Mario Draghi radote et n’apporte rien de nouveau, EUR/USD franchit les 1.36 $

(ProfesseurForex.com) – Mario Draghi ne change toujours pas son fusil d’épaule et maintient sa rhétorique habituelle, avec quasiment aucun changement dans son discours, ce qui a évidemment incité les traders à privilégier l’Euro face au Dollar, toujours plombé par l’incertitude politique.

En effet, alors que le président de la BCE et deux autres gouverneurs ont commencé à parler de LTRO (Long Term Refinancing Operations) la semaine passée, Mario Draghi n’a pas insisté lors de sa conférence de presse, ce qui a douché les espoirs d’obtenir un ton très dovish qui aurait pu faire baisser la monnaie unique.

Pour rappel, il s’agit de prêts à long terme accordés par la Banque centrale aux banques. En 2011 et 2012, 1.100 milliards d’euros avaient ainsi été distribués aux établissements financiers de la zone euro sur trois ans. En gros, il s’agit d’un quantitative Easing à la différence près que la nouvelle masse monétaire injectée disparaître totalement trois ans après avoir été injectés…

Etant donné que le véritable problème de la BCE est de freiner le credit crunch dans la zone euro (la baisse des prêts au secteur privé s’est encore accélérée en août à – 2% sur un an) et de freiner la remontée des taux interbancaires (le taux Euribor à 3 mois est passé depuis le début de l’année de 0,13 % à 0,23 %), le LTRO permettrait d’inciter les banques à prêter davantage.

Néanmoins, comment une banque pourrait prendre le risque en ces temps incertains de prêter pour un prêt immobilier à 30 ans en sachant que les liquidités illimitées ne sont là que pour 3 ans… Peut être expliquons nous ici la différence entre la reprise économique US et Européenne…

car le fait est que ni le programme « OMT » (le programme de rachat illimité d’obligations d’Etat toujours bloqué par la Cour constitutionnelle Allemande), ni le « forward guidance » (l’assurance que la BCE va maintenir ses taux bas durablement, voir baisser le taux, une des dernières cartouches de la BCE), ni le « LTRO » n’ont permis de régler le problème du financement de l’économie européenne et de la fragmentation de la distribution de crédit.

Or, sans crédit, la reprise économique risque de n’être (au mieux) qu’une stabilisation… Mario Draghi l’a d’ailleurs souligné aujourd’hui, « la croissance du troisième trimestre sera plus faible qu’au deuxième » (une croissance famélique de 0.3 % du PIB après de nombreux trimestres de récession). Le timonier de la BCE ajoute que la reprise est faible et « fragile »..

Mario Draghi reste incapable de dire pourquoi les banques ne prêtent pas… Ne sachant si cela est un problème de demande (Emprunts du secteur privé) ou bien un problème d’offre (les banques refusent de prendre de nouveaux risques).

Donc au final, même avec un nouveau LTRO, il est probable que le seul effet sera d’éviter de mettre à jour les banques au bord de la faillite en gagnant du temps. Le président de la FED espère que d’ici la revue des Bilans des banques (à partir de ma mi-octobre) dans le cadre de la supervision bancaire, la demande le crédit sera repartie à la hausse. Une manière de dire qu’il serait plus logique de mettre une note aux banques en sachant que la demande est de retour. En effet, si une banque ne peut pas prêter afin de se rémunérer sur le taux d’emprunt, les milliards du LTRO ne lui servent strictement à rien…

Finissons sur l’autre aspect de la conférence de presse qui a provoqué une accélération de la hausse de la paire EUR/USD : La vigueur de l’Euro justement… Questionné sur le fait que l’Euro s’était beaucoup apprécié ces derniers temps, Mario Draghi a botté en touche en répétant que la politique du taux de change n’appartenait pas à la BCE mais au conseil Européen. Ce qui a provoqué une nouvelle vague de hausse pour la monnaie unique sur le forex étant donné que le marché espérait, dans une tentative de rendre son discours plus dovish, que le président fasse comprendre que l’Euro était trop fort. L’Italien a tout de même concédé qu’il s’agissait d’un paramètre que la BCE suivait de près car un Euro trop fort est une menace pour la croissance…

Pour résumer, Mario Draghi n’a pas semblé déterminé à donner un ton Dovish à son discours, ce qui n’a donc pas incité les traders à shorter la paire EUR/USD. Pas de LTRO, discours copier collé de celui du mois précédent. Et ce qui ne peut descendre monte dans le monde de la bourse…

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