Le Fonds Monétaire International (FMI)

Introduction/Historique

Le FMI pourrait signifier « Fraternité mal intentionnée »… tant ses recommandations (consensus de Washington) semblent de bon aloi au premier abord, mais mortifères par la suite. Le Fonds monétaire international a été fondé officiellement le 27 décembre 1945 après la ratification par 29 pays des statuts adoptés lors de la célèbre conférence monétaire et financière de Bretton Woods, tenue aux états-Unis en juillet 1944.
John Maynard Keynes (célèbre économiste Britannique) n’avait pas réussi à imposer la création du Bancor, une nouvelle monnaie internationale lors de cette conférence et c’est la vision de l’américain Harry Dexter White qui l’emportera finalement, sacrant le Dollar comme monnaie d’échange, de paiement et de réserve par excellence. En effet, les États-Unis, grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale, souhaitaient conserver le formidable privilège que conférait le Dollar, monnaie internationale. A la demande de Keynes, le FMI sera créé en vue de réguler le système monétaire international de changes fixes et de mettre fin aux fréquentes dévaluations en mettant temporairement des ressources à disposition des états souffrant d’un déséquilibre de leur balance des paiements.
Le FMI a depuis perdu sa raison d’être lorsqu’en 1971, suite à une décision unilatérale des États-Unis de mettre fin au système des changes fixes et de supprimer la convertibilité du Dollar en Or, pilier des accords de Bretton Woods. Le secrétaire au trésor Connally, devant une délégation Européenne s’inquiétant des fluctuations du Dollar face à l’Or, déclara cette fameuse phrase : « Le Dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème »…
Le rôle du FMI a donc évolué et l’institution est devenue une sorte de préteur en dernier ressort pour les pays rencontrant des difficultés de financement. Des prêts octroyés en contrepartie de la mise en œuvre par les pays concernés, de politiques draconiennes, appelées « plan d’ajustement structurel » afin de parvenir à l’équilibre de leur balance des paiements. Il s’agit là de règles empruntées au « consensus de Washington » et inspirées du modèle néolibéral américain. Des régles au nombre de 10, ca vous rappelle rien…?
Le FMI conditionne son appuis à une réforme de l’État ainsi que l’introduction de mesures libérales. Les réformes du FMI se solderont souvent par des échecs cuisants, dont ceux des pays d’Amérique du Sud en sont un bon exemple…
Il s’agit de mesures néolibérales telles que :

  • La privatisation
  • La libre circulation des capitaux
  • La réduction des quotas et tarifs douaniers
  • Le renforcement de la concurrence
  • La défense des droits de propriété …

Les « bénéficiaires » des prêts du FMI

Les destinataires des prêts du FMI ont évolué au gré des événements qui ont marqué l’histoire tels que le choc pétrolier des années 70, la crise de la dette des années 80, la transition des pays de l’ancien bloc communiste vers l’économie de marché ou encore, au début des années 2000, l’Amérique latine qui traversera de grandes difficultés. Les inquiétudes sur les dettes souveraines en Europe ont récemment poussé le FMI à s’associer à l’Union européenne pour prêter aux États menacés de faillite : la Grèce, l’Irlande le Portugal et, qui sait, peut être l’Italie et l’Espagne demain… L’intrusion du FMI au sein des affaires européennes a été largement critiquée par les observateurs qui y voient une perte de souveraineté regrettable mais rendue nécessaire selon certains devant l’incapacité des États à mettre leur pays sur les bon rails…

Les fameux DTS du FMI

Le FMI émet par ailleurs des droits de tirage spéciaux (DTS), qui servent d’avoir de réserve supplémentaire. Ils ont été créés en 1969 lorsque les réserves d’or et de devises devenaient insuffisantes pour suivre l’expansion du commerce mondiale. Chaque État membre versera au FMI une contribution, appelée quote-part. Recalculée au moins tous les cinq ans, elle dépend du poids économique du pays. Le FMI représente, de plus, le troisième plus grand détenteur officiel d’or au monde (Ses avoirs approchent les 3000 tonnes). Le FMI peut vendre de l’or ou en accepter en paiement des quotes-parts des États membres.
Néanmoins, les États-Unis, possédant une sorte de droit de véto (car possédant 15 % des quotes-parts alors qu’aucune décision ne peut être prise si au moins 85 % des voix ne sont pas rassemblées) s’opposent à une montée en puissance de la Chine et à l’intégration du Yuan dans le panier de devises des DTS tant que la dictature communiste n’aura pas laissé flotter sa monnaie…

La gouvernance du FMI

Le Conseil d’administration :
Le Conseil des gouverneurs a délégué la plupart de ses pouvoirs au Conseil d’administration du FMI, composé de 24 membres depuis 1992. Cinq administrateurs sont nommés par les pays qui détiennent les cinq quotes-parts les plus élevées (États-Unis, Japon, Chine, Allemagne, France) et dix-neuf sont désignés par le reste des pays membres. Dans le cadre de la réforme de la gouvernance du FMI, depuis 2012, les vingt-quatre administrateurs seront tous élus par les pays membres et plus aucun ne sera nommé.
Depuis 2006, la structure de gouvernance de l’institution fait l’objet d’une réforme profonde, rendue nécessaire par l’évolution rapide de l’économie mondiale, marquée par la montée en puissance de grands pays émergents. Premier actionnaire de l’institution, les États-Unis y exerce une influence particulière. Leur approbation est indispensable pour tout accord et ces derniers restent défavorable à une montée en puissance de l’influence de la Chine au sein de l’institution tant que cette dernière n’aura pas libéralisé son taux de change en le laissant flotter sur le Forex.
Le directeur général du FMI: un Européen par tradition…
Le Directeur général est nommé par le Conseil d’administration pour un mandat renouvelable de cinq ans.
Les vingt-quatre administrateurs peuvent proposer la candidature de ressortissants de n’importe quel pays membre de l’institution mais dans les faits, depuis la création de l’institution, les dix directeurs qui se sont succédés étaient tous européens.
Depuis les accords de Bretton Woods de 1944, un accord tacite partage en effet les deux institutions du nouvel ordre économique entre Américains et Européens: les premiers dirigent la Banque mondiale, les seconds le FMI…
Pas moins de cinq Français ont pris la tête de l’institution: Pierre-Paul Schweitzer dans les années 60, Jacques de Larosière dans les années 80, suivi de Michel Camdessus jusqu’en 2000, Dominique Strauss-Kahn, depuis 2007 et enfin Christine Lagarde depuis 2011.

Influence du FMI sur le Forex

En dépit de la mauvaise réputation du FMI, lorsque ce dernier intervient dans un pays, il s’agit souvent de la carte de la dernière chance, et donc, apparaît souvent en chevalier blanc qui va venir prêter à l’État en ruine lorsque plus personne ne veut le faire ou lorsque les marchés proposent des prêts à des taux exorbitants ( En témoigne les taux pratiqués pour les obligations Grecques à plus de 20 % au plus fort de la crise ). Dans ce contexte, l’intervention du FMI aura toujours une influence non négligeable sur le taux de change de la monnaie de l’État ou la Zone monétaire en question.
La crise récente de la dette en Europe a permis de valider l’effet « positif » pour l’Euro lorsque des plans de sauvetage ont été avancés par le FMI.
D’autre part, le FMI est l’une des rares sources d’information économique qui regroupe les statistiques du monde entier et ses prévisions en terme de croissance sont très suivies, ayant donc un effet non négligeable sur le forex.

Critique du FMI

Le FMI comme vous l’aurez compris, est loin d’être une institution démocratique et la règle qui prévaut au sein de cette institution vieille de 65 ans est : Un Dollar, une voix… Le FMI est souvent dépeint comme le cheval de Troie des États-Unis puisque ces derniers, en possédant 85 % des droits de vote, sont les seuls à posséder un droit de veto et contrôlent donc le FMI… L’Europe est toutefois, en additionnant toutes ses quotes-parts, est « l’actionnaire » majoritaire de l’institution.
D’autre part, ses orientations sont « discutables » et ses résultats « peu convaincants » à la lueur de son mandat historique lors des accords de Bretton Woods qui était de lutter contre la pauvreté… En effet, l’idéologie économique néolibérale prônée par le FMI, au sein d’un monde globalisé mais très hétérogène où les « règles » ne sont pas forcément respectées partout, toute dimension étudiée, fait largement débat aujourd’hui et la multitude des crise financières et économiques est là pour nous le rappeler…
Certains n’hésitent pas à dénoncer que les mesures néolibérales imposées par le FMI, mais également par l’OMC…, n’ont pour seul et unique but d’ouvrir les marchés de tous les pays aux grandes multinationales afin de piller les ressources naturelles et s’offrir des débouchés pour leurs productions…
Joseph E. Stiglitz, Prix Nobel d’économie, Vice-Président de la Banque mondiale : « Il est hors de doute qu’une certaine souffrance était inévitable, mais, à mon sens, celle qu’ont subie les pays en développement dans le processus de mondialisation tel qu’il a été dirigé par le FMI et par d’autres institutions économiques internationales a été de loin supérieure au nécessaire. […] Peu de gens aujourd’hui – sauf ceux qui bénéficient personnellement de l’exclusion des produits des pays pauvres – défendent cette grande hypocrisie : on prétend aider des pays en développement alors qu’on les force à ouvrir leurs marchés aux produits des pays industriels avancés, qui eux-même continuent à protéger leurs propres marchés. Ces politiques sont de nature à rendre les pays riches encore plus riches et les pays pauvres encore plus pauvres – et plus furieux. »

Les publications importantes du FMI

  • Perspectives économiques mondiales
  • Perspectives économiques régionales
  • Rapport sur la stabilité financière mondiale
  • Rapport économique par pays
  • Rapport annuel