EUR/USD : La conviction baissière à long terme ne doit pas vous faire perdre de l’argent à court terme

(ProfesseurForex.com) – Voici les forces qui s’opposent sur EUR/USD d’après PFX :

Ce qui supporte EUR/USD :

- Balance courante largement excédentaire

- Flux de capitaux vers les bourses, attirés notamment par la reprise économique qui pointe le bout de son nez en Europe

- Rapatriation des Euros par les banques Européennes afin d’enjoliver leur Bilan à l’aube d l’audit bancaire de la BCE

- La diminution du risque concernant les actifs en Euros depuis que la perspective de la sortie de la Grèce de la Zone Euro a disparu (whatever it takes de Draghi), ce qui a incité les investisseurs long terme à rééquilibrer leurs portefeuille

- Ralentissement du QE de la FED (la réunion des 28 et 29 janvier du FOMC risque d’être cruciale

- Dead line du plafond de la dette US qui se rapproche

- Baisse des taux d’emprunt pour les pays en difficulté de la Zone Euro (la corrélation semble toutefois s’être estompée récemment)

- Le taux directeur de la BCE est légèrement supérieur à celui de la FED

-Le Bilan de la BCE se contracte quand celui des autres banques centrales reste stable (BoE) ou augmentent (FED, BoJ)

Ce qui pèse sur EUR/USD :

- Le contraste entre la croissance US (même si c’est une croissance à la pompe..) et la reprise timide et fragile dans la Zone Euro

- Les anticipations d’assouplissement monétaire de la part de la BCE en cas de nouvelle baisse des perspectives d’inflation à moyen terme ou de nouvelles tension sur l’Eonia, le taux interbancaire

- La diminution du déficit de la balance commerciale US qui bénéficie par le virage énergétique amorcé par l’oncle Sam

- Un retour des pays en difficulté (Irlande et bientôt le Portugal) sur les marchés internationaux de la dette qui pourrait s’avérer périlleux

- La Grèce pourrait avoir besoin d’un nouveau plan d’aide bien plus conséquent qu’anticipé

- Les désaccords politiques constants, notamment au niveau de l’union bancaire

- Le verdict que doit rendre bientôt la Cour constitutionnelle Allemande à propos du programme OMT de la BCE qui permettrait de racheter la dette des états en difficulté (QE à l’Européenne en d’autres termes même si l’argent injecté est sensé être « stérilisé » (cad dire drainé autre part sur les marchés financiers Européens afin de ne pas faire grossir la masse monétaire, qui soit dit en passant, aurait bien besoin d’un coup de boost afin d’accompagner la reprise économique..)

Pour résumer:

Il semble clair que les politiques monétaires de la FED et de la BCE vont diverger de plus en plus et que cela sera sûrement le principal driver sur EUR/USD, le Dollar étant destiné à se renforcer d’ici la fin de l’année (consensus clair sur les marchés à ce propos). Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faut perdre de l’argent à court terme à cause d’une vision à long terme.

Si Mario Draghi tient un discours Dovish à Davos demain, EUR/USD pourrait retomber comme une pierre, d’autant plus si la FED décide la semaine prochaine de réduire de nouveau le QE en faisant fi du mauvais rapport NFP de décembre (que l’on peut mettre sur le compte des conditions climatiques extrêmes). Sans compter que la BCE pourrait se décider à mettre en place un taux de rémunération des dépôts négatif début février..

Mais soyons alertes car le plafond de la dette US approche à grand pas et nous ne sommes pas à l’abri d’un nouvel esclandre politique US qui plomberait à coup sûr le Dollar. Ni à l’abri d’un statu quo monétaire de la part de la FED. Les risques sont fort du côté de la baisse mais aussi du coté de la hausse à court terme. Ne pas trader, c’est aussi du trading. Et si vous ne souhaitez pas vous exposer à la hausse sur EUR/USD, sachez au moins vous garder de trader en attendant que les haussiers reperdent la main.

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