Les réformes menées par la Chine lui coûtent en croissance

(ProfesseurForex.com) – La Chine est au centre du débat et nous en parlons pas assez sur PFX. Il est temps de faire le point sur la santé de la deuxième économie mondiale.

Tout d’abord, chacun aura remarqué que la croissance ralentit, doucement mais sûrement. Au premier trimestre 2014, la croissance du PIB est « tombée » à 7.4 % en glissement annuel. Au plus bas depuis 18 mois. Il faut probablement s’attendre pour cette année à la croissance la plus faible depuis un quart de siècle. Mais relativisons les choses. 7.4 %… En Europe, on sera content de faire 1 %…

La croissance en glissement trimestriel atteint 1.4 % contre 1.8 % précédemment.

Mais cela ne choque pas, même si l’empire du milieu nous a habitué il n’y a pas si longtemps à une croissance à deux chiffres. Pour la simple et bonne raison que ce ralentissement a été anticipé. Un mal nécessaire qui accompagnera la réorientation de son modèle économique vers un marché domestique dont la croissance sera plus forte que celle des exportations.

Si les indices PMI et la croissance montrent des signes de ralentissement, les ventes au détail ne sont pas en reste. Nous sommes à 12.2 % en glissement annuel contre 11.8 % précédemment mais la tendance de fond est très baissière. Mais encore une fois, une telle croissance de la consommation est assez impressionnante.

Même constat au niveau de la production industrielle qui progresse ce mois-ci à 8.8 % contre 8.6 % précédemment. En effet, la tendance de fond est également sur la pente descendante. A moins que le croissance US ne caracole où que la demande domestique se renforce significativement (forte hausse des ventes au détail, des commandes de biens durables) et pas seulement en faveur de l’immobilier dont la bulle menace la stabilité financière du pays.

Car la consommation plutôt que l’investissement (+17.6 % T/T) à outrance oui, mais si l’endettement privé prend le même chemin que la dette des entreprises Chinoises, il va falloir d’attendre à du grabuge. Qu’on se le dise, la dette de l’administration Chinoise atteint environ 60 % du PIB, ce n’est pas bénin, sans compter le shadow banking qui n’est pas régulé et qui pourrait être une bombe à retardement…

Mais au niveau international, une augmentation des prêts aux ménages pourrait permettre de rééquilibrer les comptes avec le reste du monde. Cela serait le bienvenu à l’heure où les tensions internationales ressurgissent, avec un nouveau visage politique mondiale. D’un côté les BRICS et de l’autre l’Europe et les USA (pour faire simple). Il faut garder en tête que la Chine a pour objectif de surpasser le pouvoir des USA et que cela passera pas une internationalisation du Yuan. Si les BRICS (Inde, Russie, Afrique du Sud et Brésil) décidaient de réaliser leurs échanges commerciaux en Yuan et non plus en Dollar, la balance du pouvoir pourrait rapidement basculer… (rappelons qu’aucun pays du club des BRICS n’a voté contre l’annexion de la Crimée au sein de l’ONU).

L’internationalisation du Yuan est en marche. La Chine continue de garnir ses stocks d’Or (afin de garantir le Yuan ) et laisse son taux de change fluctuer d’avantage.

Mais il y aura un prix à payer pour parvenir à réussir toutes ces transformations. Mais le gouvernement a des marges de manœuvre pour atteindre l’objectif pour cette année : 7.7 %

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