Actu Forex – Zone EUro : Traduction de l’Interview de Jens Weidmann (président Bundesbank) par le Wall Street journal

(ProfesseurForex.com) – Jens Weidmaan, le président de la Bundesbank, a tenu une interview pour le Wall Street Journal. Il a abordé les perspectives économiques, les prochaines réunions du FMI et le récent plan de sauvetage de Chypre.

WSJ (Wall Street Journal) : Comment voyez-vous évoluer l’économie de la Zone-Euro ?

Weidmann : Les ingrédients de reprise sont toujours là. L’économie mondiale se raffermit. La compétitivité et les finances publiques des pays périphériques montrent des signes d’amélioration.

La politique monétaire reste très accommodante. Il est vrai qu’en Allemagne, les données récentes ont été mitigées. Les indicateurs de confiance ont augmenté très fortement dans les premiers mois de l’année, mais maintenant, nous avons vu un certain contrecoup. Nos prévisions pour l’Allemagne sont fondées, la reprise doit être soutenue par une économie structurellement solide et un marché du travail très robuste.

WSJ : Qu’est-ce que la BCE peut faire de plus ?

Weidmann : Tout le monde se demande ce que la banque centrale peut faire de plus au lieu de se demander en quoi les autres décideurs peuvent y contribuer. Il ne faut pas penser que les banques centrales sont les seuls acteurs restant sur la scène et elles ont déjà participé énormément pour le bien de la Zone-Euro. De plus, nous avons des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas. Nous fournissons des liquidités de manière illimitée aussi longtemps qu’il y aura de garanties suffisantes.

WSJ: Vous nous aviez prévenus plus tôt dans l’année à propos d’éventuelles inquiétudes concernant l’indépendance des banques centrales, vous aviez cité le Japon et la Hongrie. Vos soucis se sont-ils atténués ?

Weidmann: Le risque d’une politisation des banques, c’est un sujet très actuel. Etant donné que les banques centrales assument de plus en plus de tâches, la frontière entre politique monétaire et budgétaire devient parfois floue. Nous assistons en ce moment même à un très large débat sur l’indépendance des banques centrales. C’est sous cet angle que j’ai exprimé mes préoccupations en ce qui concerne le Japon. La Hongrie est un autre exemple, ce n’est que la pointe de l’iceberg en ce qui concerne la politisation des banques centrales.

WSJ: Vous avez également mis en garde contre la tentation d’utiliser les taux de change pour stimuler la croissance. Craignez-vous que l’euro porte le poids de l’ajustement global en restant souple même quand l’économie est faible ?

Weidmann: Tout d’abord, le taux de change de l’euro reflète aussi le fait qu’il y a une réelle confiance en la Zone-Euro existe. De ce point de vue, je prendrais cela comme un bon signe.

Dans le détail, le taux de change effectif de l’euro n’est pas excessivement hors-sujet avec les fondamentaux. Il faut tout de même garder à l’esprit la récente déclaration du G20 condamnant les manipulations des taux de change. Je dirais que tout le monde doit respecter cet engagement.

WSJ: Est-ce que la Zone-Euro doit avoir un superviseur bancaire avant la résolution de la banque?

Weidmann: Pour moi, l’union bancaire repose sur deux piliers. Le premier est le mécanisme de contrôle unique et l’autre est le mécanisme de résolution. Donc, idéalement, ils devraient être établis ensemble. De toute façon, l’engagement de procéder à l’union bancaire a été de nouveau confirmé lors de la réunion informelle Ecofin (sommet informel des responsables des finances de la Zone-Euro lors du week-end dernier à Dublin).

WSJ: Pensez-vous qu’il reste beaucoup de temps pour redresser cette rupture? Il y a toujours des préoccupations depuis le cas de Chypre …

Weidmann: Le cas de Chypre n’est pas contagieux. Au contraire, c’est en principe une bonne chose, cela signifie que les contribuables n’ont pas toujours à intervenir pour renflouer les banques. Cependant, Chypre n’est pas un plan. C’est un cas très particulier en raison de la taille du secteur bancaire et de la structure de financement de ses banques. Le cas de Chypre montre combien il est important d’avoir un mécanisme de résolution ordonné avec un ordre hiérarchique clair impliquant en premier l’équité.

WSJ: Certaines personnes étaient contre l’idée d’inclure les déposants dans le renflouement des banques. L’idée semblait plus ou moins vous convenir, non ?

Weidmann: Assumer les conséquences de vos décisions est un principe fondamental d’une économie de marché. Je pense que l’exemple de Chypre va également rappelé aux investisseurs que lorsque les taux d’intérêt sont élevés, le risque est également plus élevé. Il reste important que les déposants soient le dernier recourt dans l’ordre hiérarchique.

WSJ: Le sujet d’une Allemagne trop dominante vous inquiète-il ?

Weidmann: Les processus d’ajustement dans certains pays sont douloureux. Il faut néanmoins garder à l’esprit que sans la participation active de l’Allemagne au mécanisme de sauvetage européen, ces processus auraient encore été plus brutaux. L’Allemagne joue son rôle dans le sens où elle endosse une grande partie du fardeau du plan MES en fournissant des garanties et des capitaux, prenant ainsi le risque substantiel. De plus, les tentatives de réduction artificielle de la compétitivité allemande pourraient nuire à la Zone-Euro dans son ensemble.

WSJ: Les perspectives du personnel de la BCE annonce une inflation de 1,3% en 2014. Est-ce compatible avec la stabilité des prix?

Weidmann: Comme vous le savez, notre objectif cherche à avoir un taux d’inflation proche mais inférieure à 2% à moyen terme. D’ailleurs, je n’essaye pas d’affiner les prévisions aux décimales, je pense que cela pourrait surestimer la capacité à prévoir et à piloter le taux d’inflation.

WSJ: Les prix resteront stables ?

Weidmann: Comme nous n’avons pas modifié les taux d’intérêt lors de notre dernière réunion, cela signifie que nous considérons que notre politique monétaire est appropriée. Encore une fois, les taux d’intérêt dans la Zone-Euro sont historiquement bas. La politique monétaire est déjà très expansionniste et je ne pense pas qu’elle la question clé.

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