L’avis de PFX: Quels seront les grands dossiers potentiellement influents pour l’Euro en 2013 ?

(ProfesseurForex.com) – L’année 2012 arrive à sa fin, et les avancées dans la crise de l’Euro ont été nombreuses cette année. Tellement nombreuses que l’on peut d’ailleurs se demander ce que 2013 nous réserve encore.

La crise de la zone euro n’est en effet pas terminée, comme l’on souligné de nombreux dirigeants et institutions internationales, et 2013 s’annonce également comme une année à hauts risques pour la monnaie unique.

Vous retrouverez donc ci-dessous un point sur 5 dossiers susceptibles d’influencer l’EUR/USD en 2013 :

La politique monétaire de la BCE

La BCE a baissé son taux directeur de 0,25% en juillet 2012, passant de 1% à 0,75%. Cependant, compte tenu de la faiblesse de la croissance dans la zone euro en 2012 et des perspectives peu encourageantes à ce niveau pour 2013, on peut estimer qu’un nouvel abaissement du taux directeur est envisageable pour 2013.

L’inflation, bien que toujours sous contrôle, a augmenté en 2012, ce qui a sans doute freiné la BCE dans les intentions de nouvelles baisse des taux qu’elle aurait pu avoir (la baisse du taux directeur étant un facteur haussier pour l’inflation).

Les prévisions pour 2013 prévoient cependant un ralentissement de l’inflation, ce qui pourrait laisser à la BCE la marge de manœuvre nécessaire pour baisser le taux directeur à 0,50% au moins.

Rappelons que la baisse du taux directeur est une mesure positive pour la croissance, en rendant « l’argent moins cher », et une baisse du taux pourrait aider la zone euro à afficher une croissance moins morose que prévue.

Cependant, du point de vue du forex et de l’euro, une baisse du taux directeur est un facteur baissier, ce qui pourrait également profiter à la croissance, puisqu’un euro bas rendrait les exportations européennes moins chères et plus attractives.

En conclusion : L’inflation reste sous contrôle, alors que les perspectives pour la croissance sont moroses, et une baisse du taux directeur pourrait actionner deux leviers bénéfiques à la croissance. La probabilité est donc forte pour le la BCE abaisse son taux directeur dans la première partie de l’année 2013.

Les élections en Allemagne et en Italie

En Italie, Mario Monti a récemment démission de son poste de Premier Ministre, après plus de 400 jours au pouvoir et un bilan positif qui montre que l’Italie a évité le pire sans assistance extérieure. Des élections vont être organisées en février, et il est encore possible que Sylvio Berlusconi, le prédécesseur de Monti qui avait laissé le pays dans un piètre état, se présente de nouveau aux élection et soit élu pour la cinquième fois.

Non pas que les italiens aient la mémoire courte, mais l’austérité imposée par Mario Monti l’a rendu très impopulaire, et les italiens pourraient vouloir donner une nouvelle chance à Berlusconi…

De son côté, Mario Monti a annoncé qu’il ne se représentera pas, mais se tient à disposition du Parlement si celui-ci l’appelle à la tête du pays.

La question va donc être de savoir si les italiens vont choisir la sagesse, et voter pour des partis pro européens prêts à poursuivre les efforts entrepris, ou choisir la facilité apparente, et céder aux sirènes de Berlusconi…

En Allemagne, des législatives seront organisées au mois de novembre, et Angela Merkel y jouera son poste de chancelière. Pour l’instant, tout porte à croire qu’elle restera à la tête du pays, mais certains partis alternatifs montent dans les sondages.

Angela Merkel a été en 2012 une fervente supportrice de l’euro, et reste incontestablement le leader européen qui jouit de la cote de confiance la plus élevée auprès des marchés. Par conséquent, tout soupçon de défaite de Merkel serait pénalisante pour l’euro.

Par ailleurs, la volonté de se faire réélire d’Angela Merkel pourrait lui lier les mains dans les décisions auxquelles elle pourrait participer en Europe en 2013. On sait pas exemple que c’est face à son opposition (dans le but de ne pas froisser son éléctorat) que la dette grecque détenue par le secteur public n’a pas subit de restructuration, ou que la supervision bancaire est restée limitée aux plus grandes banques de la zone euro, épargnant notamment les caisses d’épargne germaniques.

Le retour de l’Irlande et du Portugal sur le marché de la dette

Après plusieurs mois d’absence sur les marchés, et des plans d’aide de la Troika, le Portugal et l’Irlande sont censés recommencer à faire appel à l’épargne publique et émettre des obligations sur les en 2013.

Ces émissions vont probablement recueillir beaucoup d’attention alors que les deux pays ont bénéficié de plans de sauvetage de l’Union européenne et du FMI. L’Irlande a bénéficié d’un plan de € 67,5 milliards, et le Portugal doit € 78 milliards.

Des rendements bas et une forte demande pour ces obligations seraient favorables à l’euro et ouvriraient la voie à ce que les deux pays s’appuient totalement sur les marchés mondiaux de la dette pour le financement national dans les deux prochaines années.

D’un point de vue plus psychologique, le fait que les futures émissions obligataires de l’Irlande et du Portugal soient un succès allégerait les craintes au sujet de la Zone euro, en montrant que les plans de sauvetages sont efficaces et permettent réellement de redresser les pays en difficulté.

Les avancées de l’Union Bancaire

Au mois de décembre 2012, les dirigeants européens ont posé la première pierre du grand projet d’union bancaire en s’accordant sur le rôle de superviseur des banques européennes de la BCE.

L’année prochaine, les négociation vont donc se poursuivre pour continuer à construire cette union bancaire, considérée par les marchés comme un rempart aux futures crises de l’euro.

En effet, si l’on schématise la situation, la crise de l’euro vient des banques. Les banques ont fait des erreurs, et se sont retrouvées au bord de la faillite, obligeant les gouvernements nationaux à leur venir en aide, et transférant ainsi les problèmes des banques aux Nations. L’idée de l’union bancaire est d’intervenir à l’échelon européen pour régler les problèmes des banques, si possible en amont, et ainsi éviter que leurs déconvenues n’aient des répercussions sur les budgets nationaux.

Dans ce contexte, tout retards ou futurs blocages dans les avancées de l’union bancaire constitueraient des facteurs baissiers pour l’euro dollar.

Le risque politique en Grèce

A maintes reprise, la Grèce a été in extremis sauvée de la faillite au cours de l’année 2012. On se rappelle notamment de l’opération PSI de restructuration de la dette détenue par le secteur privé, ainsi que des mesures prises lors de l’Eurogroupe du mois de novembre, avec notamment l’opération de rachat de la dette grecque par Athènes.

Le système était celui de la carotte et du baton : La Grèce faisait des efforts (considérables) en matière de réduction des dépenses et de hausses d’impôts, et en échange, l’Europe lui versait des aides et lui concoctait des mesure destinées à réduire son endettement.

Jusqu’à présent, on a donc pu éviter la faillite et la sortie de la zone euro de la Grèce, même si les négociations avec Athènes ont parfois été difficiles, parce que le pays dispose d’un gouvernement qui a une réelle volonté de conserver sa place dans la zone euro.

Cependant, la Grèce reste une démocratie, et la population est excédée par plusieurs années d’austérité et un chômage record. La pression populaire pourrait être telle en 2013 que tout est envisageable. La Grèce pourrait ne plus être aussi « docile », et arrêter de mettre en application les mesures exigées par la Troika, ce qui serait l’occasion de voir de nouveau surgir les spéculations sur une sortie de la Grèce de la Zone euro…

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