La Chine ralentit, une nouvelle crise couve-t-elle ? Quid du Yuan ?

(ProfesseurForex.com) – La Chine a opéré une mutation formidable depuis une trentaine d’années, parvenant à doubler le « revenu national brut par tête » de plus de 500 millions de citoyens au cours des 12 dernières années alors qu’il représentait le tiers du revenu africain à la fin des années 80. Ce qui fut un jour un pays rural et une économie agricole s’est désormais transformée en une économie urbaine et diversifiée, grâce à l’état planificateur.

Voilà trente ans que la Chine a orienté son économie à l’exportation. Il s’agit de créer entre 15 et 20 millions d’emplois par an pour absorber ces ordes de paysans attirés par les lumières des villes côtières.

Mais cette frénésie de croissance s’est accompagnée de déséquilibres économiques grandissants alors que justement les principaux piliers de la croissance Chinoise semblent s’étioler. En effet, les forts taux de croissance étaient liés à de forts ratio investissement/PIB, ce qui a été possible grâce à des salaires extrêmement bas, une consommation intérieure limitée, des soutiens financiers à bas coût et surtout une demande internationale forte pour les produits Chinois.

Ce dernier facteur pèse sur l’économie Chinoise et alors que l’indice PMI manufacturier est retombé en avril en zone de contraction, les officiels Chinois multiplient les sorties pour tenter de garder son hégémonie exportatrice avec par exemple la récente dispute avec l’UE autour de la taxation des importations de panneaux solaires Chinois.

Angela Merkel est mise sous pression par l’industrie allemande qui aurait beaucoup à perdre dans un conflit économique avec l’Empire du Milieu. La chancelière Allemande a reçu hier pour la première fois le premier ministre Chinois, Mr Li Keqiang, depuis sa prise de fonction en mars dernier.

Mais ce bras de fer sera difficile à remporter. Les États-Unis, eux, demandent depuis de nombreuses années que la Chine laisse sa monnaie s’apprécier afin de rééquilibrer les échanges commerciaux. En effet, la Chine a bloqué son taux de change autour de 6.1 Yuans pour un Dollar (USD/CNY = 6.1). Un taux de change relativement déloyal qui a permis d’engranger les plus grandes réserves monétaires mondiales. 3 450 milliards de Dollars… La Chine adopte une la vieille recette mercantiliste (Tout comme l’Allemagne) qui consiste à obtenir une balance commerciale la plus excédentaire possible, avec pour conséquence d’exporter chez nous ses produits et d’importer nos emplois.

Depuis 2008, la demande mondiale a fortement reculé, notamment celle des pays occidentaux. Pour garder ses taux de croissance insolents, la Chine a dû construire des usines surcapacitaires, des aéroports sans trafic ou encore des villes fantômes.

Le crédit est donc allé bon train et Etat, provinces ou encore entreprises publiques accumulent déosrmais ensemble une dette avoisinant les 200 % du PIB selon les estimations alarmantes de la Northwestern University. La croissance permet d’avaler ces dettes mais le ralentissement économique auquel ne semble pas pouvoir échapper la Chine risque fort de révéler des problèmes bancaires importants, pour changer…

La Chine doit se réinventer, et vite, car avec une consommation intérieure ne représentant que 34 % du PIB contre 50 % pour l’investissement.. ! Le secteur industriel, boosté par le Yuan faible, s’accapare toute la rente et il apparaît aujourd’hui urgent que la Chine inverse ces chiffres, notamment en rehaussant la valeur de sa monnaie afin de forcer ce rééquilibrage qui ne sera fera probablement pas sans peines mais qui semble inéluctable pour apaiser les relations internationales. En effet, laisser le yuan s’apprécier pour organiser un transfert de richesses vers les consommateurs pourrait faire chuter la compétitivité du pays et freinerait la croissance à 3 ou 4 % par an.

Chaque jour, Pékin définit un cours pivot autour duquel le yuan est autorisé à fluctuer, dans la fameuse marge de 1 %. Et, selon des analystes interrogés par le quotidien anglo-saxon des affaires, cette bande de fluctuation pourrait être élargie à 2 %, soit le deuxième élargissement en deux ans. Un signe qui laisse penser que le pays pourrait, à long terme, rejoindre le système des changes flottants, comme la majorité des autres monnaies échangées librement.

Barak Obama aura l’occasion de rencontrer son homologue Chinois, Mr Xi, lors du sommet des 7 et 8 juin, pour discuter de l’épineuse question du taux de change Chinois. Beaucoup d’autres sujets risquent d’influencer le destin des relations économiques des deux géants. Notons par exemple les « divergences » de vue en ce qui concerne l’Iran, la Corée du Nord, les revendications territoriales envers les alliés des Américains que sont les philippines et le Japon ou encore les cyber-attaques visant souvent à dérober des secrets technologiques…

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