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Actu Forex – Grèce: Comment expliquer le casse-tête des privatisations ?

(ProfesseurForex.com) – Après la démission de Costas Mitropoulous, le responsable du programme des privatisations, le 20 juillet dernier, la tâche apparait difficile pour beaucoup d’observateurs. Alors que l’ex-responsable a déclaré: « Le gouvernement ne nous apporte pas le soutien dont nous avons besoin », le pays doit mettre en marche la privatisation de 28 entités afin de récupérer des recettes. Un objectif de 15 milliards d’euros serait prévu d’ici 2015. Les privatisations sont très variées, on peut trouver: des casinos, une compagnie d’électricité, de gaz ou encore des centres commerciaux.

Si 28 privatisations sont effectivement prévues, les réalisations sont, elles, beaucoup moins nombreuses. Le programme a déjà trois mois de retard mais Areti Skafidaki, la première secrétaire pour les Affaires économiques au ministère des Affaires étrangères assure que « cela ira vite, en raison de la pression financière et de l’Europe » même si elle reconnait qu’ « Il n’y a pas encore de calendrier précis et de repreneurs annoncés ». Le retard est principalement lié aux problèmes politiques que le pays a du affronter avant de réussir à élire un parlement et à constituer un gouvernement. Aussi, pour l’année 2012, seulement deux opérations seront concrétisées: les ventes de l’ex-centre international de presse olympique et de la loterie nationale (qui rapporteront 3 milliards d’euros).

Cette lenteur dans les privatisations tient à l’histoire du pays, ainsi comme l’explique Evangelos Venetis, « Le pays possède une vision socialiste de ses activités, les privatisations sont contraires à notre approche ». Ainsi, entre 1981 et 1985 le Premier ministre Andreas Papandreou (Pasok) a mis en place une véritable économie étatique en nationalisant près de 230 entreprises. Une des conséquences de cette frénésie de nationalisations a été l’augmentation de la dette publique du pays de 32% du PIB en 1981 à 85% en 1987.

À la suite de ce programme de nationalisation, le service public a acquit un poids énorme dans l’économie hellénique (40% du PIB en 2011 et 785.000 salariés) et bénéficie d’avantages sociaux et de salaires très supérieurs au secteur privé. En raison de ces privatisations Evangelos Venetis (de l’Institut de recherche hellénique) explique que « Andreas Papandreou a donné le pouvoir aux syndicats, ils l’ont encore aujourd’hui dans les décisions » et il ajoute « Face aux organisations, les gouvernements sont faibles, et ils les soutiennent de peur de perdre leurs voix”.

Les syndicats ont toujours été fermement opposés à toutes les tentatives de privatisations du gouvernement. Ainsi, en 1992, lorsque le premier ministre Constantine Mitsotakis (membre de Nouvelle Démocratie), a annoncé une grande vague de privatisations, les réactions des syndicats ont été très vives. Evangelos Venetis prend l’exemple de la tentative de privatisation des bus d’Athènes: « Les syndicats ont acheté des véhicules pour assurer le transport public et empêché les chauffeurs de travailler. » L’issue de l’histoire ? « L’armée a dû intervenir pour conduire les bus ! La privatisation a échoué. Le gouvernement n’a pas été réélu. « .

Même face à la situation actuelle, les syndicats comptent bien continuer ainsi, Antonis Kefalas, économiste pour la Fédération des entreprises helléniques, explique que « les syndicats de la DEI (qui alimente 69% du pays) ont menacé de couper l’électricité en cas de privatisation. » Pour l’économiste, l’issue du programme de privatisations dépendra de la réaction des syndicats.

Le pays a tout de même réussi certaines privatisations dans son histoire, entre 1990 et 2006, 61 privations ont été conclues pour un montant de 20 milliards de dollars. Cela ne s’est pas fait sans heurts et c’est déjà trop selon certains, ainsi le député Syriza (gauche radicale) Georges Stathakis s’exclame « C’est plus que n’importe quel pays d’Europe, à l’exception du Portugal ! ».

Des privatisations, il y en a eu, c’est vrai, mais Evangelos Venetis note qu’elles « prennent énormément de temps » et Antonis Kefalas ajoute « Les gouvernements (y compris Nouvelle Démocratie) ne veulent pas vraiment mener ses privatisations à bout. Ils ont trop d’intérêts dans ce système actuel. « 

Pour Antonis Kefalas, il est déjà trop tard car certaines entreprises seront très difficiles à vendre. La société de Chemin de fer perd ainsi 800 millions d’euros par an et l’économiste pointe du doigt les bénéfices en chute libre de la compagnie d’électricité qui est passé de 555 millions en 2010 à 149 millions en 2011.

Enfin, l’opinion publique est très partagée sur le sujet, et beaucoup souhaiteraient que cela soit fait mais de manière plus modérée, à l’instar du député Georges Stathakis qui pense qu’  on demande trop d’un coup ! » ou encore que « les privatisations sont inefficaces ». Le député ajoute que « Les conditions de travail sont critiquables, comme chez Cosco ». Entre les syndicats qui ne veulent pas perdre de leur emprise et le public qui est très partagé, le programme des privations grecques ne sera certainement pas de tout repos.

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