Leçon 28: Psychologie du trader forex

Vous en avez certainement déjà entendu parler si vous avez pu écouter des traders expérimentés : La psychologie est la gestion des émotions est une des plus grandes difficultés que peut rencontrer un trader.

En investissant son propre argent et en prenant des risques, on fait immanquablement intervenir beaucoup d’émotions : L’avidité, l’espoir, la peur, voire même la panique!


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Quand on commence à trader en conditions réelles, on se rend vite compte que ce sont ces émotions qui sont la source des plus grandes pertes et des plus mauvaises opérations.

La plupart du temps, vos émotions vous conduiront en effet à prendre la mauvaise décision.

Plutôt que de vous détailler les erreurs que peuvent engendrer les émotions, nous avons décidé de nous appuyer sur les propos d’un célèbre trader, Jesse Livermore, qui opérait au début du 20 ème siècle, en vous présentant et en vous expliquant des extraits de sa biographie, Mémoires d’un spéculateur.

« En fait, j’ai toujours gagné de l’argent lorsque j’étais certain d’avoir raison avant même de prendre position. Ce qui me perdait c’était de vouloir prendre sans cesse de nouvelles positions »

« C’est le besoin d’agir sans cesse et sans raison valable qui est la cause de tant de pertes à Wall Street, même chez les professionnels »

« Personne ne peut disposer de raisons valables pour acheter ou vendre tous les jours »

Ici, le trader met en lumière un biais courant chez beaucoup de traders : Ne pas être capable de rester à l’écart du marché. Si on a toutes les bonnes raisons de prendre une position, on y va. Sinon, on s’abstient, tout simplement…

Parce qu’il est impensable que des opportunités réellement profitables se présentent tous les jours, à moins d’avoir vraiment l’oeil sur tous les marchés et toutes les paires de devises…

Parfois, le marché est très indécis, et attend des évènements importants avant de se décider, et dans ce cas, les variations peuvent être irrationnelles, et il faut dans ces cas savoir s’abstenir pour préserver son capital, et ses nerfs !

«Celui qui a raison a toujours deux alliés à ses côtés : les conditions de base et tous ceux qui ont tort»

Avec cette phrase, Livermore résume les raisons pour lesquelles certains « vents de panique » sur les marchés peuvent être extrêmement profitables pour certains…

Par « conditions de base », l’auteur entend « fondamentaux », c’est à dire les bilans et résultats pour les entreprises par exemple.

Ainsi, si un vent de panique fait chuter le cours d’une action en dessous de sa « valeur réelle » (valeur réelle de la société / nombre d’actions), cela crée de grosses opportunités pour ceux qui ont su rester de marbre, et se fier à des éléments tangibles au lieu de céder à la panique.

Car une fois la panique passée, tous les « moutons » voudront racheter aussi vite qu’ils ont voulu vendre (et donc faire rapidement monter les cours), mais pour eux, il sera trop tard.

C’est la même chose pour les devises, parfois, certaines paires montent ou chutent de façon irrationnelle, et ceux qui ont su faire confiance aux fondamentaux s’en sortent remarquablement bien.

« Sans confiance dans son propre jugement, personne ne peut aller bien loin. »

Là, on rejoint ce qu’on disait juste avant : Pour ne pas céder aux paniques injustifiées, il faut avoir confiance en soi et en son jugement, et avoir des certitudes assez fortes pour ne pas être perturbé par les avis contraires. Il peut cependant être difficile de se faire confiance, une fois la position prise, et les meilleurs outils pour pallier à ce problème sont les stops et les limites.

« La seule chose qu’on ait à faire quand on réalise qu’on se trompe, c’est d’avoir raison en cessant d’avoir tort. »

Un trader peu parfois être orgueilleux, et l’orgueil sur les marchés accentue les pertes…

Si on réalise que l’on s’est trompé, mieux vaut couper les position et passer à autre chose. Savoir admettre que l’on s’est trompé dans le trading peut permettre d’éviter de lourdes pertes, et ouvre la voie à de gros gains.

« C’est le fait d’avoir tort, pas le fait de perdre, qui nuit le plus à votre portefeuille et à votre âme. »

Jesse Livermore explique ici que ce n’est pas grave d’accuser des pertes, l’important étant de ne pas les laisser enfler.

On peut avoir tort, mais comme il disait dans la citation précédente, on a raison dès qu’on sait qu’on a eu tort… L’important n’est donc pas de gagner à chaque fois, mais d’avoir assez souvent raison pour que le bilan soit positif. Le trader met également ici en lumière le défaut de beaucoup de traders dont on parlait précédemment : l’orgueil.

« J’ai fait exactement ce qu’il ne fallait pas faire. Je perdais sur le coton et j’ai conservé ma position. Je gagnais sur le blé et j’ai vendu ma position »

« Il faut toujours vendre la position qui est perdante et garder celle qui est gagnante »

Avec ces deux citations, Livermore souligne l’erreur la plus commune dans le trading : Vendre trop tôt une position gagnante, et conserver trop longtemps une position perdante.

Un trader qui garde trop longtemps une position perdante ne veut pas admettre qu’il a eu tort, il se dit que le vent va tourner en se basant uniquement sur l’espoir.

Un trader qui coupe trop tôt une position gagnante manque de confiance en lui, et s’étonne presque d’avoir eu raison. Alors il coupe, en se disant que ce qu’il a gagné c’est déjà bien, pour ensuite se rendre compte qu’il avait vraiment raison et qu’il aurait pu gagner trois fois plus, quand ce n’est pas dix fois plus.

« De toutes les erreurs de la spéculation, il n’y en a pas de plus grave que d’essayer de moyenner une position perdante. »

On rejoint encore une fois le principe selon lequel il faut rapidement admettre qu’on a eu tort quand c’est le cas.

L’auteur met donc en lumière une erreur courante : augmenter la taille d’une position perdante afin de faire baisser mathématiquement son prix d’achat moyen, dans l’espoir d’une remontée future.

Cela peut être judicieux dans certains cas, mais il faut être certain d’avoir raison quand la majorité a tort…

Cependant, d’une manière générale, il vaut mieux couper tôt, et passer à autre chose, surtout quand on trade à court terme.

« Aucune personne raisonnable ne peut se plaindre de payer pour ses erreurs »

Les erreurs forgent l’expérience, c’est ce que Livermore semble vouloir dire ici. Une erreur serait en effet moins marquante si elle n’occasionnait pas une perte financière…

On peut aussi penser que l’auteur paraphrase simplement l’expression populaire « on ne peut s’en prendre qu’à soi même », ce qui est particulièrement pertinent quand on parle d’erreur de trading…

« Tout ce qui se produit sur les marchés aujourd’hui s’est déjà produit dans le passé et se produira dans l’avenir »

Par cette phrase, l’auteur met en lumière le postulat de base de l’analyse technique « originelle » : Ce qui s’est produit dans le passé se reproduira à l’avenir.

C’est le principe sous jacent de toute la doctrine de l’analyse technique : Par exemple, une résistance est fondée sur le fait que si les cours ont échoué a franchir un seuil plusieurs fois, il y a de fortes probabilités pour que la situation perdure.

« Dans la pratique, on doit se méfier de beaucoup de chose, et surtout de soi-même, c’est à dire de la nature humaine »

L’ennemi numéro 1 du trader est sa psychologie, ses émotions. L’avidité, la peur ou encore l’espoir, peuvent en effet pousser les investisseurs à prendre des décisions irrationnelles.

« Une grande partie des désastres réalisés par des hommes brillants peuvent être directement attribués à la prétention, une maladie très couteuse partout et pour tout le monde, particulièrement pour un spéculateur »

Comme nous l’avons déjà souligné, un défaut qui peut faire perdre beaucoup d’argent est l’orgueil. Rien n’est plus pénalisant que de ne pas admettre qu’on a pris une mauvaise décision, de se croire forcément plus fort que le marché.

Il faut faire preuve d’humilité et savoir rapidement admettre qu’on a tort pour réussir en trading…

« Il n’existe personne à Wall Street qui n’a pas perdu de l’argent en essayant de faire payer par la bourse qui une voiture, qui un bijou, un bateau ou un tableau »

« Que fait un homme quand il se met en tête de faire payer par la bourse une nécessité pressante ? Et bien il ne fait qu’espérer : il parie »

« Bien sûr, il m’arrivait de me laisser gagner par l’excitation du jeu, et je perdais alors tout jugement »

L’avidité, que l’auteur évoque directement avec ces phrases est également un défaut qui peut être préjudiciable… Lorsque l’on est pressé, on prend le risque de faire des erreurs, ou de prendre des positions avec une conviction douteuse, tout simplement parce qu’on veut se donner le maximum de chances de gagner vite.

Et tout ce qu’on arrive a faire au final en agissant ainsi, c’est perdre de l’argent au moins aussi rapidement qu’on espérait en gagner…

« Vous trouverez beaucoup de gens, réputés intelligents, qui sont haussiers simplement parce qu’ils ont des actions »

Jesse Livermore pointe ici un biais courant chez certains investisseurs, qui essaient de se rassurer en se persuadant que le marché va aller dans le bon sens. Il est en effet bien plus confortable psychologiquement de penser que ça va monter quand on a acheté…

Mais encore une fois, on ne fait rien de bon en agissant ainsi, on reste aveugle et sourd aux évolutions du marché, et lorsque l’erreur devient impossible à occulter, il est trop tard et on a déjà beaucoup perdu…

« S’emporter contre le marché parce qu’il ne réagit pas comme vous vous y attendiez, ou parce qu’il évolue irrationnellement contre vous, n’a pas plus de sens que de reprocher à vos poumons une pneumonie »

L’auteur rappelle ici un principe qui lui est cher : « On ne peut s’en prendre qu’à soi même » quand on a eu tort…

« Lorsque vous avez compris ce qu’il faut faire pour ne pas perdre d’argent, vous commencez à comprendre ce qu’il faut faire pour en gagner »

Lorsqu’on arrive à limiter ses pertes, lorsqu’on sait abandonner vite de mauvaises positions et ne pas prendre de positions à tout prix, on a parcouru 90% du chemin qui mène à la réussite en trading. Ensuite, tout est question d’optimisation et de gestion du risque.

« Se retrouver sur la paille est une excellente école »

De la même manière qu’un boxeur apprendra bien plus vite à monter sa garde si il prend des coups, un trader apprendra bien plus de ses erreurs si celles ci font mal au portefeuille…

A propos des interventions virtuelles sur le marché, et citant un duelliste devant se battre le lendemain et prétendant pouvoir atteindre le pied d’un verre à vin à vingt mètres: « Pouvez-vous atteindre le pied d’un verre à vin, si ce même verre à vin vous met en joue ? »

Ici, on parle d’une situation que beaucoup ont connu sur le Forex. En effet, la plupart des brokers proposent des « comptes de démonstration », qui permettent de trader de l’argent virtuel en situation de marché réelle.

Et beaucoup de traders très profitables en démo deviennent des machines à perdre de l’argent en passant au réel…

Tout simplement parce que de l’argent est en jeu, et que les émotions interviennent.

Si vous vous reconnaissez dans certaines des erreurs citées ci dessus, bravo! Vous êtes un trader tout à fait normal!

Seul un surhomme pourrait en effet éluder totalement ses émotions face aux risques de pertes. Cependant, rien que le fait de connaître ces erreurs répandues peut vous permettre de les éviter.

Mais il existe des outils pour se prémunir de certaines erreurs psychologique, comme les stops et les limites que nous avons déjà vu.


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