La Banque Mondial

Petite sœur du FMI, la banque mondiale, de son vrai nom, la banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a été créé en juillet 1944 lors de la célèbre conférence monétaire de Bretton Woods et dont le siège se trouve à Washington, en face de sa petite soeur. La banque mondiale est gouvernée par Robert B. Zoellick depuis 2002. Elle a depuis été complétée par 4 institutions dont on parle moins qui sont :

  • La société financière internationale 1956 (SFI, pour financer les prêts et les investissements réalisés par les entreprises dans les pays à risque )
  • L’association internationale de développement 1960 (AID, ses prêts sont réservés aux pays les moins développés )
  • Le centre international pour le règlement des différent relatifs aux investissements 1966 (CIRDI)
  • L‘agence multilatérale de garantie des investissements 1988 ( AMGI, pour la sécurisation des prêts )

Ces cinq institutions forment désormais le groupe banque mondiale. L’appellation courante « banque mondiale » désigne plutôt la BIRD et l’AID, dont le capital est détenu par ses 187 états membres. Ces deux institutions ont chacune leur rôle mais travaillent en principe en étroite collaboration pour promouvoir une mondialisation pérenne et solidaire.

Le 9 mai 1947, elle approuva son premier prêt, qui fut accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars (en valeur actualisée, il s’agit du plus gros prêt consenti par la Banque). La Banque mondiale a été créée principalement pour aider l’Europe et le Japon dans leur reconstruction, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, mais avec le mouvement de décolonisation des années soixante, la banque mondiale a redirigé tous ses efforts envers la croissance économique des pays en voie de développement africains, asiatiques et latino-américains.

L’objectif de la BIRD estde réduire la pauvreté dans le monde alors que l’AID se concentre sur les pays les plus pauvres. Les deux institutions accordent des prêts à des taux préférentiels aux pays en difficulté, financent des projets d’ONG, conduisent de nombreuses recherches en rapport avec le développement de chaque pays et partage son savoir avec ces derniers.
En contrepartie, la banque mondiale, à l’instar du FMI, pose des conditions (appelées « politiques d’ajustement structurel ») comme par exemple, le combat contre la corruption, maintenir un équilibre budgétaire ou faciliter l’émergence d’une démocratie…

Fonctionnement de la banque mondiale

Les efforts de la Banque mondiale s’articulent autour de six thèmes stratégiques : les pays les plus pauvres, les États fragiles et touchés par un conflit, le monde arabe, les pays à revenu intermédiaire, les biens publics mondiaux et l’éducation.

Les financements sont destinés à appuyer des investissements dans un vaste éventail de secteurs : éducation, santé, administration publique, infrastructure, développement du secteur financier et du secteur privé, agriculture, gestion de l’environnement et des ressources naturelles, etc…

Le conseil des gouverneurs

La banque mondiale est semblable à une coopérative dont les actionnaires sont les 187 pays membres. Ces actionnaires sont représentés par un conseil des gouverneurs, qui est l’organe de décision suprême de la banque mondiale et est constitué généralement des ministres des finances ou du développement des pays membres. Ils se réunissent trois fois par an à l’occasion des assemblées annuelles du groupe banque mondiale et du FMI.

Le conseil des administrateurs

Nous trouvons en-dessous du conseil des gouverneurs, 25 administrateurs, dont cinq sont nommés par la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni en raison du poids de ces actionnaires… Le même principe démocratique que le FMI s’applique à la banque mondiale : Un Dollar = Un vote. Ensemble, ils forment le conseil des administrateurs.

Les administrateurs se réunissent deux fois par semaine pour superviser les activités de la banque mondiale.
D’un commun accord tacite, les États-Unis nomment le président de la banque mondiale pour 5 ans (renouvelable) alors que les Européens se chargent du FMI…

Robert Zoellick a été élu président du groupe de la banque mondiale par le conseil des administrateurs en juillet 2007.

Critique de la banque mondiale

Selon Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la banque mondiale et prix Nobel d’économie 2001, interviewé en 2002, « Le changement le plus fondamental qui s’impose pour que la mondialisation fonctionne comme elle le devrait, c’est celui de son mode de gouvernement. Il faut réformer l’ensemble des institutions financières internationales afin que les ministres des finances et du commerce ne soient pas les seuls à se faire entendre au FMI, à la BM ainsi qu’à l’OMC. Il faut également renoncer au principe 1 Dollar, un vote…

Les gouvernements en place rebutent à prendre des mesures anti-corruption et à organiser de véritables élections démocratiques, ce qui nuit grandement à la légitimité de la banque qui n’est, au final, qu’une « agence spécialisée » de l’ONU détenue par les États les plus riches.

Joseph Stiglitz estime que la nomination de Robert Zoellick « est dans la continuité de celle de Paul Wolfowitz, dont le mandat a été une catastrophe ».

Les mouvements altermondialistes accusent la Banque Mondiale de répondre davantage aux exigences des multinationales qu’à celles des populations locales, notamment au niveau des normes environnementales…

Notons tout de même qu’en Mai 2008, le rapport de la mission croissance et développement qu’elle avait diligenté concluait : « la croissance indispensable pour faire reculer la pauvreté et assurer un développement durable réclame un État fort, c’est à dire une planification à long terme ». Il s’agit tout de même d’une remise en cause salutaire de l’idéologie du marché autorégulateur que la banque mondiale et le FMI cherchaient à imposer à tous les pays qu’elle soutenait financièrement. Le consensus de Washington semble n’être qu’un lointain souvenir pour la banque mondiale, à la différence du FMI…

Principales publications de la banque mondiale
Rapport annuel de la banque mondiale
Rapport sur le développement dans le monde
Doing Business (mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 183 pays)
Rapport sur les perspectives économiques mondiales
Rapport de suivi mondial