessimiste pour le futur ou d’une remontée des taux (ce qui ne sera pas le cas avant 2015, enfin si Romney ne gagne pas les présidentielles car dans un tel cas, Ben Bernanke devrait plier bagages) et garder leurs avoirs « liquides » envers et contre tout, ce qui ne profite pas à la croissance.

Voilà ce que Keynes appelait la trappe a liquidité et où pourrait bien se trouver Ben Bernanke…

Essayons désormais d’étayer ces propos avec des graphes qui vous parleront peut être plus.

Le graphe ci-dessous montre que le QE1, le QE2 et le TWIST, n’ont fait que tomber dans la trappe à liquidité, qui donne directement sur les marchés boursiers et les matières premières, artificiellement boostés par cette offre monétaire gigantesque que les consommateurs se refusent à goûter. (La FED a plus que doublé son Bilan au travers de toutes ces mesures d’assouplissement monétaire: le bilan de la FED a augmenté de 3000 milliards depuis le premier QE). En effet, la portion épargnée (au sens de l’épargne des consommateurs) de la masse monétaire M2 a commencé à ne plus être en corrélation avec l’augmentation de cet agrégat monétaire suite à l’annonce du premier QE en novembre 2008. La portion de l’épargne grossit beaucoup plus vite que le reste à l’intérieur de cet agrégat monétaire M2.



Il est donc clair que les QE de la FED n’ont absolument pas ramener la confiance parmi les consommateurs et investisseurs puisque ces derniers continuent d’épargner, un réflexe logique lorsque l’on a pas confiance dans le futur de son pays.

Le graphe suivant montre clairement l’impact de la trappe à liquidité. Il s’agit de la courbe représentant l’argent pouvant être dépensé en consommation et investissement, ce qui représente une très grosse part de la croissance. Il s’agit de l’agrégat monétaire M2 moins l’argent épargné. Vous remarquerez que la masse d’argent pouvant être mobilisé pour consommer et investir s’établit aujourd’hui à 3589 milliards contre 3963 milliards avant le QE…


En clair, l’expansion monétaire de la FED n’a pas atteint son but et la majeur partie des liquidités injectées dans le système se retrouve désormais sous-forme d’épargne, ne profitant donc pas à la croissance.

Le prochain et dernier graphe montre la croissance réelle, cad à laquelle on a retranché l’inflation.

En retranchant l’inflation du calcul du PIB, il apparaît qu’il n’y a pas eu de croissance du tout… Néanmoins, le S&P caracole près des 1500 points, et semble accueillir à bras ouvert ce nouveau QE ILLIMITE.


La reprise économique Américaine et la hausse des bourses pourraient ne pas faire long feu en en dépit de ce nouveau QE de la dernière chance car:

-Les chiffres de l’emploi sont de moins en moins encourageants

-La trappe à liquidités annihile les stimulus monétaires de la FED

-Le fiscal Cliff (qui va peser sur la croissance puisque des coupes budgétaires de 500 milliards de Dollars sont projetées)

-La contraction de la croissance Chinoise

-La récession de la Zone Euro

-La crise de la dette qui pend au nez des États-Unis même si c’est pratique de posséder la monnaie internationale et 10 porte avions pour s’assurer que le pétrole restera libellé en Dollars (peut être pas ad vitam aeternam…)

A bon entendeur, salut…

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