Les Krachs qui nous menacent – Episode 2: La menace obligataire plane aussi au-dessus des banques

(ProfesseurForex.com) – « La crise est derrière nous ». Beaucoup d’observateurs semblent s’en convaincre mais certains restent plus lucides. C’est le cas de PFX qui estime que les mesures anti-crise ont préparé le terrain pour de nouveaux Krashs. Nous continuons aujourd’hui notre analyse sur ces Krashs qui nous pendent au nez, et que la fin du QE au USA risque de précipiter.

Voici l’épisode 1 : « La bulle obligataire Américaine », dans lequel nous avons jaugé la santé financière des administrations publiques US et montré que la hausse des taux préfigure très certainement de la casse. En effet, pour spectaculaire qu’elle soit, la faillite toute récente de Detroit n’est pas un cas isolé aux Etats-Unis. Depuis 1934 et la création d’un régime de faillite pour les collectivités locales, près de 650 d’entre elles se sont placées sous ce statut qui leur permet de renégocier leurs créances. Un nombre qui a significativement augmenté depuis le début de la crise : selon le magazine spécialisé américain Governing, 36 entités publiques, dont 8 villes et comtés, sont déclarées en faillite depuis 2010…

Aujourd’hui nous nous intéressons plus particulièrement aux banques US vu qu’il ne se passe toujours pas une semaine sans que l’une d’entre elles ne fasse faillite outre atlantique… En effet, en cas de matérialisation du Krash obligataire des administrations publiques US, les banques seront en première ligne puisque ce sont ces dernières, avec les organisme d’assurance, qui financent la dette des Etats.

En effet, depuis 2008 et le renflouement des banques par l’Etat (donc vous..), ces derniers sont désormais main dans la main, pour le meilleur et surtout le pire. Si dans le couple l’un vacille, il emporte l’autre dans sa chute. C’est le fameux cercle vicieux que la Zone Euro cherche à briser via la création de son union bancaire. Il s’agit de faire en sorte que l’ardoise d’une banque faisant faillite ne soit pas payée par l’Etat.

Nous devrions avoir des nouvelles de cette arlésienne bancaire bientôt, lorsque les élections Allemandes seront passées… Mais pour l’heure, il semblerait que Chypre soit désormais le cas d’école. C’est à dire que si il faut recapitaliser des banques, les actionnaires, puis les créanciers, les gros épargnants (>500k), le fonds de résolution des crises bancaires national puis enfin le MES, seront sollicités dans cette ordre pour mettre la main à la poche.

En somme, la solidarité Européenne agit en dernier ressort, comme avant, ce qui est une bonne nouvelle pour les contribuables Européens que nous sommes. Néanmoins, il faudra du temps pour que les banques aient assez cotisé au fonds de résolution bancaire national (oui ce seront, les banques qui devront constituer cette cagnotte) afin d’être en mesure de se sauver elles même.

L’obligation des créanciers d’intégrer les pertes dans leurs bilans, bref que les banques assument une part substantielle des pertes, ce qui n’a pas été fait en 2008, fait que l’on arrive désormais à 50% de décote à propos des créances grecques. Mais la Grèce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des pertes bancaires à venir car tout le système bancaire occidental flotte sur une mer de créances plus que douteuses

Les ratios de Bâle (obligeant les banques à faire des réserves) censés ramener la confiance vis-à-vis des banques n’est qu’un leurre. C’est un gouffre qui sépare ces réserves des vraix besoins en recapitalisation que génère l’effondrement durable de la valeur des actifs détenus par les banques (prix immobiliers notamment pour les banques US). Donc la supercherie ne risque pas de durer très longtemps. Aux USA d’une part, mais également en Europe, à cause des dettes souveraines de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie et de l’Euroland en général et, pour aller plus loin, l’obligation faite aux États de se financer par l’intermédiaire des banksters.

En effet, il n’y a qu’une seule solution pour les États : reprendre le pouvoir de la monnaie afin de se financer directement auprès de la banque centrale à taux zéro. Nous ne sommes évidemment pas les premiers à le souligner. Notre seul prix Nobel d’économie (Maurice Allais) l’a dit quasiment toute sa vie et a été complètement ignoré des médias.

90 % des obligations souveraines détenues par les banques espagnoles (152 milliards d’euros à juin 2012) proviennent de leur propre État. Idem pour les banques italiennes aux coffres remplis de bons romains (184 milliards d’euros). Une légère tension sur les titres « souverains » suffit à fragiliser les banques faire peser le risque d’un effondrement des deux partis.

Mais revenons maintenant aux banques Américaines… Le marché immobilier US se situe au moins à 40% de décote et même si les prix remontent plutôt rapidement depuis un an, il reste beaucoup de chemin à parcourir. En effet, l’arrêt prochain des achat de « MBS », ces titres adossés au marchés immobilier, par la FED et la hausse des taux pourrait largement freiner le processus (Les prix sont toujours en hausse de 12 % en glissement annuel mais cela pourrait ne pas durer). On ne va pas revenir sur la dette des administrations publiques.. et ajoutons que l’Américain moyen est endetté à hauteur de 150 % environ.

En résumé, tout cela laisse penser que ça va finir mal pour États, certes, mais que cela aura également de graves répercussions pour les banques ! De part et d’autre de l’Atlantique…

Voici des graphes qui montrent à quel point le bilan des banques s’est dégradé via la dépréciation des actifs immobiliers. Heureusement, les achats réguliers de MBS via le QE de la FED ont permis aux banques d’assainir les bilans. Mais le risque est désormais transféré à la FED en bonne partie.

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