Actu Forex – Chypre : Retour sur le vent de panique sur le forex généré par Dijsselbloem suite à l’annonce du plan d’aide

(ProfesseurForex.com) – Le plan d’aide à Chypre conclu hier n’avait pas de quoi réjouir les marché, bien qu’il permette à priori de sauver le pays, et surtout son secteur bancaire, de la faillite. L’EUR/USD en avait fait les frais sur le marché des devises, avec une très nette chute qui a amené la paire sur des creux dans la zone des 1.2850.

Mais ce qui a amplifié largement la réaction des traders, notamment sur le forex et sur l’EUR/USD, aura été ce qui peut être appelé une erreur de communication de la part de Jeroen Dijsselbloem, le fraichement élu chef de file les ministres des finances de la Zone euro, en d’autres termes l’un des décideurs les plus influents de l’Union Monétaire.

Revenons tout d’abord sur les termes du plan d’aide à Chypre : Conclu dans la nuit de dimanche à lundi, l’accord vise à éviter une faillite des grands établissements bancaires de l’île. Dans ce but, il fait peser l’essentiel de l’effort financier sur les créanciers et les gros déposants. La Laiki Bank sera liquidée et les comptes d’un montant supérieur à 100 000 euros pourraient subir des pertes de 30 à 40%. C’est une approche totalement nouvelle, qui n’avait par exemple pas été retenue dans le cas de ‘Irlande en 2010, où les contribuables avaient payé de leur poche pour sauver un secteur bancaire surdimensionné et au bord de la faillite.

Voir le secteur privé mis à contribution aussi largement n’a rien pour plaire au marché, ne serait-ce que dans le cas isolé de Chypre, mais l’impact de ce plan d’aide « nouvelle génération » a été nettement accentué lorsque Dijsselbloem a sous entendu que la solution trouvée pour Chypre pourrait pourrait servir de modèle, applicable dans d’autres éventuelles crises.

«Si nous voulons avoir un secteur financier sain, le seul moyen est de dire: « Si vous prenez des risques, vous devez les assumer, et si vous ne pouvez pas le faire, vous n’auriez pas dû les prendre, et la conséquence peut être la fin de la partie. C’est une approche qui devrait être la nôtre maintenant que nous ne sommes plus au coeur de la crise» a-t-il en effet déclaré.

De son avis tranchant, le Financial Times jugeait à ce sujet que l’application du modèle chypriote aux futures crises constitue «un appel direct aux déposants de la zone euro, pour qu’ils sortent leur argent maintenant et le dispersent parmi les plus grosses banques disponibles. C’est un appel direct à se débarrasser des obligations bancaires. C’est un appel direct à supposer que le FESF, le MES vont être écartés en faveur d’une contribution des déposants à travers les continent.»…

De son côté, Benoit Coeure, de la BCE estime que «M. Djisselbloem a eu tort de dire ce qu’il a dit. L’expérience de Chypre n’est pas un modèle pour le reste de la zone euro parce que la situation avait atteint une ampleur qui n’est comparable à aucun autre pays.»

Quant au commissaire européen aux Services financiers, Michel Barnier, il ne croit quant à lui pas «qu’il existe dans le marché unique une situation de la même nature que celle de Chypre ».

Face à ces réaction Dijsselbloem est rapidement revenu en arrière, précisant hier soir que «Chypre est un cas spécifique, présentant des défis exceptionnels [Et que] les programmes d’ajustement macro-économique sont faits sur mesure en fonction de la situation du pays concerné et aucun modèle ou patron n’est utilisé».

Mais en ce qui concerne le forex et plus particulièrement l’euro, le mal était fait, et le changement de discours de la part du chef de file des ministres des finances de la Zone euro n’a pas permis à la paire EUR/USD de remonter, et celle-ci évolue d’ailleurs ce mardi en début d’après-midi proche de ses derniers plus bas.

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