L’Allemagne refuse de remettre au pot Grec avant les élections et plombe l’Euro

Germany refuses new Greek bailout plan

Le premier ministre Grec et Angela Merkel

(ProfesseurForex.com) –La Bundesbank est réaliste

La Bundesbank, la banque centrale allemande, estime qu’un nouveau plan de sauvetage financier de la Grèce va devoir être mis en œuvre, au plus tard début 2014, rapporte l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel ».

Alors que timidement des signes de reprises pointent en Europe, un pays (parmi d’autres, il faut être honnête) continue, encore et toujours, d’afficher une récession profonde. En effet, le PIB du pays a reculé de 4.6 % par rapport au premier trimestre 2013. Nous allons dans la bonne direction toutefois mais très lentement…

Dans un document interne, le journal allemand a pu consulter que la Bundesbank rappelle que la Grèce a déjà utilisé 90% des 240 milliards d’euros d’aides apportés depuis 2010 par l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE).

La situation est-elle pressente à Athènes ?

Problème donc, le pays est censé ne plus recevoir d’aide fin 2014 et à l’allure ou vont les choses, il est peu probable que la Grèce survive ou que le taux d’emprunt Grec revienne à la normal d’ici là… Cela n’est pas un problème nous direz vous car le pays est censé rembourser sa dette une fois la croissance de retour. Pas question donc de contracter de nouveaux emprunts avant de très longues années une fois le bon wagon attrapé…

En récession depuis six ans, la Grèce ne devrait pas re-goûter à la croissance avant 2016, d’après le FMI. Le taux de chômage est monté à 27,6% en avril 2013…

Dans ces conditions, Athènes ne réussit pas à maîtriser sa dette publique (Du fait du recul du PIB, le ratio dette/PIB gonfle à vue d’œil, d’autant plus que le pays a toujours besoin d’emprunter malgré son excédent primaire), qui continue de s’alourdir pour atteindre 160% du PIB au deuxième trimestre 2013, contre 156% au premier trimestre.

Antonis Samaras le premier ministre a déclaré il y a peu que les caisses seraient de nouveau vides le 14 août…

Bonne ou mauvaise nouvelle pour Angela Merkel ?

Cela dépend. Est-ce que la chancelière a prévu d’utiliser la Grèce pour servir ses ambitions politiques ?

En effet, rappelons que les élections Allemandes auront lieu le 22 septembre et que la majorité de l’électorat Allemand est apparemment réfractaire à l’idée de prêter à la Grèce. Faire patienter la Grèce jusqu’au dernier moment pourrait donc être une stratégie payante pour s’assurer certains votes et contrer les arguments de partis politique encore plus réticents à l’idée de garder la Grèce dans le club de la Zone Euro.

Il suffit d’une logique analyse pour conclure que si les fonds Européens se font attendre en Grèce  c’est parce que la Chancelière a mis son veto.

En effet, les USA ont plus de 50 % des droits de vote au sein du FMI et Barak Obama a réitéré son soutien à la Grèce lors d’un déplacement du premier ministre Grec la semaine passée en prônant une politique en faveur de la croissance. Le FMI est donc ok.

Aujourd’hui, c’est donc la Bundesbank qui semble prendre les devants en annonçant qu’il va falloir remettre au pot aussi tôt que début 2014 pour la Grèce. La BCE, deuxième bras armé de la Troïka est donc OK.

Reste donc la commission Européenne dont la voix est en réalité celle du conseil Européen des chefs d’état. En d’autres termes, l’Allemagne, qui, avec la France, possèdent un droit de veto au sein du MES, le mécanisme Européen de stabilité qui est utilisé pour prêter aux états en difficulté, bloque les fonds. Le gouvernement Allemand veut s’en tenir à un accord de l’Eurogroupe de 2012 lorsqu’il avait été décidé que la question d’un nouveau plan d’aide ne serait discutée que lorsque le premier aura pris fin.

Il semblerait qu’un nouveau chapitre de la saga Grecque se met en place, comme nous en avons désormais l’habitude chaque été. Mais relancer le débat en Allemagne sur l’attitude de la chancelière, soupçonnée par certains de minimiser délibérément la situation financière de la Grèce pour ne pas compromettre ses chances de remporter les élections du 22 septembre prochain, pourrait finalement ne pas être un fin calcul, à moins de rester très ferme avec le pays d’ici là.

Cela pourrait bien expliquer une bonne partie de la baisse que nous observons depuis l’ouverture du marché du forex.

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