La Grèce va-t-elle faire tomber Angela Merkel ?

(ProfesseurForex.com) – Il est temps de faire un petit point de parcours sur la locomotive Européenne alors que les élections du 22 septembre avancent à grand pas.

Voici quelques faits :

-Le PIB a progressé de 0.7 % d’un trimestre sur l’autre au deuxième trimestre

-L’institut économique Allemand IDW table sur un ralentissement au T3 avec 0.3 % de croissance

-Le gouvernement a engrangé un excédent budgétaire au cours du premier semestre 2013

-La baisse des taux d’emprunts Allemands depuis le début de la crise de la dette a permis au pays d’économiser presque 50 Milliards d’Euros

-Le marché du travail reste solide, le taux de chômage bas (6.8 %)

-Le sentiment des consommateurs est au plus haut depuis 6 ans mais concernant les 6 mois à venir, les Allemands restent prudents

-Le sentiment des investisseurs est également positif. L’indice ZEW est au plus haut depuis l’été 2010

Un bilan qui place la Chancelière en tête

Autant dire que le Bilan de la chancelière est assez glorieux à l’heure des nouvelles élections au cours desquelles Angela Merkel va tenter de briguer un troisième mandat. Et d’après les sondages,  sa coalition CDU/CSU (l’Union chrétienne démocrate (CDU), l’Union chrétienne sociale (CSU)) reste largement en tête avec 40.3 % d’intentions de vote. Le SPD vient ensuite (24.2 %), puis GRÜNE (12.7 %), Linke (8.2 %), FDP membre de la coalition (5.5 %), PIRATEN (2.9 %) et AFD (2.5 %). Mieux, Angela Merkel jouit d’une côte de popularité de 60 %. De quoi rendre jaloux certains chefs d’état…

Le grain de sable Grec

Mais un grain de sable Grec est venu s’immiscer dans la belle mécanique de la Chancelière. En effet, le ministre des finances Allemand a mis les « roues » dans le plat en avouant publiquement que la Grèce aura besoin d’un nouveau plan d’aide. Un plan d’aide toutefois bien plus modeste que les précédents (250 Mds) et qui devrait tourner autour de 11 Mds comme l’a indiqué aujourd’hui Wolfgang Schaeuble.

« Le montant de 11 milliards d’euros évoqué par le Fonds monétaire international (FMI) au sujet de l’aide supplémentaire dont la Grèce pourrait avoir besoin d’ici 2015 n’était « pas complètement irréaliste » a-t-il déclaré précisément. Une nouvelle restructuration de la dette Grecques (107 Mds offerts jusque là, abandonnés par les banques) est toutefois hors de question.

Sortie calculée de la part du ministre des finances ?

Sortie maladroite du ministre des finances risquant la campagne d’Angela Merkel ? Il n’est pourtant pas sans ignorer que les Allemands sont massivement hostiles à l’idée de nouvelles aides en faveur des pays européens en difficultés…

La ministre a plutôt crevé l’abcès avant que les rumeurs de manipulation de la part de la chancelière sur le dossier Grec ne s’enflamment. En ce sens, le fait que la Grèce soit actuellement au centre des débats ne surprend plus.

Cela peut-il vraiment changer la donne ?

La chancelière est actuellement attaquée sur sa gestion du cas Grec et son mutisme face au scandale de l’espionnage des Américains au sein même du conseil Européen des chefs d’état.

Peer Steinbrück, accessoirement ancien ministre des Finances entre 2005 et 2009 lors du premier mandat d’Angela Merkel est le principal rival de la chancelière et leader du SPD. Il a récemment enfilé les gants de boxe en utilisant la Grèce ces derniers jours pour tenter de grappiller du terrain.

Mais en définitive, cette campagne est ennuyeuse et il n’y a bien que la Grèce pour sortir le débat de sa topeur. En effet, la chancelière reprend à son compte les grands combats de l’opposition et reste extrêmement populaire. L’issue est quasi certaine. Circulez, il n’y a rien à voir…

Le slogan d’Angela merkel : « Deutschland ist stark, so soll es bleiben » (« L’Allemagne est forte, cela doit rester ainsi »)

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