L’avis des banques – EUR/USD : Réduction du QE de la Fed, orientation future de la BCE et impact sur la paire selon Goldman Sachs

(ProfesseurForex.com) – Les dernières semaines ont vu s’enchainer d’importants changements dans la communication des banques centrales majeures. Cela a affecté les différentiels des taux à court terme, ce qui à son tour tend à corréler les taux d’intérêts eux-mêmes, en tous cas pour ce qui traite du court terme. Afin d’avoir une perspective sur la question, Goldman Sachs a analysé les récents changements de politique monétaire de la Fed et de la BCE et comme cela interagira avec l’EUR/USD au cours des prochains mois.

A commencer par la Fed, voici l’avis de la banque :

« La Fed a pré-annoncé une « réduction » des rachats d’actifs sur une période indéterminé dans le cadre du QE3. D’après nos prévisions actuelles, nous estimons que cette réduction débutera en Septembre et que la Fed aura effectué le dernier rachat d’ici mi-2014. De plus, les marchés ont commencé à intégrer dans leurs cours la première hausse de taux directeur de 0,25% à 0,50%, augmentation anticipée par le consensus pour le second trimestre 2015. Cependant, nous estimons que les données économiques américaines ne satisferont probablement pas la Fed d’ici là. Nous nous attendons à ce que la première réhausse du taux directeur se fasse début 2016. Malgré des améliorations, l’inflation et les données de l’emploi resteront probablement en-dessous des objectfs, implicites comme explicites.

Par conséquent, le risque est que les attentes en matière de taux court terme aient été exagérées et aient anticipé un resserrement monétaire trop important trop rapidement. La dernière réunion du FOMC a également fortement mis l’accent sur le fait que la réduction du QE ne devrait pas être confondue avec la hausse du taux directeur. De façon générale, les risques à court terme sont donc tournés du côté d’un resserrement moins préventif qu’il ne l’a été intégré dans les cours, ce qui fait partie intégrante de notre prévision. »

Concernant la BCE, Goldman Sachs en dégage le tableau suivant :

« La BCE a seulement commencé à s’engager sur la voie de taux bas pour « une période prolongée de temps », avec une orientation plus explicite. C’est une communication nouvelle et plus dovish visant à renverser les liquidations mondiales d’actifs liées au resserrement monétaire de la Fed.

De plus,  la BCE reste une banque centrale strictement articulée autour de l’inflation, et ses prévisions de croissance et d’inflation font qu’elle n’effectuera pas de hausse de taux directeur avant un moment.

En effet, la BCE a discuté d’un possible abaissement de ce dernier depuis un certain temps, comme son président Mario Draghi l’a indiqué lors de la récente conférence de presse qu’il a tenu. D’un autre côté, les données de ces derniers mois pointent vers une légère augmentation de l’inflation et une stabilisation de la périphérie, ces deux éléments rendant la probabilité d’un abaissement du taux directeur moins probable. En accord avec cette évaluation, les attentes de la BCE en matière de politique monétaire n’ont pas tellement évolué et les taux swap à 2 ans de la Zone Euro restent proches de la moyenne qui prévalait il y de ça un an. De façon générale, les taux semblent relativement en accord avec les attentes du marché. »

Enfin,  la banque dresse la synthèse sur la paire de cette toile de fond :

« Le récent déclin de l’EUR/USD sur le forex et les rebonds subséquents ont coïncidé avec les changements dans les différentiels de taux. De plus, la simple stabilisation des attentes de la Fed en matière monétaire devrait suffire à révéler les pressions vendeuses sous-jacentes au dollar, en particulier vis-à-vis de l’euro,  La Zone Euro a revêtu une position bien plus solide que les Etats-Unis et il y a des signes montrant que la croissance de la périphérie se stabilise. Les pressions baissières sur le Dollar Index (DXY) peuvent être en partie compensé par des pressions vendeuses encore plus fortes sur les devises de l’UE, le tout couplé à des fondamentaux fragiles.

Cependant, étant donné que toutes les devises ne peuvent se déprécier au même moment sur le forex, au moins une doit se renforcer. Ce qui fait qu’il est encore plus probable que les devises européennes surperformeront par défaut, malgré « l’orientation future » additionnelle de la BCE. Nous continuons d’anticiper une reprise progressive de l’EUR/USD pour observer un cours à 1,40 sur un horizon de 12 mois.  »

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