Quel serait réellement l’impact d’un QE sur l’Euro ?

(ProfesseurForex.com) – Est-ce que la BCE serait restée assis sur ses mains si l’inflation était à 3.5 %, c’est à dire 1.5 % au-dessus de son objectif et unique mandat ? Il y a peu de chances. Au mois de mars, l’inflation est tombée à 0.5 % en glissement annuel, soit 1.5 % sous l’objectif de 2 %.

De nombreux gouverneurs sont montés au créneau pour user de la rhétorique afin de persuader les marchés que si l’inflation ne remontait pas à moyen terme, la BCE agira, notamment via une politique monétaire non conventionnelle. Le conseil des gouverneurs est unanime sur ce point, ce qui signifie que la Bundesbank a donné son accord tacite pour faire marcher la planche à billets en lançant un QE digne de ce nom (le LTRO était un QE déguisé avec une création monétaire devant disparaître au bout de 3 ans alors qu’un QE à l’Américaine où à la Japonaise est une création monétaire à beaucoup plus long terme).

La question qui nous intéresse est bien entendu de savoir si la BCE va vraiment passer à l’acte ? Il apparaît difficile de penser que la BCE soit prête actuellement à mettre en place un QE pour être honnête mais de nombreux gouverneurs ont laissé entendre qu’une nouvelle baisse des taux directeurs était envisageable.

Nous pensons chez PFX que la BCE va prochainement abaisser ses taux directeurs et peut être arrêter de stériliser les achats de dette réalisés sous l’égide du programme SMP. En d’autres termes, la BCE va cesser de compenser cette injection monétaire via le drainage autre part sur les marchés du même montant de liquidités (Pour faire encore plus clair, le programme SMP deviendrait un QE. L’ipact sera probablement minime étant donné que les actifs ont déjà été acheté).

Une baisse du taux directeur (taux Refi / 0.25 %) sera sûrement accompagnée d’une baisse du taux de rémunération des dépôts (0 %) qui deviendrait par conséquent négatif. De quoi inciter les banques à cesser de placer leurs liquidités excédentaires au guichet de la BCE et de plutôt prêter davantage à l’économie réelle.

Mais pour continuer de parler du QE (Quantitative Easing), il faut aussi se demander si à l’instar du Dollar ou du Yen, l’Euro se dépréciera également. Voici quelques réflexions à garder en tête :

Quel type de QE ?

Mario Draghi a explicitement déclaré que le QE de la BCE serait différent de ceux de la BoJ ou de la FED. Il y a de fortes chances que ce QE soit très similaire au programme de la BoE « Funding for lending », en Français dans le texte : « Des fonds en échange de prêts à l’économie ». Notons qu’après que ce programme ait été lancé par la BoE, la Livre Sterling a continué de s’apprécier..

Quel avait été l’impact des « mini-QE » de la BCE ? (LTRO) ?

Lancer les LTRO puis présenter le programme OMT n’avait pas vraiment été à l’origine de la baisse de l’Euro. A cette époque en 2011-2012, la crise commençait à s’estomper et les taux d’emprunt ont amorcé leur retour à des niveaux soutenables. Cela a finalement permis de balayer le spectre d’une scission de la Zone Euro et de faire remonter l’Euro. Aujourd’hui, c’est la croissance (qui avance doucement mais sûrement) qui pourrait contrer l’effet baissier du QE ? Une croissance qui pourrait maintenir les flux de capitaux vers l’Europe, un soutien de poids pour l’Euro.

Un QE pourrait-il faire baisser les taux d’emprunt et par conséquent l’Euro ?

Ce levier paraît peut crédible car les taux d’emprunt sont déjà revenus à des niveaux d’avant crise, le Portugal empruntant maintenant presque qu’au même taux que les USA… Il y a donc peu de chances que les taux baissent davantage et que l’Euro en pâtisse selon nous.

Il y a des raisons de penser qu’un QE ne changerait pas la donne pour EUR/USD mais cela pourrait aussi dépendre de ce que fera la FED. Nous pensons que la FED va continuer de réduire son QE, qui devrait se terminer d’ici la fin de l’année et, par conséquent, cette divergence de politique monétaire (stagnation voir lente diminution du bilan de la FED vs augmentation du Bilan de la BCE qui n’a cessé de diminuer ces derniers temps en raison des remboursement des LTRO) pèsera finalement sur EUR/USD. Une augmentation de la masse monétaire n’est pas en soit baissier pour la monnaie concernée mais si l’activité de prêt donnait des signes de vie à mesure que la croissance s’affirme et si les anticipations d’inflation grandissaient, le QE devrait in fine déprécier l’Euro. Au moins un certain temps. Car étant donné la balance commerciale largement excédentaire de la Zone Euro et les flux de capitaux positifs pour l’Euro, il faudra un QE massif pour que la BCE soit prise au sérieux dans son intention de faire baisser l’Euro et l’inflation.

IPC ZONE EURO

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