Rôle des Banques centrales

La banque centrale est la « banque des banques » et est responsable de la politique monétaire au sein de la Zone où circule la monnaie que elle seule a le pouvoir d’émettre. Toutes les banques centrales n’ont pas les mêmes priorités en terme d’emploi, de croissance et, surtout, d’inflation. Par exemple, alors que la BCE n’a que pour seul objectif « officiel » (d’après le traité de Maastricht) de maintenir l’inflation proche de 2 % au sein de la Zone Euro, la FED des États-Unis, elle, est explicitement chargée d’atteindre des objectif de croissance, de plein emploi et d’inflation.

Les banques centrales contrôlent donc la quantité de monnaie qui se trouve en circulation et, en faisant varier cette dernière, influence l’offre de crédit au sein de la sphère économique et financière, apportant des liquidités bon marché lors de période de stress et en retirant des liquidités lors des périodes de surchauffe économique synonyme d’inflation.

  • Les banques centrales réalise des opérations d’open market par lesquelles la BCE peut injecter ou reprendre des liquidités en achetant ou vendant des actifs financiers sur le marché monétaire.
  • L’instrument principal que les banques centrales utilisent pour mener à bien leur politique monétaire est la modification des taux d’intérêt auxquels les banques « normales » ou, « commerciales » ou bien encore dites « primaires » peuvent se financer auprès d’elle.
  • La banque centrale peut également faire varier les conditions de financement à son guichet en modifiant le taux de réserve obligatoire que les banques primaires doivent détenir auprès d’elle.

La banque centrale contrôle également la solvabilité des banques primaires au travers de leur respect des accords de Bâle. Ce faisant, la banque centrale s’assure que les banques primaires ne prêtent pas plus que ce que leurs fonds propres ne leur permettent et qu’elles ne créent pas trop d’argent fictif… Et oui, lorsque vous empruntez à la banque pour acheter une maison, cette argent frais est purement créé par les banques primaires mais sera détruit lorsque vous l’aurez remboursé. Brillant non?

Ainsi, de nos jour, et depuis les accords de Bâle III, à l’initiative du G 20 et du FSB suite à la crise financière de 2007, les banques doivent posséder 7 % de capital de base, contre 2 % auparavant…

Influence des banques centrales sur le FOREX

Les banques centrales influencent donc l’octroi de crédits par les banques primaires à la sphère économique grâce à la fixation du prix de l’argent. En effet, en augmentant ou baissant le coût de l’argent pour les banques primaires, la banque centrale influe indirectement sur les conditions d’emprunt pour les entreprises et particuliers.

Cependant, lorsqu’une banque centrale décide de modifier ses taux directeurs, il y a des conséquences immédiates au niveau du taux de change de sa monnaie avec celles du reste du monde.

Un taux fort ralentira l’octroi de crédits dans sa zone monétaire mais attirera les capitaux étrangers, intéressés pas le rendement supérieur qu’offre la monnaie en question. Théoriquement, dans un tel contexte, la demande étrangère pour la monnaie (dont le taux directeur de la banque centrale a été augmenté) augmente, provoquant une appréciation mécanique du taux de change avec les monnaies du reste du monde sur le Forex.

A l’inverse, un taux faible permettra aux banques primaires d’accorder plus de crédits dans la sphère économique et donc, de stimuler la consommation et l’investissement. Cependant, en diminuant le taux directeur d’une monnaie, cette dernière devient moins attrayante pour les capitaux étrangers qui investiront plutôt vers d’autres monnaies dont le rendement est plus intéressant. Dans ce contexte, la chute de la demande pour cette monnaie entrainera mécaniquement une dépréciation sur le Forex.

D’autre part, les banques centrales agissent souvent sur le forex pour ajuster le taux de change à des niveaux plus en adéquation avec l’économie du pays, pratiquant donc des dévaluations compétitives la plupart su temps.

Critique des banques centrales

La Réserve fédérale des États-Unis (FED) :

La FED est accusée de pratiquer une politique monétaire beaucoup trop expansionniste, comprenez ici que la planche à billet tourne constamment à plein régime (quantitative easing) et que les taux d’intérêt restent trop souvent trop bas. La FED, fer de lance du capitalisme, est accusée d’être à l’origine de bulles à répétition et de la flambée des prix des matières premières.
Évidemment, étant donné que :

  • -Le Dollar est la monnaie internationale, ou plus justement, la monnaie de réserve internationale par excellence (les banques centrales étrangères détiennent majoritairement des Dollars en réserve)
  • Les échanges sont toujours largement facturés en Dollars
  • L’expansion du commerce international, l’économie mondiale à constamment besoin de plus de Dollars,

Les États-Unis peuvent ne pas se soucier de leur balance commerciale chroniquement déficitaire et peuvent vivre au-dessus de leurs moyens en toute quiétude… C’est le privilège exorbitant du Dollar qui aura été consacré lors des accords de Bretton Woods et, plus tard, en 1971, par l’annulation de la convertibilité du Dollar en Or. Le Dollar n’était plus gagé que sur du vent à partir de cette date, laissant la voie libre pour faire marcher la planche à billet…

Il est intéressant de noter que la FED n’a de fédérale que le nom… Elle n’est pas la propriété du gouvernement américain mais la propriété des banques primaires américaines qui sont ses actionnaires… Le saviez-cous !?

Banque centrale Européenne (BCE):

Les observateurs ne sont pas avares de critiques à l’encontre de la BCE non plus. Ainsi, il est souvent reproché à la BCE d’être obsédée par l’inflation, obsession qui nous vient directement de l’influence de la Bundesbank, traumatisée par l’inflation gigantesque d’entre deux-guerres. En effet, les Allemands avaient fait de l’inflation le pilier d’une éventuelle union monétaire et, même si il semblerait que la nomination de Mario Draghi fasse évoluer le rôle historique de l’institution, l’inflation reste l’unique prérogative officielle de la banque… Son indépendance est remise en cause et nombreux sont ceux qui souhaiteraient qu’un gouvernement économique européen qui pourrait dicter les objectifs d’inflation en fonction de la conjoncture économique, imposer une stratégie de taux de change et que la BCE prenne également en compte la croissance et l’emploi lorsqu’elle doit modifier ses taux directeurs. En effet, à l’inverse du Congrès américain qui, sur un simple vote, peut modifier les statuts de la FED, le parlement européen n’a aucun pouvoir sur la BCE et la présentation des rapports trimestriels par le président de la BCE devant le parlement est purement formelles.

Pour arriver à des telles avancées, il faudra un jour tordre le bras de l’Allemagne qui, contrairement à de nombreux petits pays de la Zone Euro, s’accommode très bien d’un Euro fort…

Bank of China (BoC)

La principale critique adressée à la banque centrale chinoise est de ne pas laisser flotter « librement » sa monnaie sur le marché des changes. En effet, la Chine conserve un taux de change déloyal, parce que sous-évalué, dans le but de maintenir sa compétitivité à l’exportation. Cet état de fait provoque des déséquilibres majeurs dans l’économie globalisée et se traduit notamment par l’accumulation de milliers de milliards de Dollars de réserves de change au sein de la banque centrale de Chine qui font peser des risques énormes sur la stabilité du système monétaire international. Le pendant à cette accumulation de Dollars étant l’accroissement de la dette des États-Unis. Que compte faire la Chine de tous ces Dollars??

La Banque Centrale du Japon (BoJ)

Le mandat confié aux responsables qui pilotent la politique de change du Japon est de garantir la stabilité du système bancaire et la stabilité des prix au sein de l’Empire nippon. Néanmoins, la banque ne s’embarrasse pas de l’éthique des banques centrales en dévaluant régulièrement sa monnaie de façon unilatérale afin de permettre à son industrie d’être plus compétitive à l’exportation… Ceci est contraire à l’esprit du libéralisme économique dans lequel s’inscrit les plus grandes banques centrales du monde.

La Banque Centrale d’Angleterre (BoE)

Maintenir la confiance en la Livre sterling et assurer la maitrise de l’inflation (en-dessous de 2 %) ou plutôt, la stabilité des prix au sein du Royaume-Uni sont les principaux objectifs que doit réaliser la banque centrale d’Angleterre. Les dernière critiques en date faites à cette vieille institution concernent sont manque de réaction face à l’entrée en récession en 2008, préférant se concentrer sur l’indice des prix à la consommation sur sur l’inflation du marché immobilier. La banque est également accusée d’avoir gardée ses taux trop haut trop longtemps alors que le signes d’un retournement économique étaient présents. Enfin, la banque fait marcher la planche à billet à plein régime depuis quelque temps afin d’essayer de rattraper ses erreurs. Une masse monétaire avoisinant les 15 % du PIB a été créée depuis la crise des subprime. Un quantitative easing plus conséquent que celui pratiqué aux États-Unis qui ne représente là-bas, que 10 % du PIB.

La Banque Nationale Suisse (BNS)

Avec une économie basée sur l’exportation et la finance, la Suisse souffre de la bonne réputation de sa monnaie, ce qui provoque une appréciation récurrente de cette dernière. Ainsi, le mandat confié à la Banque Nationale Suisse est de soutenir les exportations en stabilisant les prix à un niveau bénéfique aux exportations. La Banque Nationale Suisse, à l’instar de la banque du Japon, intervient également souvent sur le forex pour déprécier sa monnaie. La banque a même clairement signifié qu’elle interviendrait chaque fois que le Franc Suisse s’approcherait trop d’un taux de change clé avec l’Euro (1,20 actuellement)…