L’Allemagne s’est elle tirée une balle dans le pied en promouvant l’austérité en Europe ?

(ProfesseurForex.com) – Comme l’ont montré les premières estimations officielles, l’’économie allemande a ralentit de façon plus importante (+0,5 %) que ce à quoi on s’attendait au dernier trimestre 2012, du fait que la crise de la zone euro a pesé sur les exportations et les investissements des entreprises.

Le faible 4° trimestre a abaissé la croissance globale annuelle à 0,7 % (anticipée à 0,8 %), un net ralentissement en comparaison aux 3 % enregistrés en 2011 et au record post-réunification de 4,2 % en 2010.

« L’économie allemande n’est peut-être plus un oasis paradisiaque mais elle reste au moins un îlot de croissance dans l’océan de récession qui a submergé la zone euro », a dit Carsten Brzeski, économiste chez ING.

L’Allemagne a été et continue d’être un pilier fort dans la crise de la dette de la zone euro mais son économie a ralenti durant la seconde moitié de l’année de l’année dernière.

Les exportations et importations allemandes ont brutalement diminué en Novembre et les commandes industrielles ont plus chuté que prévu, confortant les prévisions que la crise des dettes souveraines européennes touche de plein fouet l’économie allemande.

Selon les sources officielles, d’un point de vue annuel, la croissance des exportations a ralenti, passant de 7,8 % en 2011 à 4,1 %, tandis que les commandes à l’industrie en matière d’équipement ont reculé de 4,4 %.

« Durant les 2 années précédentes, la croissance du PNB a été plus importante mais cela est dû à un effet rattrapage dans la continuité de la crise économique de 2009 » ont-elles déclaré.

La plupart des économistes s’attendent, suite à ce faible 4° trimestre, à ce que l’Allemagne rebondisse dans les mois à venir, mais 2013 continue de prendre la forme d’une année de croissance molle. Le gouvernement a d’ailleurs hier divisé par deux ses perspectives de croissance pour 2013, à 0,4 % contre 1 % précédemment envisagé…

Rappelons qu’à la fin de l’année dernière, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble évoquait un rythme de croissance « convenable » en 2013, à la faveur d’exportations vers les pays situés hors de la zone euro.

Les entreprises allemandes ont en revanche envoyé des signaux quelque peu contradictoires. La Poste allemande a déclaré qu’elle s’attend à ce que 2013 « ne soit pas facile », du fait qu’une faible économie pèse sur la demande pour les livraisons express et les autres services logistiques.

Le prestigieux constructeur automobile BMW a quant à lui déclaré que son marché domestique se contracterait en 2013.

Cependant, des signes montrent que la plus grande économie européenne peut rapidement s’extirper de cette contraction de fin d’année.

Le secteur privé du pays a renoué avec la croissance pour la première fois en 8 mois en décembre et le climat des affaires, sur la base de meilleures perspectives, s’améliore.

Soulignons également la bonne tenue du budget Allemand qui ne s’est endetté que de quelques 20 milliards d’Euros en 2012 là où la France a dépensé probablement environ 90 milliards d’Euros. Il reste également de la marge au niveau de la consommation, un levier qui pourrait sauver la croissance cette année si le moral s’améliore outre-Rhin.

Mais il est clair que l’austérité imposée aux pays périphériques pèse largement sur la croissance Allemande et que nous voyons mal comment le pays échappera à une année de croissance molle voir de récession tant que cela durera. La fin de la récession en Italie ainsi qu’en Espagne sera probablement le principal catalyseur cette année.

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