Guerre des monnaies : A peine sauvé, l’Euro est déjà « trop fort » selon Pierre Moscovici

(ProfesseurForex.com) – Hier, le ministre français de l’Economie, Pierre Moscovici, s’est de nouveau inquiété de la vigueur de l’Euro…

Interviewé sur ‘France 2′, il a estimé que l’Euro était « fort, peut-être d’ailleurs trop fort à certains égards » (faisant évidemment référence à la difficulté des entreprises à exporter, et venant donc raviver un peu plus les inquiétudes d’une guerre des devises). Notons également que le ministre des finances maintient son objectif de croissance à 0,8 % cette année mais que si il fallait adapter le budget plus tard, cela serait fait afin d’atteindre les objectifs de déficit budgétaire.

La semaine dernière, le patron de LVMH, Bernard Arnault, avait lui aussi jugé qu’une guerre des changes entraînant une hausse de l’Euro représentait le principal risque pour les résultats du géant du luxe en 2013.

Les économistes estiment que si la monnaie unique, qui a rebondi depuis l’été dernier de près de 12% face au Dollar et de plus de 30% face au Yen, venait à repasser au-dessus de 1,40 Dollar, la situation deviendrait critique pour l’industrie française et européenne…

C’est donc la rançon du succès, ou plutôt de la survie… : La monnaie unique est forte et cela inquiète bien évidemment les milieux d’affaires et de nombreux gouvernements dont les exportations souffrent d’une monnaie trop forte.

C’est également le constat dressé par le président de l’Eurogroupe (remplacé depuis par le néerlandais Jeroen Dijsselbloem) qui a estimé que, «pour les entreprises qui exportent à l’extérieur de l’Union européenne, le taux de l’euro est dangereusement haut».

Au-dessus de 1,36, reste tout de même non loin de sa moyenne de long terme (1,34 $) et relativement éloigné du pic du printemps 2011 (1,50 %) ou encore celui de 2008 (1,60 $). Néanmoins la tendance qui s’est mise en place depuis les fameuses déclarations de Mario Draghi à Londres l’été dernier commence à poser problème (+10% par rapport au dollar, +25% par rapport au yen).

Le Sujet devient brûlant et la presse parle désormais ouvertement d’une guerre des monnaies que se livrent les banques centrales. Depuis la mi-novembre, le Japon a déstabilisé le marché international des changes en menant une politique agressive de baisse du Yen afin de favoriser ses exportations (Même si bien entendu le gouvernement se plaît à rappeler que la baisse du Yen n’est que la conséquence du nouvel objectif d’inflation).

La chancelière allemande Angela Merkel s’en est elle aussi inquiété en janvier à l’occasion du forum économique mondial de Davos, estimant que le sujet devrait être abordé lors de la prochaine réunion des ministres des Finances du G20, prévue les 15 et 16 février à Moscou…

Symbole de confiance, l’euro fort est avantageux pour les importations européennes, par exemple en matière d’hydrocarbures. Mais, revers de la médaille, il pénalise les exportations vers l’extérieur de la zone euro (soit environ la moitié des exportations totales des pays membres).

Rappelons que l’Euro continue de fluctuer selon le bon vouloir de la BoJ ou de la FED. En effet, afin de créer un choc de compétitivité efficace au travers d’une dévaluation compétitive, les économistes estiment qu’un taux de change autour de 1,20 $ et il va donc falloir que l’Europe tape du point sur la table lors du G20 car le retour de la compétitivité de peux pas venir seulement de l’austérité. Une niveau plus faible de l’Euro pourrait permettre de regagner des parts à l’exportation et la BCE doit s’exprimer clairement sur ce sujet pour ne pas être le dindon de la farce une nouvelle fois. Mario Draghi devra très certainement faire face à la question de la force de l’Euro ce Jeudi.

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