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BCE : La théorie conspirationniste sur la baisse du taux directeur

(ProfesseurForex.com) – La menace de la déflation n’a pas été la seule motivation derrière l’abaissement surprise du taux directeur de la BCE.

La décision inattendue de la BCE a été attribué à la faible inflation dans la Zone Euro. Les données d’octobre montrent que d’une année sur l’autre l’inflation a ralentit à 0.7 %, moins que les 2 % d’inflation que la BCE se doit d’atteindre, son seul mandat « officiel ». Mario Draghi clairement ne veut pas d’un scénario à la japonaise mais déclarera, interrogé par un journaliste Japonais, qu’il ne pensait pas que les situations du Japon et de la Zone Euro étaient similaires. Une autre théorie sur les raisons qui ont motivé la baisse du taux directeur est qu’alors que l’audit bancaire Européen général doit être lancée en novembre, la BCE s’est rendue compte que la situation était plus préoccupante que prévu, incitant donc ces derniers à abaisser davantage le loyer de l’argent pour ces banques qui ne répercuteront pas forcément cette baisse dans leurs offres de crédit… gardant la différence pour se recapitaliser.

Nous ne sommes pas théoriciens de la conspiration mais il y a quelques faits qui rendent cette histoire intéressante.

Premièrement, les dernières données économiques nous parvenant de la Zone Euro se renforcent (modestement, il faut le reconnaître), les indices PMI pointent vers un renforcement de l’activité économique. Les USA, la plus grande économie du monde, dont les perspectives de croissance influencent grandement l’Europe, a annoncé une croissance de 2.8 % du PIB pour le troisième trimestre (y/y). Ajoutez à cela des NFP robustes et l’on peut se poser la question du timing de la BCE. Souvenez vous également que les effets de la politique monétaire ont un temps de retard sur l’inflation d’au moins un an d’après les travaux du légendaire économiste Milton Friedman en 1972. Ainsi, pourquoi abaisser le taux directeur alors que l’activité économique semble redémarrer, ce qui aura forcément un impact haussier sur l’inflation ?

Deuxièmement, il y a eu beaucoup de bruit récemment sur le fait de avoir si ce serait aux contribuable de payer l’addition des très probables recapitalisations bancaires à venir une fois que la BCE aura terminé son audit (automne 2014). L’Allemagne a déclaré que non par la ois de son ministre des finances qui a affirmé que la protection des contribuables était « d’une importance centrale ». La BCE a quant à elle publié vendredi la façon dont elle imaginait le mécanisme de résolution des crises bancaires (le bras armé de l’union bancaire). La BCE souhaite la mise en place d’un fonds abreuvé par les banques elles même. Qui décide de la définition d’une banque en faillite, de la manière dont il faut traiter le problème et qui paie sont les questions qu’il reste à tirer au clair au sein du conseil Européen des chefs d’état. Un accord sur ces question avant la fin de l’année est incertain. Les ministres des finances se rencontrent à Bruxelles la semaine prochaine et gageons que le sujet sera à l’ordre du jour.

Les nouvelles du secteur bancaire ont été très maigres cette semaine et soulignons le rapport de Fitch sur le secteur immobilier Italien. Il indique que les ventes des propriétés (terrains, maisons etc..) par les banques (qui ont saisi ces actifs devant l’incapacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts immobiliers) se sont faites environ 71.6 % moins chères. Selon le directeur de Fitch, il y a eu une offre importante en 2012 avec 1.72 millions de logements et autres terrains à vendre pour seulement 259 000 achats. Cela suggère que la grande partie de ces actifs immobiliers ne valent plus rien.

En Italie, les dernières données indiquent que les banques sont encore très dépendantes des fonds de la BCE. Ces derniers s’établissent à 235.4 Mds. Cela suggère également que les banques italiennes utilisent les fonds du LTRO pour acheter de la dette souveraine (ce qui pourrait forcer la BCE a repartir dans un round de LTRO pour trois nouvelles années afin que les banques puissent retrouver les fonds LTRO qu’elles ont prêté au gouvernement Italien. Cet argent n’est don pas utiliser pour financer l’économie réelle.

Et comme à l’accoutumée, rappelons que la BCE a publié son rapport hebdomadaire sur les sommes prêtées sous l’égide du désormais célèbre (LEA, prêts pour les banques en très grande difficulté via un prêts à la banque centrale nationale) a augmenté de 3 Mds pour s’établir actuellement à 80.406 Mds d’Euros). Un rappel que le secteur bancaire Européen est encore très fragile par endroits.

Ainsi, pas d’informations cette semaine sur les banques en difficulté de la Zone Euro qui renforce la théorie « conspirationniste ». Mais l’argument final pour défendre a théorie selon laquelle n’a pas abaissé son taux directeur à cause de la baisse de l’inflation est qu’il est possible que la seule voie de secours pour l’Angleterre, l’UE et les USA est l’inflation. Il est difficile d’imaginer un autre moyen pour les gouvernements afin de se débarrasser de leur dette. Mais la Bundesbank veille, on l’en remercierait presque si nos prédécesseurs n’avait pas égoïstement décider se faire plaisir en faisant porter le poids de leurs dépenses que les générations futures…

Voici les autres options :

– Un défaut (Bienvenu en argentine)

– Rembourser moins et plus tard (Bienvenu en Grèce)

– Oublier les promesses politiques faites aux citoyens, imposer l’austérité (Bienvenu en Irlande)

Toutes ces options ne permettront pas de glaner les votes des citoyens contrairement à l’inflation. Pourquoi ? Parce que l’inflation augmente le prix des biens. Ainsi, pour un pays comme l’Angleterre, avec une large frange de la population qui est propriétaire, une hausse des prix devraient plaire aux votants. Cela prend du temps pour les gens lambda de comprendre que l’inflation impacte fortement leur richesse et leur pouvoir d’achat… Vous n’êtes plus ces citoyens Lambda;)

Il faut donc être prudent lorsque l’on affirme que la BCE a abaissé son taux directeur en raison d’une crainte d’un risque déflationniste. Il est possible que Draghi, Carney et Yellen fasse au contraire mine de ne pas voir les risques inflationnistes se matérialiser lorsque ces derniers se matérialiseront à mesure que l’activité économique accélère.

Tout ce que nous venons de dire est-il si important ? La décision des gouverneurs de la BCE est-elle réellement motivée par le risque déflationniste ou bien le fait-elle pour rajouter une béquille aux banques afin de leur donner le temps de se refaire une santé d’ici la fin de l’audit bancaire (automne prochain) ? Nous ne voulons pas tomber dans le conspirationnisme et de toute façon, lorsque le taux directeur est si bas, une baisse de 0.25 % n’est pas très signifiante. Cela ne boostera pas le crédit et n’aura quasiment pas d’impact sur les économies de la Zone Euro. La BCE publiera ses nouvelles perspectives de croissance et d’inflation après la réunion du 05 décembre et beaucoup s’attendaient à ce que la BCE agisse une fois ces nouvelles données disponibles.

Enfin finissons par profiter ce cette analyse que si la question centrale au USA est de savoir quand est-ce que le moment sera propice à une réduction du QE, la question centrale en Europe est de savoir qui va passer à la caisse pour recapitaliser les banques une fois que la BCE aura fait les maths ?

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