Les ministres des finances et banquiers centraux du G20 sont d’accord pour ralentir l’austérité

(ProfesseurForex.com) – Au vu des récentes déclarations au sein de la Zone Euro, il était probable que rien de bien transcendant ne ressorte de ce G20 des ministres des finances et des banquiers centraux à Moscow alors que la fameuse « guerre des monnaies », résultat des assouplissement monétaires successifs de certaines banques centrale ( BoJ, FED, BoE pour ne pas les nommer, la BCE aussi un peu, avec dans l’idée de rapatrier les liquidités plus tard, au contraire des autres banques centrales) semble irriter sérieusement certains pays.

En effet, l’Allemagne s’accommode très bien d’un Euro fort (comme la Hollande, l’Autriche, le Luxembourg, la Finlande…) mais le reste s’en plein, avec la France en tête de gondole, depuis que François Hollande a clairement blâmé le fort taux de change de l’Euro, résultat des politiques monétaires des autres banques centrales, devant le parlement Européen. La Zizanie qui règne déjà au sein de la Zone Euro n’allait pas aider à trouver un consensus avec le reste du monde durant ce G20 financier, au contraire.

Le ministre Russe, Antone Siluanov a tout de même mentionné que certains gouvernements devraient plutôt se focaliser sur la façon de gagner en compétitivité plutôt que de « manipuler le cours de leur monnaie ».

Les conclusions du G20, a répondu Pierre Moscovici, montrent bien «que nous cherchons un équilibre entre le sérieux budgétaire auquel nous ne renonçons pas» et la nécessité «du maintien de la croissance à court terme». «La prise en compte de la dégradation de l’économie doit nous permettre de ne pas ajouter de l’austérité à la récession» a ajouté le ministre des finance Français.

Les «engagements de Toronto» ne sont plus, vous l’avez compris, explicitement mentionnés dans la déclaration de Moscou, ce qui ne manquera pas de décevoir la chancelière Allemande, qui est encore la Grande favorite pour briguer un troisième Quinquenat si l’on en croit l’opinion populaire et du Bundestag. ( rappelons au passage que c’est le Bundestag (parlement Allemand) qui vote pour élire le chancelier fédéral ) Mais la soif exportatrice Chinoise et Allemande fait également grincer des dents au G 20 car ces pays forcent des déséquilibres qui finissent in fine par inciter certaines banques centrales à tenter de dévaluer leur monnaie (chutttt…) pour combler le déficit de la balance commerciale.

N’oublions pas le Japon, dont les relations diplomatiques sont tombées à un plus bas avec la Chine et qui ne s’arrangent pas non plus avec l’Europe suite à la décision d’accélérer la planche à billet et la chute du Yen qui s’en ait suivie, et qui continue. L’économie du pays ne répond plus et faire marcher la planche à billet semble être la dernière alternative pour maintenir à flot une île endettée à hauteur de 250 % de son PIB.

Les banquiers centraux de chaque pays du top 20 n’ont pourtant pas laissé entendre que ce G20 allait changer leurs politiques monétaires. La fuite en avant continue donc pour les États-Unis et le Japon concernant leur endettement.

Comme anticipé, les États-Unis (tout comme l’UE…) se sont néanmoins apparemment entendus pour que les objectifs du G20 de Toronto soient revus à la baisse et notamment la partie concernant la réduction des déficits budgétaires. En effet, les chefs d’État s’étaient engagés a réduire de moitié les déficits budgétaires d’ici 2013 et le début du recul de la dette totale d’ici 2016. Un objectif déjà hors d’atteinte pour les USA qui sont toujours encore de marchander entre démocrates et Républicains sur l’ampleur des réductions budgétaires qui auraient déjà du entrer en vigueur au premier janvier. Un changement qui aura très probablement largement été poussé par la France alors que Jean-Marc Ayrault a déjà annoncé que ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB (Il était à 6,5 % lors du sommet de Toronto et 4,5 % en 2012) sera difficile… L’UE, vingtième membre du G20 a été complice de cette décision.

Conséquence : Le communiqué du G20 reste platonique pour ne froisser personne appelant simplement chaque pays à mettre en œuvre des « stratégies budgétaires de moyen terme crédibles ». Chacun reste donc libre de changer ou, surtout, continuer leurs politiques. Il s’agit de déclarations rituelles qui veulent simplement dire que nous avons au moins deux camps qui s’affrontent. Ceux qui veulent que l’endettement ralentisse (pays en excédent commercial) et ceux qui souhaitent relever les objectifs de déficit afin de ne pas s’empêtrer dans la récession (les USA, le Japon, la Zone Euro ont tous enregistré un trimestre de contraction du PIB au T4 2012).

Conformément au vœu exprimé le 12 février par le G7, les vingt ministres des finances ont donc proclamé la bouche en cœur qu’ils « s’abstiendront de pratiquer la dévaluation compétitive », qu’ils ne manipuleront pas leur taux de change « pour améliorer leur compétitivité » et qu’ils « résisteront à toutes formes de protectionnisme ». Le G20 fonctionnant par consensus, tout blocage politique débouche sur de tels rappels de grands principes macro-économiques qui ne fâchent personne.

Concernant la « guerre des monnaies », le communiqué propose seulement de chercher à « minimiser les conséquences négatives sur les autres pays de politiques menées à des fins domestiques »… Pas de réprimandes officielles nominales, tout va bien, continuons à monétiser la dette jusqu’à ce que l’hyperinflation soit de retour. Et si la BCE faisait de même ? Cela n’équilibrerait-il pas les débats ?.. Si ce n’est pas fait d’une manière ou d’une autre via les politiques monétaires « non standard » de la BCE, la tendance haussière de l’Euro risque de perdurer à mesure que les taux d’emprunt des pays en difficulté reculent dans la Zone Euro. Même constat pour le Yen qui devrait, sauf surprise durant le G 20 des chefs d’état, continuer de se déprécier. La Livre ? Tout dépendra de la politique monétaire que va mettre en place Mark Carney mais tout porte à croire que la politique sera accomodante.

Notons également que l’OCDE (organisation internationale basée à Paris) a été mise à l’honneur en se voyant confié la rédaction d’un rapport à propos de l’évasion fiscale qui servira de base pour les ministres des finances afin d’avancer sur ce sujet épineux des paradis fiscaux, toujours bien présent malgré la liste noire dressée lors du G20 présidé par la France. Un autre volet qui a également sa responsabilité dans les déséquilibres économiques mondiaux. En effet, rappelons pour finir que la moitié de l’économie mondiale est « souterraine », ne payant donc pas d’impôts. L’Europe va-t-elle remettre le dossier de la taxe sur les transactions financières sur la table alors qu’une bonne partie des pays Européens se sont récemment engagés à mettre en place cette taxe Tobin.

Copyright © 2013 Professeurforex.com. Tous droits réservés