Les prévisions économiques de la zone euro pour l’année 2015 : Une forte probabilité de QE

(ProfesseurForex.com) – Durant l’année 2014 la BCE est intervenue à plusieurs reprises pour faire baisser la valeur de l’EUR et relancer l’inflation, soit à travers des discours Dovish du Président Mario Draghi, ou en agissant sur la politique monétaire.

Elle a ainsi abaissé son taux directeur une première fois en Juin à 0.15%, et une deuxième fois en Septembre pour atteindre un taux « plancher » à 0.05%, tout en annonçant un programme d’achat de titres adossés à des actifs (ABS) et d’obligations sécurisées, qui doivent aider la BCE à faire remonter la taille de son Bilan vers les niveaux de Mars 2012, soit environ 3 000 milliards d’euros.

Cependant, ces différentes mesures d’assouplissement semblent encore insuffisantes pour atteindre les objectifs de gonflement du Bilan et de relance de l’inflation vers les 2%. De plus, fondamentalement la zone euro continue à lutter avec un chômage élevé, une croissance de l’emploi atone, des marchés du travail rigides et une faible création de crédit.

L’année 2015 risque donc de voir de nouvelles mesures être mises en place par la BCE, et la mesure la plus probable et la plus anticipée par les marché reste de loin le lancement d’un assouplissement quantitatif européen (QE).

En effet, Mario Draghi a souligné la robustesse actuelle des marchés américains et britanniques étant aidés par la décision des banques centrales respectives de mettre en place des programmes d’achat d’actifs au début de la crise financière. Et en dépit des protestations par certains décideurs de la BCE, les marchés ont été de plus en plus soutenus par la perspective d’assouplissement quantitatif comme une solution miracle pour les maux européens.

Toutefois, la question de l’efficacité d’un QE européen doit être posée, car les ménages européens moyens détiennent un pourcentage plus faible de leurs actifs sur les marchés actions et obligataires ainsi que des taux de participation plus faibles sur les marchés boursiers, comparativement à ceux aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. En conséquence, toute inflation des marchés d’actions européens par un programme d’achat d’actifs à grande échelle est peu probable d’aboutir à des effets de richesse comme observé dans ces pays, ce qui signifie qu’il est beaucoup moins susceptible de soutenir les dépenses des ménages européens.

Sur la question juridique, en dépit de quelques commentaires (en particulier du hawkish Jens Weidmann de la Bundesbank) que le QE ferait face à des défis juridiques importants, il est peu probable que ce soit le cas. Le but du QE serait d’élargir le Bilan de la BCE et de cibler les pressions déflationnistes de la zone euro, et c’est quelque chose qui s’inscrit complètement dans le mandat de la BCE.

Le QE en pratique

Jusqu’à présent nous avons eu très peu de commentaires quant à la forme, le rythme et la taille que prendrait un QE de la BCE. Mario Draghi avait simplement déclaré le 4 Décembre dernier que les politiques ont discuté d’achat d’actifs incluant « tout sauf l’or ».

En conséquence, il est possible que programme inclue l’achat d’obligations de société. Cependant la BCE avait insisté lors du lancement des achats d’ABS et des TLTRO sur l’importance de leur impact sur le canal bancaire pour la transmission de la politique monétaire, et racheter de la dette de sociétés ne va probablement pas atteindre cet objectif.

A la place, il est beaucoup plus probable que le QE inclue l’achat d’obligations d’Etats.

Concernant la taille du QE, les prévisions du consensus l’estiment entre 200 et 350 milliards d’euros par an, mais il est plus probable que ça soit vers le haut de la fourchette que vers le bas.

Les effets du QE

L’effet le plus notable et le plus immédiat serait certainement sur le Forex et les taux obligataires des Etats, particulièrement périphériques, mais on doit alors se poser la question de savoir à quel point ce QE a déjà été anticipé et incorporé dans les taux de change. L’EUR a en effet été dans une longue tendance baissière durant la seconde moitié de 2014, suggérant que ça pourrait être le cas.

Cependant, une nouvelle baisse de l’EUR est quelque chose qui va encourager l’importation d’une certaine inflation tant recherchée par la BCE, et reste donc encore très probable sur le marché des devises.

Cela dépendra surtout de l’importance de la taille et de la gamme des actifs inclus dans le QE, et une déception des marchés, par une taille pas assez conséquente ou des actifs n’incluant pas les obligations d’Etats, pourrait limiter l’impact sur l’EUR.

Conclusion

Les attentes sur un QE européen sont probablement justifiées, cependant, il est important de garder à l’esprit que les principes fondamentaux et la dynamique du marché européen en 2015 sont très différents de ceux aux États-Unis en 2008, et ainsi les traders doivent rester vigilants sur des signes de résultats inattendus de l’action de la BCE, et s’adapter en conséquence.

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