Grèce : Le pays et ses créanciers affichent d’importants désaccords, Athènes s’attend à « vivre l’enfer » dans les négociations

(ProfesseurForex.com) – Le ton semble monter et les désaccords se multiplier entre la Grèce et ses créanciers, alors qu’après deux plans d’aide le pays n’est toujours pas parvenu à redresser significativement ses finances, et que le spectre d’un troisième plan d’aide plane.

Les déclarations du ministre des finances grec

Le ministre des finances grec Stournaras a ainsi affirmé que les conditions posées par les créancier (UE, BCE et FMI) risquent d’être drastiques mais il a annoncé qu’il refuserait un plan qui alourdirait l’austérité mais qui ne comporterait pas des « mesures structurelles ».

Il a également précisé que le gouvernement grec s’attend à vivre « l’enfer » jusqu’en juin 2014, dans le cadre des négociations avec la Troika au sujet des besoins en financement du pays et du niveau de sa dette.

« Tout va être passé en revue et jugé avec nos prêteurs », explique Stournaras, précisant : »Nous n’accepterons un nouveau paquet (d’aide) que s’il n’est pas conditionné à de nouvelles mesures financières, mais à des mesures structurelles ».

Ces déclarations chocs arrivent dans un contexte d’inquiétude croissante en Grèce au sujet de l’issue des discussions avec la Troika qui visent à trouver des solutions aux besoins financiers du pays une fois que le second plan d’aide sera arrivé à échéance en juin 2014.

Les désaccords entre la Grèce et la Troika

Ces besoins portent à la fois sur un « trou financier » lié aux remboursements des obligations d’Etat et sur un « trou budgétaire » qui concerne cette fois l’écart entre les recettes et les dépenses publiques dans les prévisions de budget pour le moyen terme.

D’ailleurs, Jorg Asmussen, membre de la BCE, a récemment soulevé plus précisément les désaccords qui divisent Athènes et ses créanciers en affirmant que la Grèce risque l’an prochain un « important écart budgétaire » par rapport aux objectifs fixés par le plan d’aide international, des propos réfutés par Athènes. L’UE et le FMI estiment que l’écart entre le déficit grec et les objectifs atteindra 2 milliards d’euros, là où le gouvernement grec table sur un dépassement limité à 500 millions d’euros environ. Un responsable européen a d’ailleurs déclaré à ce sujet : « Jusqu’à juillet, ils ne prévoyaient aucun dérapage budgétaire pour 2014 mais ils ont soudainement changé d’avis »…

Vers une nouvelle restructuration de la dette?

Il existe également des incertitudes au sujet d’une possible nouvelle restructuration de la dette. La Troika a accordé 250 milliards d’euros de prêts en deux étapes à Athènes avec un premier plan d’aide en 2010 et un second en 2012. De ce fait, la dette publique a enflé au niveau de 175% du PIB cette année, contre 133 % en 2010. Pour l’instant, les partenaires européens d’Athènes n’envisagent toutefois pas de nouvel effacement d’une partie de cette dette, mais il faut noter que de son côté le FMI le préconise.

Plus concrètement, rappelons que la troïka évalue actuellement l’état d’avancement des réformes en Grèce avant de prendre une décision sur le versement d’une prochaine tranche de prêts. En effet, ses représentants ont quitté Athènes fin septembre pour des « raisons techniques », excuse publique invoquée pour masquer d’inquiétants des accords, qui recommencent donc à resurgir avec les récents propos de Stournaras.

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