Fiscal cliff, le congrès fait la moitié du chemin

(ProfesseurForex.com) – Après une longue journée sur le front politique aux États-Unis, un « deal » a été trouvé en ce qui concerne le volet des hausses d’impôts. Le plafond de la dette et la question des coupes budgétaires restent toujours en suspend et feront très probablement l’objet de nouvelles négociations ardues au cours des deux prochains mois.

Le sénat (où la majorité est fine mais, apparemment en faveur des démocrates) a voté hier in extremis la loi stipulant que les hausses d’impôts ne concerneront que les individus gagnant plus de 400 000 $ annuel et les ménages gagnant plus de 450 000 $ alors que Barak Obama souhaitait que ce seuil soit de 250 000 $ au début des négociations. Le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a été le médiateur de cet accord qui a jouit d’une majorité très confortable à 89 voix contre 8.

Le taux d’imposition revient donc à 39,6 % pour 16 % de la population, son niveau de l’ère Clinton, contre 35 % auparavant. 600 milliards de recettes supplémentaires seront dégagées au cours des 10 prochaines années grâce à cet accord. En ce sens, il s’agit d’une défaite pour les démocrates puisque Barak Obama avait dit un jour qu’il souhaitait économiser 3000 milliards sur la prochaine décennie. Les réductions budgétaires vont donc devoir être importantes pour que  l’endettement Américain « ralentisse » un temps soit peu.

La chambre des représentants (où les républicains détiennent la majorité) devra également procéder au vote aujourd’hui afin d’officialiser ce demi-accord. Étant donné le plébiscite lors du vote au sénat, la chambre basse devrait valider ce deal mais rappelons qu’une frange conséquente des députés Américains républicains reste férocement hostile à l’idée d’une augmentation des impôts.

Cet accord rend donc de facto 84% des baisses d’impôts de George W. Bush permanentes. Les hautes classes sociales Américaines vont supporter l’ensemble de ce tour de vis fiscal. La classe moyenne étant épargnée, l’impact sur la consommation et donc la croissance devrait être limité. Rappelons que si les impôts avaient augmenté pour l’ensemble de la population, cela aurait pu coûter jusqu’à 4 % de croissance selon les prévisions les plus pessimistes du congrès.

Le volet « dépenses » reste donc maintenant à résoudre et notons que si l’assurance chômage demeura en vigueur (pour un an supplémentaire, concernant 2 millions d’Américains), la question des coupes budgétaires dans les dépenses sociales reste en suspend et devrait faire l’objet d’intenses négociations.

D’une manière générale, c’est donc le budget 2013 et le plafond de la dette qui doivent désormais être finalisés. Les États-Unis sont déjà supposés être en situation de défaut mais quelques artifices comptables annoncés par Timothy Geithner, secrétaire au trésor, permettront de tenir deux mois supplémentaires. Les républicains vont probablement utiliser le relèvement du plafond de la dette pour faire pression dans le volet « coupes budgétaires ».

Trop de tergiversations pourraient néanmoins faire réfléchir les agences de notation, notamment S&P et Moody’s qui ne devraient pas être convaincues par le ralentissement mineur du déficit budgétaire.

La question centrale de l’endettement reste donc en suspend tant que nous ne connaîtrons pas l’ampleur des coupes budgétaires.

Trouvez ici les 157 pages de l’accord (uk)

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