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Avis de professeurForex : Mais à quoi jouent les banques centrales ?

(ProfesseurForex.com) – La banque centrale du Japon a procédé à une énième quantitative Easing la semaine passée pour près de 50 nouveaux milliards de Yens. Le marché spécule toujours sur un inéluctable troisième QE aux États-Unis ainsi qu’en Angleterre. La conférence de presse de Mario Draghi a laissé ce sentiment qu’un nouveau LTRO n’était pas impossible.

Face à ces politiques accommodantes, les économies émergentes, Brésil et Afrique du SUD en tête, montent au créneau pour mettre en garde les présidents des banques centrales occidentales contre les effets des flux de capitaux excessifs et volatils qui se déversent sur les marchés émergents.

En effet, confrontées au ralentissement de leur économies et la crise financière, les banques centrales des pays les plus avancés font marcher la planche à billets sans vergogne selon la bonne vieille recette keynésienne.

Le risque est que les investisseurs ayant les poches pleines aillent investir dans le reste du monde étant donné que les perspectives de croissance s’amenuisent sérieusement au sein de leurs marchés nationaux. Ces investisseurs font ce qu’on appelle du carry trade en tirant parti à la fois de l’écart des devises (taux de change) et de l’écart de taux d’intérêt (en empruntant à faible taux grâce aux politiques monétaires accommodantes de la FED, BoE, BoJ, BCE pour réinvestir dans les pays émergents à forte croissance).

Et étant donné que pour investir à l’étranger il est indispensable d’acheter les devises étrangères en question, le risque est que les monnaies de ces pays s’apprécient, entrainant une perte de compétitivité inéluctable. Cette même compétitivité que les pays d’Europe tentent de regagner par tous les moyens possibles.

La marge de manœuvre de ces pays est limitée face à ces liquidités étant donné que l’outil de la baisse du taux directeur se heurte aux impératifs d’inflation et que leurs réserves de change permettant de contrebalancer un afflux de capitaux (en agissant sur le marché des changes pour acheter l’autre devise du pays dont les capitaux affluent) ne sont pas infinies.

Certains pays pensent qu’il est vain de lutter mais d’autres, comme la Thaïlande, la Corée, le Brésil, Taïwan, la Chine ou encore l’Indonésie tentent de contrer cet afflux de capitaux étrangers en instaurant des mesures de contrôle de capitaux. Une arme à double tranchant qui, lorsque trop strict, incite les investisseurs à se retirer brutalement du pays avec les effets que l’on connait

Gill Marcus, gouverneur de la banque centrale d’Afrique du Sud, a d’ailleurs fustigé aujourd’hui dans les colonnes du Financial Time la tendance des banques centrales occidentales et du Japon de ne pas considérer les économies plus petites dans leurs choix de politique monétaire.

La conséquence de ces contrôles des capitaux, dont la Chine est championne en titre, est que nous assistons à une guerre des politiques monétaires. La Chine ou l’Allemagne ne désirent pas accéder à la demande des États-Unis qui réclament une limitation de leurs excédents commerciaux à hauteur de 4 % du PIB.

En effet, lorsqu’un pays engrange des excédents commerciaux, cela signifie qu’un autre pays accuse un déficit (l’Union Européenne en est un bel exemple avec l’Allemagne super productrice et les pays du SUD super endettés…). Lorsque ces déséquilibres se creusent (entre l’Europe ou plutôt l’Allemagne et la Chine avec les États-Unis) c’est la guerre monétaire qui prend le pas, suivit du protectionnisme exacerbé et ensuite …

Si nous allons plus loin dans la critique de ces banques centrales (Au delà du fait que leurs politiques monétaires provoquent une instabilité financière dans le reste du monde de part le renchérissement de leurs devises et de l’inflation au niveau des matières premières), prenons en exemple la première banque centrale qui a lancé les hostilités en procédant à un Quantitative Easing (1500 milliards de nouveaux dollars soit une multiplication par deux se sa base monétaire…). Rappelons que la FED n’est en aucune façon une banque fédérale mais un groupement de banques privées (City group, bank of América, JP Morgan…) et que l’on peut, sans être trop naïf, imaginer que ces banques se sont tout simplement votées un crédit sur le dos des citoyens Américains (à 0,25 %…). Étant donné que cet argent a été créé, il n’est pas vraiment une nouvelle dette mais il le deviendra tôt ou tard. En effet, cet argent servira in fine a acheter la dette future des États-Unis et provoquera bien entendu de l’inflation qui a pour effet de faire perdre la valeur de l’épargne durement collecté…

Si l’on est pas trop naïf encore une fois, il faut se rendre à l’évidence que ces banques (city group, JP Morgan…) ne recherchent que le profit à court terme et ne se soucient guère des États et de la valeur humaine qui les composent. Et l’on laisse encore les agences de notations noter la capacité des citoyens à rembourser la dette publique que les gouvernements ont contracté avec les banques, assureurs et autres acteurs de la finance, en leur nom…

Mais quel politicien osera reprendre le droit de la création monétaire ? Il y en AVAIT quelques uns lors de notre élection présidentielle…

Pour savoir quelles sont les banques et autres acteurs financiers qui détiennent la dette de notre pays et à qui vous payez de gras intérêts avec vos impôts, nous vous invitons à consulter notre précédent billet : La dette de la France décortiquée.

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