Irlande – La BCE va-t-elle revenir en arrière concernant le Deal des «Promissory note»?

Hoonan, Draghi, Shaeuble

(ProfesseurForex.com) – Le Parlement irlandais liquide l’Anglo Irish Bank et bénéficie d’une aide financière historique

Dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 février, les députés irlandais ont approuvé la liquidation de l’Anglo Irish Bank, nationalisée en 2009 après son effondrement pendant la crise financière. Les députés ont approuvé le projet de loi avec 113 voix pour et 36 voix contre.

En 2010, l’Anglo Irish Bank affichait une perte de 17,65 milliards d’euros. Trois des anciens dirigeants de l’établissement, dont l’ex-directeur général, passeront devant les tribunaux l’année suivante pour répondre à des accusations de fraude. C’est suite à l’effondrement de l’Anglo Irish que Dublin a été obligé de voler au secours de ses banques à la fin 2008 au prix d’un énorme endettement qui a finalement contraint le pays à solliciter une aide internationale en 2011.

La banque a ensuite fusionné avec l’Irish Nationwide Building Society (INBS) et a donc pris un nouveau nom : « l’Irish Bank Resolution Corporation (IRBC) ».

La principale mission était de liquider progressivement ses actifs sur une période d’environ dix ans.

Le cabinet d’audit et de conseil KPMG a pris le contrôle d’IRBC, dont le conseil d’administration a démissionné mercredi 6 février après-midi sur ordre du gouvernement.

Rappelons que fin 2010, L’Irlande avait dû demander une aide à l’Union européenne, à la BCE et au FMI. Ce plan de sauvetage prévoyait 85 milliards d’euros d’aides sur trois ans en échange de la mise en œuvre de douloureuses mesures d’austérité. Plus de 30 milliards d’euros ont été prévus pour renflouer l’Anglo Irish Bank et l’INBS.

Le Premier ministre Irlandais a finalement récemment annoncé devant les députés que le gouvernement était parvenu à un accord « historique » sur la réduction du fardeau de la dette bancaire avec la Banque centrale européenne (BCE).

Dans le cadre de cet accord, Dublin a obtenu un allongement de l’échéance de remboursement et une baisse des taux d’intérêt. Cela a été possible grâce à la transformation des prêts accordés par la BCE et désormais appelés « promissory notes », en obligations à long terme, a précisé le Premier ministre irlandais.

C’est une « étape historique sur le chemin du redressement économique » qui « sécurise la situation financière future de l’Etat, tout en réduisant le fardeau de la dette contractée dans le cadre du sauvetage des banques « , avait alors déclaré poursuivi M. Kenny.

Selon les termes de cet accord qui va permettre une réduction des remboursements de l’Etat irlandais de 20 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie, les « promissory notes » vont être remplacées par des obligations d’une maturité allant jusqu’à 40 ans et d’une durée moyenne de 34 ans contre 7 à 8 ans aujourd’hui. Ce qui allonge la période de remboursement et allège le taux payé chauque année.

Patrick Honohan a indiqué que la banque centrale vendrait les obligations ultérieurement, en fonction des conditions de marché.

Les taux d’intérêt des obligations à long terme seront d’un peu plus de 3% contre plus de 8% antérieurement…

La Budesbank a fait savoir qu’elle n’était pas très heureuse de ce deal et rappelle que les aides au Etats concernant la dette souveraine devait être réalisées via le MES (où l’Allemagne possède un droit de veto et donc la possibilité de négocier de nouvelles mesures d’austérité).

Mais la BCE semble vouloir désormais faire marche arrière et Mario Draghi a déclaré le 18 février que le deal serait examiner plus tard cette année afin d’examiner si cela est en règle avec les traités Européen. Le deal pourrait donc être annulé…

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