Le point sur l’état de l’économie US et les conséquences des coupes budgétaires automatiques

(ProfesseurForex.com) – La révision de la croissance du PIB au T4 a été plus mince qu’anticipé, supportée par une contribution positive de la balance commerciale (révisée de -0,3 à 0,2), la demande domestique du secteur privé n’ayant été que marginalement révisée (à +3,2 % contre 3,1 % en première estimation).

La croissance en 2012 aura donc été de 2,2 %, après 1,8 % en 2011. La décomposition du PIB est assez semblable d’une année sur l’autre avec une demande finale des entreprises et des ménages en hausse de 3 % (après 3,1 % en 2011), un recul des dépenses gouvernementales (-1,7 % après -3,1 %) et de faibles contributions des stock. Notons que la croissance des dépenses des ménages moins soutenue par la consommation mais davantage par l’investissement résidentiel (il avait reculé chaque année depuis 2006 mais enregistre en 2012 sa première progression (+12,1 %).

La FED s’attribue largement les mérites de cette embellie immobilière en mettant en avant sa politique de taux d’intérêt bas et ses QE. Les avantages du QE sont donc clairs pour la FED mais le coût potentiel de faire marcher la planche à billet l’est moins… Les risques de décrochage des anticipations d’inflation ou de mauvaises anticipations des risques par le secteur privé pourraient dans un futur plus ou moins lointain… créer une instabilité financière qui est très surveillée par la FED. La stratégie de sortie de la FED sera bien moins évidente que celle de la BCE d’autant plus que Ben Bernanke a récemment déclaré cette semaine devant le Congrès Américain que le FOMC n’entendait pas changer de si tôt l’orientation de sa politique.

Le timonier de la FED a également une nouvelle fois appelé les politiques à faire le grand ménage budgétaire tout en s’assurant que ce dernier ne pèsera pas excessivement sur les perspectives de croissance.

En effet, l’intervention de Ben Bernanke devant le Congrès cette semaine est intervenue quelques jours avant la dead line des coupes automatiques, « the sequester », dans les dépenses de l’Etat fédéral, qui sont entrées en vigueur vendredi 01 mars. Rappelons que ces coupes budgétaires ont été décidées en 2011 lors du dernier relèvement du plafond de la dette durant l’été et qu’elles visent à réduire les dépenses de 1200 Mds $ sur dix ans. Une première moitié impacte le budget de la défense et une seconde les dépenses discrétionnaires de l’Etat. Pour l’exercice budgétaire en cours (commencé en octobre 2012), l’impact sera de 85 Mds, soit 0,5 point de PIB. Peu comparé aux 45 Mds de dette que la FED monétise chaque mois…

Le jeu politique étant ce qu’il est de l’autre côté de l’Atlantique, aucune des différentes propositions (républicaines ou démocrates) visant à modifier ces coupes budgétaires systématiques sur toute les lignes budgétaires ne fait pour l’instant consensus. Des réductions grossières donc, sans réelles stratégies visant à préserver la croissance fébrile du pays (croissance quasi nulle au T4 2012) sont désormais entrées en vigueur.

EUR/USD : Le Dollar n’a pas énormément souffert de cette décision vendredi soir malgré un mini rallye haussier dans les dernières heures de cotation. En effet, l’Italie et les mauvais chiffres économiques de la Zone Euro ont contribué à maintenir la monnaie unique sous pression. Mais il ne faut pas sous-estimer l’importance de la question car d’ici la fin du mois, le Congrès doit voter la loi de financement de l’Etat pour la fin de l’exercice budgétaire. Gardons donc désormais la date du 27 mars en tête pour d’éventuelles avancées politiques autour du budget largement déficitaire de l’oncle Sam.

Copyright © 2013 Professeurforex.com. Tous droits réservés