BOURSE – Comment peut agir la Banque Centrale Européenne (BCE) après le choc boursier des dernières semaines ?

(DailyFX.fr) – BOURSE – Comment peut agir la Banque Centrale Européenne (BCE) après le choc boursier des dernières semaines ?

A] Les facteurs principaux du choc boursier des dernières semaines:

Les marchés actions de la Zone Euro sont dans une phase baissière marquée depuis le début du mois de décembre dernier. Pour donner un chiffre, l’indice CAC40 se replie de presque 18% depuis le sommet atteint au début du mois de décembre 2015, dont plus de 12% pour la performance depuis le 1er janvier 2016.

La particularité de cette phase baissière est qu’elle concerne l’ensemble des marchés actions internationaux, les actions américaines, les actions britanniques, zone-européennes, chinoises, japonaises, etc…

Il s’agit donc d’une période d’aversion au risque qui s’inscrit dans la finance internationale, les capitaux financiers quittent les actifs « risqués » pour se diriger vers la liquidité ou les actifs à l’aspect « refuge ».

Le mois dernier, les capitaux étrangers investis en Chine ont enregistré un taux de croissance négatif, un phénomène plus vu depuis très longtemps. La Chine est un des facteurs principaux à la source de cette période baissière pour les marchés actions internationaux. Le fait que le ralentissement macroéconomique en Chine n’est pas encore trouvé de plancher est une inquiétude connue des investisseurs (source du choc baissier de l’été 2015), mais ce début d’année a vu la volatilité réalisée exploser sur les places boursières chinoises, avec des épargnants chinois qui perdent une partie importante de leur épargne financière sur la tendance baissière des actions sur fond d’une dette de marge (l’effet de levier) très marqué chez les traders particuliers (qui font l’essentiel des mouvements sur la Bourse chinoise). Les investisseurs internationaux s’inquiètent aussi du rythme de la dévaluation chinoise, une guerre des changes qui commence à crisper les flux de capitaux internationaux à destination de la seconde économie mondiale.

A ce facteur CHINE, viennent s’ajouter des risques nouveaux, comme le cycle haussier des taux d’intérêt de la réserve Fédérale des Etats-Unis (FED), le risque de voir la croissance économique au sein de la Zone Euro ne pas confirmer sa pente doucement haussière et des risques anciens mais qui s’amplifient, comme la chute du prix des matières premières industrielles, surtout le prix du pétrole qui menace de nombreuses entreprises et de nombreux pays exportateurs d’or noir. Le manque de liquidités sur le marché obligataire d’entreprises est aussi un facteur financier de risque.

B] La déception vis-à-vis de la BCE le jeudi 3 décembre dernier:

La dernière fois que la Banque Centrale Européenne (BCE) s’est exprimée, c’était le jeudi 3 décembre dernier, sa dernière décision monétaire de l’année 2015. Mario Draghi avait alors déçu le marché en n’engageant pas de phase 2 pour le programme de Quantitative Easing (QE). Pour le marché, passer d’un QE1 à un QE2 nécessite de relever le volume monétaire des achats d’obligations publiques ou semi-publiques par la BCE. Le marché a alors réalisé l’importance des dissensions au sein du comité directeur de la BCE, le « camp allemand » restant fermement opposé au renforcement du QE de la BCE. L’impact avait alors été haussier sur le cours de l’eurodollar (s’éloignant ainsi de la parité 1 EUR = 1 USD) et fortement baissier sur le prix des actions de la Zone Euro. Cela prouve à quel point les investisseurs considèrent que l’économie de la Zone Euro n’a pas encore retrouvé son autonomie par rapport à la politique monétaire de la BCE. Les investisseurs internationaux craignent encore que la croissance économique ne se relance pas durablement en Europe.

Conclusion : Ce que la BCE pourrait faire jeudi 21 janvier, première décision monétaire de l’année :

C’est donc dans un contexte particulier, celui du choc baissier des marchés boursiers (surtout la baisse du pétrole sous ses plus bas de la crise financière de 2008 et la baisse de presque 20% du prix des actions selon les indices boursiers principaux) que la BCE va rendre sa première décision de politique monétaire de l’année.

Plusieurs options s’offrent à la BCE :

  • Garder la ligne affichée du jeudi 3 décembre dernier(sur fond de fortes dissensions entre les membres du comité de politique monétaire), ne pas renforcer le QE, laisser les taux directeurs inchangés. L’impact sera alors haussier sur le cours de l’eurodollar et clairement baissier sur le marché actions (la BCE a la « responsabilité » du point de départ de la baisse sur les marchés actions de la Zone Euro)
  • Prendre une ligne empirique, market dependent, la BCE cherchera alors à rassurer les marchés financiers et à renforcer les anticipations d’inflation en augmentant le volume monétaire de son Quantitative Easing (QE), donnant de fait le point de départ d’un QE2. L’impact sera fortement baissier sur l’eurodollar et haussier (rebond technique d’amplitude) sur le marché actions
  • La ligne du statu quo, prendre acte de la volatilité sur les marchés financiers, mais rappeler que les objectifs de la BCE sont avant tout macroéconomique et que la macroéconomie poursuit son redressement tranquil au sein de la Zone Euro. L’eurodollar resterait alors enfermé entre 1.08$ et 1.10$ (les 1.10$ sont la résistance technique créée par le relèvement des taux de la FED le mercredi 16 décembre dernier) mais le marché actions serait déçu et prolongerait sa phase baissière actuelle, ramenant le CAC40 en direction des 4000 points.

La réponse sera donnée demain par Mario Draghi, dans les 10 premières minutes de sa conférence de presse, dont le point de départ sera donné à 14h30 (heure de Paris).

Par Vincent Ganne, directeur de DailyFX France, département recherche de FXCM

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