La crise de la zone euro est-elle finie ? NON

(ProfesseurForex.com) – Est-ce que la crise est finie en Europe ?

De nombreux politiciens en Europe, incluant François Hollande, semble le penser. N’allons pas si vite en besogne car nous pensons au contraire qu’alors que la Zone Euro vient tout juste d’entrer en récession, la phase la plus dure est peut être à venir.

Certaines personnes crient victoire, peut être parce qu’il est désormais acquis que la Grèce ne sera pas rejetée de la Zone Euro, ce que voulait secrètement l’Allemagne avant qu’une myriade d’Eurogroupes ne permette finalement de débloquer une nouvelle tranche d’aide 50 milliards d’Euros.

L’Irlande ne s’en sort pas trop mal non plus en étant presque parvenu à emprunter de nouveau sur les marchés financiers. Mais le pays sous assistance de l’UE et du FMI n’a pas encore osé réaliser un emprunt à 10 ans, véritable benchmark aux yeux des marchés.

La situation est moins glorieuse au Portugal où la récession est sévère en raison de la cure d’austérité que s’impose le pays. Le FMI a récemment donné un satisfecit mais le déficit budgétaire reste loin d’être assaini et les perspectives économiques peu enviables.

L’Espagne, elle, va de Charybde en Scylla. Son économie reste en récession, le chômage touche le quart de la population et son secteur bancaire doit être recapitalisé pour cause d’éclatement de bulle immobilière. Les taux d’emprunt demandé par les marchés ont donc bondit alors que l’Allemagne reste inflexible et ne désire pas mettre en œuvre une recapitalisation directe avant les élections du mois de septembre. Le dernier sommet Européen a néanmoins laissé entendre que les recapitalisations pourraient avoir lieu dès le mois de juin. L’Espagne attendra donc probablement pour recapitaliser le gros de ses banques…

Tous ces pays s’infligent des cures d’austérité qui ne peuvent que tuer la croissance à court et moyen terme et personne n’ose vraiment s’imposer au mantra de l’Allemagne.

Mais les marchés ont lâché prise lorsque les MES a été validé par la cour constitutionnelle Allemande et que, dans la foulée, la BCE a annoncé que le programme OMT serait illimité. Les taux n’ont cessé de se détendre depuis, laissant penser que le pire est derrière nous.

Mais si les marchés financiers se sont calmés, la véritable origine de la crise est loin d’avoir été traitée. Certes, tous les pays réduisent leur endettement, mais la vraie question reste le problème de compétitivité et des balances commerciales déficitaires entre les pays de la Zone Euro. Beaucoup disent que l’Allemagne a transformé la Zone Euro en une Allemagne de l’est afin d’épancher sa soif mercantiliste (exportatrice). Une zone de croissance faible, de bas salaires sans dynamisme économique. Tout cela sans les transferts fiscaux allant de l’Allemagne de l’ouest vers l’Allemagne de l’est. En effet, l’Allemagne n’acceptera pas d’utiliser les revenus venant de ses contribuables pour subventionner le reste de l’Europe. Même l’idée de lever de la dette ensemble (Euro-obligations) n’a pas les faveurs de l’Allemagne tant qu’un budget de la Zone Euro ne sera pas en place. Un budget commun donnant le droit de contrôler les budgets nationaux et éviter les dérapages des déficits.

L’Allemagne a mené une politique salariale déloyale pendant une décennie permettant d’être beaucoup plus compétitif à l’exportation jusqu’à ce que l’écart se creuse entre elle et ses partenaires Européens. Conséquence logique, les pays accusant une balance commerciale déficitaire ont dû s’endetter davantage pour garder leur niveau de vie. Les salaires sont donc désormais sabrés partout dans les pays périphériques (La BCE est complice, Mario Draghi ne ratant pas une occasion pour réclamer une « réforme du marché du travail) mais pour que cela marche, il faut que l’Allemagne augmente ses propres salaires afin de renforcer sa demande intérieure. Cela aurait pour conséquence d’équilibrer les échanges commerciaux. L’Allemagne, dans ce cas, ne pourrait plus crier à l’injustice en voyant la BCE financer les banques des pays en difficulté, en considérant que cela revient à piller directement la Bundesbank.

La situation devient ridicule dans certains pays avec des taux de chômage qui caracolent et la récession qui mine la richesse de ces pays, attisant la grogne sociale partout en Europe.

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