Zone Euro : Wolfgang Schaeuble veut une hiérarchie claire au sein de l’Union Bancaire, Analyse en détail

(ProfesseurForex.com) – Le ministre des finances Allemand, Wolfgang Schaeuble estime qu’il y a de bonnes chances que le budget fédéral soit à l’équilibre en 2015. Une très bonne nouvelle pour la Zone Euro puisqu’il y aura donc plus d’investissements en Euro pour la dette des pays encore loin de cet équilibre budgétaire, à commencer par la France qui a promis d’être à l’équilibre en 2017. Il y a du pain sur la planche ! (Il faut trouver 100 milliards par an, largement à l’exportation, ou autrement dit, la facture énergétique pétrolière de la France. Il n’y a pas de pétrole en France:(

Autre information importante, le ministre répète que la BCE ne « peut pas se substituer aux politiques structurelles internes aux Etats ». On ne desserre pas l’étau sur la planche à billets qui, soit dit en passant, si utilisée à outrance, débouche tôt ou tard sur un franc coup d’accélération de l’inflation et donc sur vos économies, et des bulles à répétition… qui ont déjà éclaté dans divers secteurs bancaires Européens voir même des États eux même… (Grèce).

Dernière mauvaise nouvelle pour les pays ayant des difficultés financières… Wolfgang Schaeuble veut qu’une « claire hiérarchie des passifs bancaires soit instaurée au sein de l’union bancaire ».

Par nationalité ? Par cartels bancaires ? Par ratio clients/Bilan ? Qui vote dans ce superviseur bancaire suprême ? Quid du poids de Londres ? Quel rôle pour le parlement Européen ? Qui passe à la caisse en premier dans cette union bancaire ?

Union bancaire vous dites ?

Il s’agit ni plus ni moins que de réguler l’ensemble des banques, les fameuses contreparties des dettes des Etats, des entreprises et de vous même. Enfin, une partie. Le projet ambitieux porté par la France a été réduit aux seuls établissements « systémiques » Too big too fail (actifs supérieurs à 30 Mds d’après la définition Allemande), et donc réputés incontrôlables. C’est apparemment la BCE qui héritera de ce rôle, elle qui a pour mission historique de garder les politiques loin de la tentation de créer de l’inflation.

Nous avons désormais tout de même une idée de cette union bancaire avec Chypre, dont les dépôts supérieurs à 100 000 Euros « avec une préférence pour les déposants », pour reprendre les mots de Michel Barnier, commissaire Français Européen chargé du dossier Union bancaire, seront amputés pour que les banques puissent récupérer un ratio dette/capital décent en vertu des normes de Bâles III, décidées au sein de la BEI. Ce sont donc grosso modo les 5 % les plus riches qui payeront… (il serait intéressant de connaître la moyenne par pays). Les ¾ des dépôts supérieurs à 100 000 Euros des comptes des banques concernés seront donc confisqués avant que la solidarité Européenne n’intervienne. Ce ratio reste certainement un sujet de discorde (l’Espagne a déjà fait savoir via son ministre des finances qu’il n’était pas question de pratiquer un haircut sur les dépôts) et dépendra probablement de la taille du secteur bancaire rapporté à la population du pays.

Bref, en somme, le ministre des finances Allemand veut bâtir la croissance à partir de budgets à l’équilibre et une union bancaire dont les dépôts supérieurs à 100 000 euros pourront être saisis afin de remettre de l’ordre dans le Bilan des banques avant que ce ne soit l’argent du citoyen lambda Européen qui ne soit utilisé via l’inflation que créerait un QE de la part de la BCE ou via le MES (qui est financé par les Etats et majoritairement par l’Allemagne).

Ces mots sont prononcés alors que l’on apprend tout de même qu’une enveloppe de 10 milliards va être accordée par une banque publique Allemande aux pays en difficulté. Les records du chômage des jeunes dans certains pays comme l’Espagne, le Portugal et peut être la Grèce. Cela inquiète en haut lieux Européen…

Un lot de consolation a été attribué au parlement Européen qui aura un droit de veto concernant la nomination des présidents et vice-président de l’organe législateur. Concernant Londres, une part conséquente devrait lui être attribué, la question reste épineuse. Quoi qu’il en soit, l’Allemagne pourrait bien avoir le dernier mot dans cette union bancaire.

Les étapes suivantes concerneront la mise en place d’un « cadre unique pour la résolution des crises bancaires » et d’une « garantie commune des dépôts ». Or, ces deux pièces majeures de l’union bancaire supposent une solidarité financière qui, pour être crédible, devrait être adossée à une vraie capacité budgétaire commune. Autrement dit, l’union bancaire a partie liée avec la constitution d’une union budgétaire (ce que propose l’Allemagne mais que refuse la France tant que les Euro-obligations n’auront pas été rajoutées au dispositif), qui elle-même suppose de progresser en termes d’union politique et de contrôle démocratique sur les décisions communautaires. Or sur ces points, désormais identifiés comme essentiels pour parvenir à une véritable union économique et monétaire, l’agenda n’avance pas pour le moment…

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