France : Moody’s salue les progrès de la France, aucune dégradation en vue à moyen terme

(ProfesseurForex.com) – En Novembre, l’agence de notation Moody’s avait dégradé la note souveraine française d’un cran, la faisant passer du « AAA » si prisé à Aa1, le tout avec une perspective négative.

Six mois plus tard, la note ou la perspective pourraient-elles encore changer ? A en croire Dietmar Hornung, analyste en chef pour la France, cela n’arrivera pas dans les prochains mois. Selon lui, la France a fait des progrès, les mesures comme le crédit impôt compétitivité ou l’accord entre syndicats et patronat sur le marché du travail vont dans le bon sens, cependant  leurs effets doivent encore être mesurés :

«  La perspective négative que nous associons à la note de crédit reflète nos inquiétudes sur la perte de compétitivité du pays, sur son marché du travail fragmenté et sa situation budgétaire »

Les deux ans de délai accordés par Bruxelles pour ramener le déficit à 3 % du PIB soulageront-ils la France ?

«  Non, c’est plutôt une preuve que la situation est difficile, que le gouvernement fait face à des défis importants », répond l’analyste.

Pas de rebond avant 2014

Moody’s anticipe un repli du PIB de 0,4 % cette année en France et une hausse de 0,5 % en 2014, la réduction de la dette pesant sur la consommation intérieure selon Dietmar Hornung

L’amélioration de la situation dans la zone euro, depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a assuré qu’elle ferait tout pour sauver l’euro, n’est pas non plus un argument suffisamment fort pour Moody’s, continuant d‘estimer la « variable européenne » plutôt comme un handicap pour la France.

«  Les fonds de secours européens et le programme d’achat de dette publique déjà effectué par la BCE ou à venir (via le programme d’achat de titres baptisé OMT) représentent des engagements conditionnels (contingent liabilities) pour le bilan de la France

Quant à la politique monétaire elle-même, elle a eu des effets bénéfiques indéniables, et des effets pervers. »

Selon lui, la BCE fait en sorte que les conditions de financement soient bonnes et qu’il y ait moins de risques d’assèchement du marché au niveau de la liquidité. En contrepartie, cela tend à encourager une certaine complaisance des Etats et de la zone euro. Cela est par exemple observable dans le cadre du projet d’union bancaire, n’avançant pas aussi vite que prévu. Or ce dernier permettra de s’attaquer de façon adéquate au problème de fragmentation financière, qui est, selon Moody’s, un problème important qui pèse sur la stabilité de la zone euro à long terme.

À noter :

Standard & Poor’s, qui a dégradé la note de la France en janvier 2012, a récemment salué la volonté de réforme du gouvernement, entretenant l’espoir d’un relèvement des perspectives de crédit à stable.

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