Introduction à l’analyse fondamentale théorique

Il existe un vieux combat entre les supporters de l’analyse technique et ceux de l’analyse fondamentale. Les défenseurs de l’analyse fondamentale diront qu’étudier les graphes des cours passés pour prédire le futur est tout simplement irrationnel et que seule la prise en compte de facteurs économiques et politiques tangibles permet de prévoir l’évolution des prix futurs. Les défenseurs de l’analyse technique soutiennent que l’étude des graphes permet d’utiliser le caractère moutonnier des opérateurs devant des situations familières que tout le monde observe en même temps. Alors que les défenseurs de l’analyse fondamentale ne jurent que par la confrontation des statistiques économiques concrètes pour évaluer le bon prix et donc anticiper son évolution future.

Nous ne nous faisons pas l’apôtre d’une stratégie d’analyse en particulière et nous vous recommandons d’ailleurs de prendre ce qu’il y a prendre dans chacune d’elles. L’analyse de la façon dont un cours fluctue au court du temps et réagit au contact de certaines zones selon l’ampleur de l’effet moutonnier des traders (AT) est tout aussi cruciale que l’analyse fondamentale qui confronte toutes les statistiques macro-économiques (en comparant les consensus) susceptibles d’influencer une paire de devises.

Ça existe un trader qui se base uniquement sur l’analyse technique ?

Il existe des traders qui se concentrent seulement sur l’analyse technique mais cela sont peu nombreux et moins performants car moins bien renseignés que les traders qui se basent également sur l’analyse fondamentale. Si suivre en permanence l’évolution du prix et d’en connaître les seuils importants est certainement une bonne idée, n’importe quel trader doit également être capable d’avoir une opinion macro-économique et rester alerte aux grands rendez-vous économiques comme la conférence de presse mensuelle de la BCE, par exemple.

Dans les faits, chaque trader utilise les deux sortes d’analyse. Simplement, ils intégreront les informations de diverses façons, dans une optique de temps et une stratégie différente. Certains traders accorderont plus de poids à l’analyse économique, d’autres, à l’analyse technique, d’autres aux analyses des médias, des rumeurs, des corrélations entre les marchés tec…et tout cela avec des stratégies à plus ou moins long terme.

Maintenant que tout cela est dit, l’impact médiatique de certaines sources d’informations n’est pas à négliger non plus et tout trader profitable qui se respecte doit se tenir constamment au courant de ce qui parait dans la presse (Wall Street Journal, le Monde, Financial Time etc…). La meilleure façon d’opérer lorsque vous investissez votre argent sur le forex, est d’être au courant de la tendance fondamentale basée sur les statistiques économiques tangibles et suivre en temps réel les graphes ainsi que les sources d’informations disponibles sur internet (comme professeurforex.com !).

Rajoutons que la prise en compte du seul paramètre de l’analyse fondamentale vous permettra néanmoins de prendre des positions à plus long terme, si vous n’avez pas le temps de vous plonger dans les graphes toute la journée.

La différence entre le trader d’Analyses techniques et le trader d’Analyse fondamentale

Alors que le trader sur analyse technique se positionnera en fonction d’une configuration de cours particulière que tout le monde aura repéré (résistance, support, triangle haussier, canal, signaux indicateurs technique MACD, RSI…, figure graphiques comme épaule tête épaule, forme de Doji comme une étoile filante…), le trader d’analyse fondamentale essayera plutôt de tirer des conclusions des données économiques fondamentales afin d’anticiper la tendance de fond. L’analyse technique est assez efficace pour trouver des points d’entrée, repérer les seuils importants et tenter de déceler la psychologie du marché face à des situations de cours particulières. Mais l’analyse technique seule ne permet pas d’être un trader profitable sur le long terme car ce dernier a besoin de comprendre les raisons fondamentales qui font bouger les prix pour éviter de fâcheuses déconvenues

Analyse graphique Analyse fondamentale
Horizon d’étude Plutôt Court terme (mais l’AT peut servir à repérer des seuils clefs également sur le long terme) Plutôt Long terme
Horizon d’investissement L’analyse des graphes porte le plus souvent sur une semaine pour des prises de position intraday L’analyse économique fondamentale se faisant sur le long terme, elle peut naturellement servir pour investir à long terme
Outils d’analyse Volumes,

résistances, supports, triangles haussiers, canals,

signaux indicateur technique MACD, RSI…,

figure graphique comme épaule tête épaule,

forme des chandeliers comme l’étoile filante…

Calendrier économique, PIB, taux directeurs des banques centrales, balance commerciale, inflation, production, sentiment des producteurs et consommateurs, publications des organisations internationales (FMI, OCDE, banques centrales …)…
Transposable Sur n’importe quel marché Sur un marché spécifique
Philosophie Étude des cours passés ainsi que des volumes pour anticiper les cours futurs en se basant sur l’effet moutonnier des marchés. Analyse fondamentale des paramètres politico-économiques et leurs anticipations qui affecteront l’offre et la demande
Basée sur La psychologie des marchés La prise en compte des statistiques économiques et des perspectives de croissance ainsi que de la conjoncture politique
Ce que chaque type d’analyse permet de faire lorsque l’on combine les deux. -Les seuils susceptibles de remettre en cause la tendance ou simplement provoquer une correction technique limitée

-Les points d’entrée

-Confirmer une tendance

-Associer l’ampleur des mouvements au signaux des indicateurs techniques (RSI, MACD…)

- Anticiper la tendance de fond sur plusieurs semaines et même plus longtemps

-Associer l’ampleur des mouvements aux statistiques économiques journalières et des évolutions politiques et monétaires

Le raisonnement de l’analyste fondamentale

Le raisonnement est très simple et tient en une phrase simple :

Plus la croissance d’une zone économique augmente et plus sa monnaie aura tendance à s’apprécier.

En effet, une économie affichant une croissance vigoureuse est un signe de bonne santé économique et donc synonyme de monnaie plutôt forte. C’est le principe de base mais l’analyse fondamentale s’avère plus compliquée lorsque l’on entre dans les détails.

Faire de l’analyse fondamentale signifie interpréter les statistiques économiques afin de savoir si elles sont favorables où non à la croissance. Mais pour analyser le taux de change d’une paire de devises, encore faut il prendre en compte les économies des deux monnaies concernées ainsi que leur relations économiques.

(Un pays A affichant une croissance de 4 % aura tendance à avoir une monnaie forte me direz-vous ? Mais si la monnaie étrangère B repose sur une économie ayant une croissance de 10 %, la monnaie A aura tout de même tendance à se déprécier face à la monnaie B)

La croissance se trouve en haut de la pyramide du raisonnement fondamental car son calcul dépend de certains paramètres (statistiques) économiques déterminants.

La croissance se mesure à l’aide du PIB :

Taux de croissance = ((PIB – PIB-1) / PIB-1) * 100

(PIB-1 désigne le PIB de l’année antérieure)

Les PIB sont mesurés en volume (pour éviter de considérer l’inflation des prix comme de la croissance économique)

Le PIB lui est calculé grâce aux agrégats des comptes nationaux :

PIB = Consommation + Investissement + variations de stock + exportation – importation

A la lueur de ces simples formules, il apparaît que les principales données économiques à suivre dans le cadre de l’analyse fondamentale d’un taux de change, soient la consommation, l’investissement et la balance commerciale.

Consommation :

La consommation peut être anticipée grâce à l’analyse du chômage, de la confiance des consommateurs, mises en chantier, ventes de logement neufs …

Investissement :

L’investissement peut être analysé grâce aux commandes de biens durables, sentiment des directeurs d’achat, indices PMI, production industrielle …

Balance commerciale :

La balance commerciale permet également de se faire une idée de la demande et l’offre de monnaie pour une parité de devises. Un pays affichant une balance commerciale excédentaire aura tendance à voir sa monnaie s’apprécier face aux pays déficitaires vis-à-vis de lui..

Taux directeur :

Au-delà de la forme économique et financière de deux pays dont on compare le taux de change, il existe un autre déterminant crucial qui est le taux d’intérêt directeur des banques centrales. En effet, malgré des fondamentaux économiques, les banques centrales peuvent mener une politique monétaire particulière qui influence largement les taux de change.

Le taux directeur d’une banque centrale est le taux minimum que vous pouvez espérer récolter si vous détenez votre argent dans la devise de cette banque centrale. Par conséquent, si cette banque centrale offre un taux de rémunération attractif, sa monnaie attirera les capitaux étrangers et la demande de la monnaie étant renforcée, cette dernière s’appréciera.
(Pour aller plus loin, une baisse de taux d’intérêt provoquera théoriquement une baisse du coût de l’argent au niveau des banques commerciales et donc une augmentation de la consommations des ménages ainsi que des investissements des entreprises. Deux déterminants majeurs de la croissance économique, nous y revenons!)

A l’inverse, une hausse du taux d’intérêt directeur de la banque centrale provoquera une raréfaction des crédits de la part des banques centrales, une baisse de la consommation et de l’investissement et in fine, une diminution de la croissance.

Inflation :

L’inflation est également un facteur important à prendre en compte car si la hausse des prix n’est pas maitrisée, cela débouchera automatiquement sur une dépréciation de la monnaie. Et d’autant plus si les salaires ne sont pas bien indexés à l’inflation car le pouvoir de consommations des ménages s’en trouve érodé.

Dette :

La dette d’un pays est également un paramètre de plus en plus important qu’il faut prendre en compte dans son analyse fondamentale. Un pays accusant un déficit chronique de sa balance commerciale ainsi que des déficit budgétaires récurrents aura tendance à s’enfermer dans un cercle vicieux dangereux

La complexité d’une Zone monétaire :

Si nous prenons l’exemple unique de l’Euro, l’interprétation des données économiques n’est pas aisée et la dimension économique se mêle souvent avec la politique. La situation particulière de la Zone Euro vient du fait que ses pays membres possèdent des économies hétérogènes (ne s’accommodant pas forcément du taux de change de l’Euro…) et utilisent la même monnaie sans avoir abandonné leur souveraineté économique et budgétaire.

L’interprétation des situations économiques, politiques et stratégiques de la Zone Euro est donc difficile. Gardons tout de même en tête que ce sont les statistiques de l’Allemagne qui sont les plus importantes.