Bitcoin: Faut-il s’inquiéter de l’impact environnemental des crypto-monnaies et de leur consommation électrique gigantesque?

Le sujet de la consommation électrique du Bitcoin, et plus précisément de l’activité de mining sur laquelle repose le fonctionnement du Bitcoin, est un sujet qui revient régulièrement sur le tapis, avec des études toutes aussi inquiétantes les unes que les autres.

Il est vrai que le Bitcoin consomme déjà l’équivalent de la consommation électrique de l’Autriche selon le Bitcoin Energy Consumption Index de Digiconomist, soit 0.33% de la consommation énergétique mondiale, et continue de progresser.

Le Bitcoin pourrait être à l’origine d’une hausse de la température mondiale de 2 degrès

Dans une étude parue lundi, des chercheurs de l’Université d’Hawaii ont publié une étude allant plus loin, en tentant d’évaluer l’impact de la consommation énergétique du Bitcoin en termes de réchauffement climatique.

Selon eux, le Bitcoin à lui seul pourrait être responsable d’une hausse de la température globale de 2 degrès d’ici 2048 :

“Notre analyse suggère que si son taux d’adoption suit celui de technologies largement utilisées, il pourrait créer une demande en électricité capable de produire suffisamment d’émissions pour dépasser les deux degrés Celsius de réchauffement de la planète en quelques décennies à peine”, estiment en effet les auteurs de l’étude.

Le Bitcoin fonctionne essentiellement à l’énergie fossile actuellement

Le problème du Bitcoin, et surtout du mining du Bitcoin, est que l’essentiel de l’activité se situe en Chine. Or, l’énergie en Chine est l’une des moins propres au monde, encore largement alimentée par les énergies fossiles.

Plus précisément, le Bitcoin pèserait actuellement 41 milliards de tonnes de dioxyde de carbone.

Vers une activité de Mining plus propre à l’avenir ?

Toutefois, l’étude est en partie biaisée, puisqu’elle part du principe que le Bitcoin continuera d’être alimenté par des sources d’énergie majoritairement fossiles à l’avenir.

La demande énergétique liée au Bitcoin pourrait en effet stimuler l’innovation dans le secteur de l’énergie propre.

D’ailleurs, plusieurs grands projets de parcs éoliens et solaires intègrent le mining de crypto-monnaies dans leurs business plans.

De leur côté, les spécialistes de l’hydroélectricité travaillent déjà avec les sociétés de mining pour écouler leur surproduction, alors qu’elles perdent des clients par manque de régularité de l’approvisionnement.

Il faut aussi souligner que l’équipement informatique nécessaire à l’activité de mining, et qui est la raison de la consommation électrique du Bitcoin, est appelé à évoluer vers plus d’efficience.

Le rapport consommation électrique/puissance de calcul est en effet le principal critère lorsque les sociétés de mining choisissent leur matériel informatique, puisque leur rentabilité en dépend, et il y a fort à parier pour que la concurrence entre les fabriquants les poussent à l’innovation.

Conclusion

Oui, le Bitcoin consomme énormément d’énergie, autant que l’Autriche, un pays de 9 millions d’habitants. Et oui, le fonctionnement du Bitcoin est actuellement essentiellement alimenté par des énergies non renouvelables.

Le Bitcoin pollue donc, et énormément. Cependant, la progression des énergies renouvelables, et l’amélioration probable de l’efficience du matériel informatique utilisé pour le mining laissent espérer que la progression de la consommation énergétique du Bitcoin ralentisse progressivement, en même temps que s’opère une transition vers des énergies plus propres.

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