Les inquiétudes sur les conséquences d’un euro trop fort redoublent au fur et à mesure de la progression de la monnaie unique

(ProfesseurForex.com) – La dissipation des inquiétudes sur la pérennité de l’euro a entrainé une appréciation générale de la monnaie unique. Au cours des six derniers mois, la monnaie unique a ainsi pris 31 % face au Yen, passant de 96 à 125,6 pour la paire EUR/JPY et a également grimpé d’environ 11 % face au Dollar.

A cela il faut ajouter une politique monétaire européenne plus stricte, avec un taux directeur à

0,75 %, contrastant avec la politique de taux zéro des Etats-Unis et du Japon, et rendant ainsi mécaniquement l’euro plus fort face aux autres devises.

La chancelière allemande, lors du Forum Economique mondial de Davos, s’est également dit « préoccupée » de la politique visant à affaiblir le Yen japonais, et que la question de gestion des taux de change se devra d’être abordé lors du prochain G20 le 15 et 16 février 2013. En effet, le nouveau gouvernement japonais, dans sa volonté de déprécier le yen, a réussi à s’imposer face à la Banque Centrale du Japon (BoJ) sensée être indépendante.

Le gouvernement français se déclare également « attentif ». Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, en marge d’une conférence de presse à Bercy a fait la déclaration suivante : « L’euro est trop haut par rapport à ce que l’économie européenne, pas seulement française, est en droit d’attendre. »

Cette envolée récente de l’Euro commence à également inquiéter les industries exportatrices. Le patron de LVMH Bernard Arnault n’a pas caché son inquiétude quant à la remontée de la devise unique.

En présentant des résultats record pour LVMH 2012 (+12% à 3,4 Mds € pour le bénéfice net), il a ainsi estimé qu’une remontée de l’Euro était « hélas prévisible ». Selon lui, il y a un risque de bataille monétaire et de dévaluation compétitive, pouvant entrainer l’affaiblissement de certaines devises et un renforcement de l’euro.

L’autre exemple classique est celui d’Airbus (vendant ses avions en dollars) où une variation de 0,1% de la paire EUR/USD fait perdre un milliards de chiffre d’affaires au géant européen de l’aéronautique.

Au-dessus des 1,35 dollar, l’euro n’avait pas égalé ce niveau depuis décembre 2011. Si elle reste loin des sommets atteints en avril 2011 à 1,5 dollar, et encore plus des 1,6 dollar frôlé en juillet 2008, la puissance relative recommence déjà à poser problème.

Face à ce scénario qui se répète, les solutions à apporter sont toujours aussi délicates, étant donné que les membres ont des avis divergents sur la question (on pense à l’Allemagne, pouvant se permettre de disposer d’un euro plus fort).

Mais si l’euro fort commence à menacer la croissance de la zone euro, c’est sans conteste la BCE qui pourra agir le plus directement, en abaissant son taux directeur, ce qui finalement pourrait avoir un double impact positif sur la croissance européenne. En effet, baisser le taux directeur entrainerait une baisse mécanique de l’euro, ce qui rendrait les exportation plus attractives, mais cela dynamiserait également la croissance à l’interne, en stimulant l’investissement et la consommation.

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