Cours 9 : Précisions sur les notions de Consensus et de Déviation

Quand on parle d’indicateurs économiques, le plus important n’est pas tellement la variation de l’indicateur, mais l’écart entre les chiffres publiés et les chiffres qui avaient été anticipés par les économistes (la déviation).

Par exemple, les créations d’emplois US peuvent être au plus bas depuis 12 mois, ou même depuis plusieurs années, mais cela importe peu si ces contre performances sont prévues par les économistes.

Les cours du forex ne sont en effet pas seulement régis par le passé et le présent, mais aussi par l’avenir, qui reste l’élément le plus important. Si le taux de chômage britannique augmente de 7,9% à 8,1%, c’est une mauvaise nouvelle pour les travailleurs. Mais si le consensus avait anticipé un taux de chômage de 8,5%, cela devient une très bonne nouvelle si vous être un trader positionné à l’achat sur la Livre.

Les marchés et surtout le forex sont constamment en train d’évaluer les nouvelles informations pour sans cesse affiner leur vision du futur. Le marché a une idée précise des performances passées, une évaluation à peu près correcte de la situation présente, et des prévisions troubles pour le futur. Et le forex évolue au fil de l’éclaircissement de cette image trouble du futur, sans cesse en mouvement.

Comment les consensus sont-ils calculés ?

Les consensus résultent de sondages auprès d’économistes. Et on ne parle pas ici d’économistes enseignant à la fac du coin de la rue, mais d’économistes chevronnés directement connecté au marché de par leurs fonctions.

Les meilleurs sont très réactifs et ajustent leurs prévisions à chaque nouvelle donnée économique. Certains programment des modèles complexes pour réaliser des prévisions précises.

Dans le monde, il existe 200 groupes d’économistes répondant à cette description. Il sont appelés « économistes qualifiés » et leurs prévisions sont collectées par les agences Reuters et Bloomberg essentiellement.

Le but est de collecter autant de prévisions que possible sur chaque compartiment de l’économie, dans l’idée que les prévisions moyennes des économistes reflètent les attentes du marché. Si 45 prévisions sont collectées, les agences trient les données et définissent la médiane des prévisions, considérée ensuite comme le « consensus ».

Il faut cependant noter que lorsque l’on ne parle pas de données chiffrées, il devient bien plus difficile de déterminer le consensus, par exemple dans le cas d’élections, de politique fiscale des gouvernements, ou encore de deals commerciaux internationaux.

Au final, tout influence le forex, mais le plus important reste la croissance et l’inflation. Des deux, c’est la croissance qui est le plus important, parce que la croissance guide normalement l’inflation. Chaque nouvelle ou données économique prend place dans un gros tableau d’ensemble définissant la croissance et l’inflation, donc le plus important reste de savoir quelles sont les prévisions en terme de croissance et d’inflation.

Le consensus est important, mais ne fait pas loi, et n’est pas forcément représentatif des attentes…

Les traders forex pensent en effet généralement que les consensus établis par Bloomberg ou Reuters sont représentatifs des attentes réelles du marché. Cependant, ce n’est pas toujours le cas.

Comprenons tout d’abord le calcul des consensus

Il faut avant tout rappeler comment les consensus sont établis : Des agences de presse, essentiellement Reuters et Bloomberg, sondent les économistes en chef des grandes banques et des cabinets d’analyse au sujet de leurs prévisions.

Ils fournissent généralement leurs prévisions en se basant sur des modèles économiques, ou des méthodes d’analyse par régression, bien que dans certains cas les prévisions ne soit que des approximations sans grands fondements scientifiques.

Il faut aussi savoir que tous les indicateurs économiques ne sont pas égaux. Un indicateur économique important pourra être l’objet de plus de 50 estimations, tandis qu’un indicateur australien de second plan ne fera peut-être même pas l’objet de 10 prévisions.

Et quel que soit le nombre d’économistes faisant partie du panel du consensus, c’est la prévision médiane qui définit le consensus.

Le problème de l’écart entre la date de calcul du consensus et la date de publication de l’indicateur concerné

Un autre soucis de précision du consensus résulte du décalage temporel entre le calcul du consensus et la publication de l’indicateur concerné.

Beaucoup de prévisions d’économistes sont en effet collectées une semaine ou deux avant la publication de l’indicateur, et dans l’intervalle, de nombreuses données peuvent avoir influencé les prévisions, mais les économistes ne peuvent plsu mettre à jour leur prévisions une fois leur avis collecté.

Par exemple, dans la semaine précédent la publication des rapports NFP mensuels sur le chômage US, de nombreuses données importantes concernant l’emploi sont publiées : Le rapport ADP, la composante emploi des indices ISM, ou encore les inscriptions hebdomadaires au chômage.

Face à ces chiffres, les attentes du marché sont modifiées, mais le consensus lui ne l’est pas. Ainsi, dans la cas de notre exemple, si le consensus sur les NFP est optimiste mais que les statistiques de l’emploi de la semaine précédente sont mauvaises, les traders ne seront pas très surpris que les NFP ressortent sous le consensus.

Le problème des consensus sur les événements à issue binaire

Les consensus présentent un troisième écueil, qui concerne les événements où seules deux résultats différents sont possibles.

L’exemple le plus évident concerne les taux directeurs des banques centrales, où l’issue est généralement baisser (ou relever, en fonction du contexte économique actuel) le taux ou le laisser inchangé.

Or, les sondages d’économistes pour comprendre ce qui est attendu en matière de décisions de banques centrales sont semés de pièges. Par exemples, si 11 économistes sur 20 s’attendent à une baisse de taux, le consensus établit est « baisse de taux », de même que si 19 économistes s’y attendent. Le consensus dans ce cas ne permet donc pas de juger avec précision de la probabilité d’un résultat conforme.