FED, Fiscal cliff, plafond de la dette, croissance, 2013, l’année de tous les dangers pour le billet vert ?

(ProfesseurForex.com) – Le Dollar peut-il se renforcer en 2013 ?

2013 s’annonce difficile pour le billet vert face aux autres devises si l’on met de côté le Japon dont la politique monétaire de la BoJ devrait être encore plus accommodante que celle de la FED. Voici les événements qui devraient peser sur le Dollar, ou pas.

Le « Fiscal Cliff »

Il y a des chances que le Fiscal Cliff soit traité en temps et en heure avant la fin de l’année mais il semble plus probable que Barak Obama, auréolé de sa toute nouvelle légitimité démocratique, reste dure en affaire avec les républicains et laisse les coupes budgétaires et hausse d’impôt automatiques entrer en vigueur au premier janvier 2013. Tout cela vise à diminuer l’endettement de près de 500 milliards de Dollars par an. La réduction significative de la demande globale qui en résulterait pourrait coûter entre 2 % (prévision maison blanche) et 4 % (prévision du Congrès Américain) de croissance en 2013. Autant dire qu’avec 2,7 % de croissance (largement créée grâce au creusement de la dette…), le pays retournerait probablement en récession. Et étant donné que la FED mène déjà une politique monétaire largement accommodante, cela viendrait s’ajouter à la liste des facteurs baissiers pour le Dollar.

Même si les républicains et démocrates trouvent un accord, il n’en demeure pas moins qu’il s’agira simplement d’un équilibrage entre hausses d’impôt et coupes budgétaires. Des deux côtés cela plombera la croissance. L’Europe ne sera pas d’un grand soutien car la récession s’est déjà installé sur le vieux continent et la BCE prévoit que les deux premiers trimestres 2013 seront difficiles.

Ainsi, de côté là, rien ne laisse présager d’une regain de forme du Dollar.

Le plafond de la dette

Les tergiversations lors de la précédente négociation autour du relèvement du plafond de la dette (En cas de désaccord total au Congrès, le pays se retrouve en défaut de paiement…) avaient coûté aux États-Unis le AAA chez S&P. Ce plafond de la dette est actuellement de 16 400 milliards de Dollars, soit, la dette « officielle » des U.S. Le fiscal cliff est bien évidemment le premier levier pour diminuer l’endettement afin de cesser d’atteindre le plafond tous les 10 mois… Un plafond atteint plus de 100 fois depuis sa création… Les républicains ont néanmoins déjà offert de ne pas faire d’esclandre cette fois. Le relèvement du plafonds devrait donc être une formalité qui permettra de bâtir le budget 2013. Cette issue ne devrait donc pas peser sur le Dollar et pourrait même lui profiter si le vote se passe dans le calme.

Mais Moody’s n’a que faire des accords politiques pour étendre le poids de la dette et a plusieurs fois prévenu que la note Américaine serait révisée à la baisse si le rythme d’endettement ne diminue pas. Le fiscal cliff devrait permettre de régler ce problème et nous n’envisageons donc pas une dégradation en 2013. Mais l’agence de notation fera sans doute de nouveau les comptes à la fin de l’année 2013 et il vaudrait mieux que l’administration Obama ait réduit la voilure d’ici là.

FED

Ben Bernanke va-t-il rester en place alors qu’il est dans sa dernière année de son deuxième mandat et que des rumeurs de départ ont fleuri sur la toile avant les élections. En effet, Mitt Romney avait clairement annoncé qu’en cas de victoire, le timonier de la FED serait remercié. Nous pensons que Ben Bernanke restera aux manettes de la FED et que la politique monétaire restera très accommodante. Rappelons que la FED a annoncé un QE illimité juste avant les élections. La gestion du fiscal Cliff devrait dicter une bonne partie de la politique monétaire de la FED. Mais rappelons l’analyse qu’a fait Ben Bernanke lors de son discours annuel à Jackson Hole :

Le QE a permis de considérablement diminuer les taux d’emprunt bas (grâce au Twist notamment mais également grâce à la monétisation de la dette). Le QE a également évidemment permis de booster les bourses grâce, selon Ben Bernanke, aux meilleures perspectives économiques dues au QE et la baisse du taux directeur (rendant l’investissement moins cher et permettant de stimuler les prêt hypothécaires notamment car la dette Américaine devient peu attractive en raison des taux d’emprunt très bas). Mais concernant l’effet des QE sur l’économie réelle, Ben Bernanke a été incapable de dire quel a été l’effet du QE ou ce qu’aurait été la croissance en l’absence de QE… La FED pense tout de même que son action a aidé à créer 2 millions d’emplois.

De notre côté, nous que le QE produit de la volatilité (les brokers aiment ça), la hausse des indices boursiers (les managers de hedge fund aiment çà) et attire beaucoup d’attention (les analystes aiment ça). Mais tout cela ne créait pas de richesse. Les effet du QE ne sont pas sensés être permanents et ne constituent donc à la fin pas de progression du PIB ou des emplois… Plus de 500 milliards de Dollar devraient néanmoins être injectés l’année prochaine, largement dans les actifs financiers adossés au marché immobilier.

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