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Les investisseurs redoutent l’effet « Tequilla » après 4 ans d’Open Bar à la FED

(ProfesseurForex.com) – « Tapper », c’est l’expression phare ces derniers temps, dont la traduction est assez explicite. Cela signifie tout simplement « baisse graduelle ou progressive ».

Progressive vous dites ? Oui car la FED ne veut pas risquer de provoquer un choc sur les marchés financiers alors que le calme semble enfin être revenu. Ce n’est pas nous qui le disons mais Manuel Barroso et François Hollande qui estiment que la crise est terminée..

Néanmoins, c’est déjà la panique et l’idée que la FED enlève sa perfusion de 85 Mds par mois a déjà fortement augmenté la volatilité des marchés.

En effet, si le consensus n’envisage pas une réduction immédiate du QE (plutôt en septembre), le terrain semble propice à une timide sortie. L’inflation reste modérée, la croissance du secteur privé semble solide et les finances publiques s’améliorent (ce qui inquiète le FMI qui anticipe des risques pour la croissance US, le moteur mondial de l’économie).

Le risque de sur-réaction des marchés (via une forte hausse des taux d’emprunt Américains par exemple) semble à priori limité, surtout si la FED procède prudemment à petits pas.

Mais les investisseurs ne l’entendent pas de cette oreille, tout comme les spéculateurs par essence qui ne bouderont pas leur plaisir en cas de fortes turbulences comme cela avait été le cas en 1994, lorsque le resserrement de la politique monétaire de la FED avait provoqué une crise au Mexique qui s’était ensuite propagée aux pays émergents (l’effet Tequilla…).

L’effet « Tequilla »

La FED avait laissé courir sa politique monétaire accommodante trop longtemps ce qui avait laissé craindre aux investisseurs que la FED allait réagir de façon précipitée, incitant ces derniers à vendre massivement les bons du trésor, provoquant une hausse de 250 pts de base (2.5 %) des rendements obligataires, déstabilisant l’économie Américaine et celle des pays émergents au passage…

Les pays émergents sont probablement aujourd’hui mieux armés pour faire face à une fuite des capitaux vers les bons du trésors Américains (dont les taux plus haut (rémunération plus haute) attireront de nouveau les investisseurs) mais l’on observe déjà des remous. La performance des marchés émergents recule de 10 % depuis un mois, soit depuis que Ben Bernanke a annoncé la volonté de la FED de réduire le QE.

Mais il semble acquis désormais (même si certains gouverneurs se plaisent à déclarer que le QE pourrait être réduit ou bien augmenté en fonction de la conjoncture économique…) que la FED va commencer à réduire le rythme du QE entre septembre et décembre.

Pour Rappel :

Depuis septembre 2012, la Fed achète tous les mois pour 40 milliards de dollars d’obligations foncières (mortgage-backed securities). En décembre, elle a décidé de compléter ces opérations avec l’achat de bons du Trésor, pour un montant mensuel de 45 milliards. Contrairement aux épisodes antérieurs de politique quantitative (QE1, QE2, « Twist »), ces achats ne sont pas bornés dans le temps, d’où l’appellation initiale de quantitative easing « infini ».

Cependant, la FED va bien faire comprendre que ralentissement du QE ne coïncidera pas avec remontée du taux directeur.

Car les rendements des bons du Trésor réagissent bien plus aux anticipations de hausse de taux directeurs de la Fed qu’aux variations de son bilan. Le graphique ci-dessous l’illustre clairement : les périodes de hausse du bilan de la Fed (achats d’actifs) ne se sont pas systématiquement accompagnées de baisse des rendements sur les obligations du Trésor.

Conclusion

Soyons attentifs aux perspectives de croissance qui seront peut être revues à la baisse dans le communiqué de la FED. Car la FED va « tapper » mais elle n’est vraiment obligée étant donné que contrairement à 1994, elle ne fait pas face à une hyperinflation, loin de là.

Rappelons également que tant que l’inflation ne dépassera pas les 2,5 %, ou que le taux de chômage ne passerait pas en dessous des 6,5 %, la FED ne se pressera pas d’agir.

Autre facteur laissant penser que Ben Bernanke risque d’être très prudent dans son discours, le FMI et la banque mondiale se sont récemment inquiétés des conséquences de la réduction du QE et à terme son arrêt, la banque mondiale pas plus tard qu’aujourd’hui par la vois de son président qui craint des conséquences néfastes pour les pays émergents.

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