Le rebond de l’économie Chinoise est-t-il durable ? Un ralentissement serait-il réellement une menace ?

(ProfesseurForex.com) – L’économie chinoise semble se stabiliser au vue des récentes données économiques (pour ceux qui ont confiance pleine et entière dans les chiffres avancés par le parti Chinois…) comme nous l’avions souligné dans un précédent article, éloignant donc la perspective d’un « hard landing » dont la presse financière se faisait écho en début d’année.

Les indices PMI montre que le secteur manufacturier renoue avec l’expansion (au plus haut depuis 6 mois), les ventes au détails sont positives. La hausse de la consommation d’énergie vient étayer ce constat (compte tenu de la fiabilité des chiffres Chinois, les observateurs regardent de près cette dernière donnée).

Jusqu’à présent, les craintes se sont révélées largement excessives: si la croissance du PIB chinois a fortement baissé, les autorités semblent en mesure de la maintenir autour de 7,5% par an an (en effet, la croissance à deux chiffres semble désormais faire partie du passé. S&P table sur une croissance plutôt comprise entre 7% et 7.5%). Mais le rééquilibrage de la croissance vers la consommation domestique au détriment des exportations et surtout de l’investissement, très vigoureusement encouragé lorsque la demande occidentale a fléchi après 2008, est une manœuvre risquée qui va demander plusieurs années. Un passage à vide n’est pas à exclure.

Mais le spectre d’un ralentissement brutal de la deuxième économie mondiale semble toutefois s’éloigner, les réformes du mois de juillet portent peut être leurs fruits. En effet, Pékin avait annoncé un arsenal de dispositions : exonérations d’impôt (TVA et impôt sur les sociétés) pour les très petites entreprises, facilités pour le commerce extérieur (allègement des procédures douanières, réduction des frais administratifs, soutien aux exportations et aux importations) mais aussi ouverture du marché du chemin de fer chinois au privé, tant pour la construction que pour l’exploitation. Des mesures visant à recentrer l’économie Chinoise sur elle même.

Si ces statistiques n’étaient que de la poudre aux yeux, quel serait l’impact d’un ralentissement marqué de l’économie Chinoise pour le Dollar ?

Il serait assez faible si l’on fait confiance aux chiffres. En effet, pour les USA, le poids des exportations vers la Chine ne représente que 0.6 % du PIB. En effet, en admettant qu’elles chutent de moitié, elles ne représenteraient plus que 0,3% du PIB, soit l’équivalent de l’erreur statistique dans les calculs… Autant dire que le Dollar ne devrait pas souffrir outre mesure si la Chine venait à caler.

Et pour la Zone Euro ?

La zone euro est sensible aux variations de la conjoncture quand elles se produisent aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Europe de l’Est, ses principaux partenaires. Un ralentissement chinois n’aurait qu’un impact direct limité: le pays qui souffrirait le plus serait l’Allemagne, le partenaire privilégié de la Chine en Europe. En effet, la première économie Européenne vend beaucoup de biens d’équipement à la Chine tout en ayant toujours un déficit commerciale avec l’empire du milieu. Ainsi, l’Euro serait plus tout de même probablement plus pénalisé que le Dollar si la Chine devait ralentir significativement.

Le choc serait nettement plus fort dans les pays voisins de la Chine (Taïwan, Malaisie, Corée, Thaïlande, Japon, etc.) selon le FMI. Soit dit en passant, il s’agit d’une preuve supplémentaire qu’en dépit de la mondialisation, les cycles économiques ont tendance à se régionaliser.

Un avis partagé par la banque Asiatique de développement (BAD) qui, dans un rapport publié cet été, révise ses perspectives de croissance pour l’Asie émergente en 2013 et 2014 (6,3% cette année, contre 6,6% anticipé jusqu’ici, suivi de 6,4% en 2014 au lieu du 6,7% espéré jusqu’à présent)

Le rebond actuel de l’économie Chinoise est-t-il vraiment durable ?

L’avenir nous le dira et la fin du QE aux USA pourrait changer la donne. Quelques arguments plaident pour une croissance probablement pas à 7.5 % cette année.

- Déjà, les chiffres actuels bénéficient d’une base de calcul basse étant donné le ralentissement de l’année passée.

- D’autre part, l’effet bénéfique du restockage et des indices de confiance (PMI) va probablement prendre fin

- La potentielle baisse de la demande des pays émergents pourrait frapper la Chine à son tour. Nous avons vu que des grands pays comme l’Inde vont devoir limiter leurs importations en raison du déficit de leur balance courante qui se creuse à mesure que l’heure fatidique de la fin du QE approche.

Pour conclure, même si la Chine ralentit, les effets risquent d’être limitées. En effet, en tant qu’atelier du monde et devant la faiblesse de la demande des pays industrialisés, il est presque normal de voir le taux de croissance Chinois baisser.

7.5 % en 2013… Plus d’un pays serait heureux d’avoir cette croissance…

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