Italie : Montei Paschi – le Lehman Brothers Européen ?

N’oublions pas l’Italie. Si l’Euro risque de rester sous pression à court terme, c’est surtout à cause de l’Italie.

Suite à la démission de Renzi (qui n’a pas survécu au refus du peuple des ajustements économiques commandés par l’appartenance à la Zone Euro), un gouvernement de transition non élu va gérer Montei Paschi et la faillite non déclarée du système bancaire Italien. L’Italie croule sous les dettes car elle ne parvient pas à gérer la compétition acharnée de la mondialisation.

Rappelons les données de la faillite bancaire : 360 milliards de prêts non performants, dont 200 jugés très fragiles, consistant principalement en prêts aux petites et moyennes entreprises. Les prêts non performants sont évalués à 16% du total : l’Italie vient après la Grèce (47%) qui survit grâce à une perfusion constante de l’Europe, mais avant l’Espagne (6%) dont les banques ont été cependant sauvées au prix de 60 milliards d’injections de fonds publics espagnols et européens. Huit banques sont concernées, dont la célèbre Monte dei Paschi déjà citée1, placée au troisième rang des banques italiennes par l’importance de son activité. Au lendemain du référendum du 4 décembre, sa nationalisation était à l’ordre du jour.

Mais pourquoi ne pourrait-on faire avec l’Italie ce qu’on a fait avec l’Espagne ? Il suffirait, selon les comptables spécialisés, de 70 ou 80 milliards d’euros de fonds publics. Deux obstacles s’y opposent formellement.

Un obstacle financier d’abord : l’Italie affiche aussi la deuxième dette publique européenne, soit 133% du PIB, après la Grèce proche de 200% ! Un sauvetage conséquent entraînerait une nouvelle dérive d’une dette publique que d’énormes efforts d’austérité n’ont pas permis de réduire, faute de croissance économique.

Mais il existe aussi un obstacle politique : la zone euro est soumise depuis le 1er janvier 2016 aux nouvelles règles de l’union bancaire. Règles qui comportent une innovation ravageuse : les fonds publics ne pourront être injectés que si, auparavant, des pertes sont imputées sur les créanciers des banques qu’on veut secourir, conformément à une règle imposée par Berlin. Les créanciers, ce sont les épargnants Italiens. Qui aura le cran de voler le peuple quand 80 personnes possèdent autant que la moitié de la population la plus pauvre du monde ?… (Pour l’anecdote, le cabinet de Trump pèse autant que 40 % des Américains les plus pauvres…)

Les nouvelles règles Européennes ne sont vraiment pas de bon augure pour le système bancaire Européen. Si une nouvelle crise de la dette ou de l’Euro devait revenir sur le devant de la scène, EUR/USD plongera sous la parité sur le forex.

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